Après la victoire sous le soleil du Colombien Harold Tejada vendredi à Apt, Paris-Nice risque de replonger dans les ténèbres ce week-end alors que les prévisions météo s'annoncent difficiles dans la région de Nice.
Comme c'était prévisible, les organisateurs d'ASO ont annoncé dans la soirée que l'arrivée de la 7e étape samedi avait été déplacée plus bas dans la vallée, à Isola, puisque les chutes de neige prévues "rendent inenvisageable une arrivée dans la station d'Auron" à 1.600 m'altitude.
Ce changement modifie considérablement le profil de ce qui devait être l'étape-reine de cette 84e édition. Raccourcie à 120 km, elle promet toujours d'être très humide.
Mais elle ne comporte plus d'ascension difficile susceptible de départager les favoris, sachant que le classement général est, sauf accident, déjà joué, en faveur de Jonas Vingegaard.
"On aimerait tous aller au sommet, mais peut-être que ce n'est juste pas possible", avait commenté avant cette annonce le Danois qui possède une avance énorme de 3 minutes 22 secondes au général sur le Colombien Dani Martinez.
Paris-Nice est surnommée la "Course au soleil" mais se transforme régulièrement en "Course à la pluie" et aucune des trois dernières éditions n'a ainsi échappé à un chamboulement du parcours dans le final.
En 2023, une étape avait été annulée à cause du vent. L'année suivante, l'arrivée le samedi à Auron avait déjà été supprimée et déplacée à la Madone d'Utelle.
Et si elle a été maintenue in extremis, toujours à Auron, l'an dernier, pour une victoire de l'Australien Michael Storer sous la neige, le tracé avait été amputé du col de la Colmiane.
Cette semaine aussi a déjà été agitée. Ces deux derniers jours, le soleil a réchauffé le peloton. Mais mercredi, les coureurs ont dû affronter des conditions épouvantables sur la route d'Uchon, avec des trombes d'eau, des températures à peine positives et un vent de travers atroce.
Les conséquences se sont fait ressentir le jour même avec plusieurs abandons mais aussi le lendemain (David Gaudu et Pavel Sivakov ont jeté l'éponge) et encore vendredi où c'était au tour d'Oscar Onley ou encore de Julien Bernard de quitter la course, malades.
- Jour de gloire pour Tejada -
"Ça fait partie du cyclisme, il faut l'accepter même si c'est difficile", a commenté Vingegaard, très détendu en conférence de presse comme depuis le début de la semaine.
Le Danois Jonas Vingegaard a conservé le maillot jaune à l'issue de la 6e étape du Paris-Nice vendredi à Apt, avec une avance de plus de 3 minutes sur le Colombien Dani Martinez au classement général
Anne-Christine POUJOULAT - AFP
Mercredi, le double vainqueur du Tour de France avait trouvé la parade en empilant les couches de vêtement pour finir avec une drôle de dégaine, les bretelles de son cuissard sorties au-dessus de son maillot.
"J'ai encore quelques cuissards longs dans la valise", a-t-il plaisanté vendredi, ajoutant que le fait de venir du Danemark, "où il fait un temps de merde plus de la moitié du temps" ne constitue "certainement pas un désavantage".
Harold Tejada a dit "moins détester les conditions difficiles que d'autres". Pour autant, il a "connu une journée vraiment difficile mercredi avec toute cette eau. Et j'étais tombé en plus."
Vendredi, il a vécu le plus beau jour de sa carrière, malgré une crevaison et un changement de vélo à 25 kilomètres de l'arrivée.
"Quand c'est ta journée, peu importe ce qui arrive", a savouré le grimpeur de l'équipe Astana après avoir piégé tous ses adversaires en contrant une attaque de Lenny Martinez dans la côte de Saignon à cinq kilomètres du but.
Tejada est tout sauf un inconnu sur les courses par étapes où il se glisse souvent dans le Top 10 du général, comme l'an dernier sur Paris-Nice (8e) ou encore en février au Tour des Emirats arabes unis (4e).
Mais son palmarès ne comptait jusque-là qu'une victoire lors de la deuxième étape du Tour de Colombie en 2024, une anomalie qu'il a expliquée par le fait qu'il dispute "surtout des courses World Tour où l'adversité est la plus forte".
Son objectif pour le week-end sera de "défendre sa dixième place au général". Et de résister aux éléments.
Par Jacques KLOPP / Apt (France) (AFP) / © 2026 AFP