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Parasaport : quand le matériel coûte plus cher qu’une voiture !

Par Estelle Solari

Jusqu'au 11 octobre, l'ARCOM poursuit sa campagne de sensibilisation au parasport à travers l'opération "Jouons ensemble". L'occasion de s'intéresser au coût prohibitif du matériel, frein principal à la pratique.

En 2026, le coût des équipements parasportifs sont un frein à la pratique pour les Français en situation de handicap.
En 2026, le coût des équipements parasportifs sont un frein à la pratique pour les Français en situation de handicap.

En 2026, le sport se veut accessible à tous. Oui, mais à quel prix ! Alors que les normes administratives et mesures de sécurité pèsent sur les athlètes parasportifs, le coût des équipements dissuade. Contrairement au sport valide, même pour débuter, les équipements coûtent en effet cher. Très cher. Le parasport exige du matériel hautement spécialisé, conçu sur mesure et soumis à des normes techniques strictes.

Problème ? Les prix affichés sont impensables pour la majorité des foyers. De quoi dissuader les personnes atteintes de handicap dès l’enfance.

Des équipements à renouveler

Un athlète qui fait du parasport assidûment doit investir l’équivalent du prix d’une voiture, voire plus ! Roue, sangles, cambrures : le calcul ne prend pas en compte les frais d’entretien ni de remplacement. Le matériel s’use vite en pratique de haut niveau.

Et puis, s’ajoutent à cela les coûts de déplacements, hébergements et classifications médicales obligatoires.

Jusqu’à 15 000 euros pour un rugby fauteuil !

Un fauteuil roulant multisport ? 1 250 euros. Et encore. Cette fourchette n’est valable que pour un modèle d’entrée de gamme, comme le Wallaby Orange proposé par Decathlon : c’est un fauteuil « loisir ».

Pour un usage compétitif, les tarifs explosent : entre 3 500 et 8 000 euros pour un fauteuil adapté hors compétition, jusqu’à 15 000 euros pour un modèle de basketball ou de rugby fauteuil conçu pour encaisser les chocs et maximiser la performance. Des assises qui, d’usage compétitif, ne durent que 3-4 ans.

Des lames de course à plus de 25 000 euros

L’athlétisme n’est pas en reste. Le budget des athlètes amputés donne des sueurs froides. Pour des lames de course, souvent, des prothèses en fibre de carbone, les sportifs doivent débourser plus de 4 500 euros.

Pour un modèle basique, plus de 25 000 euros pour une prothèse de pointe. Ces équipements ne sont pas des options : sans eux, la pratique est tout simplement impossible.

Même la boccia est hors de prix

Et même la boccia, discipline paralympique emblématique depuis le titre d'Aurélie Aubert, n’y échappe pas. L’achat d’un set complet comprenant des boules certifiées, ainsi qu’une rampe de lancement aux normes internationales, oscille entre 2 600 et 5 000 euros.

Un remboursement partiel et laborieux

Si des dispositifs d’aide existent, comme le remboursement intégral des fauteuils roulants sportifs annoncé en France à partir de décembre 2025, ils restent limités. Les modèles de compétition, bien plus chers, nécessitent des procédures administratives lourdes et ne couvrent pas la totalité du coût.

Autre souci : les délais de traitement, interminables, retardent régulièrement l’accès au matériel, pénalisant les athlètes dans leur préparation.

Un frein à l’inclusion et à la performance

Ce fardeau financier a des conséquences directes. De nombreux jeunes et adultes renoncent à pratiquer. Pas par manque d’envie, mais par manque de moyens. Le baromètre national (Injep) dévoile que 48% des personnes en situation de handicap ne pratiquent pas d’activité physique et sportive.

De quoi alimenter l’idée d’un sport de haut niveau, réservé à l’élite. Face aux prix, les clubs de zones rurales, ou dans des territoires moins dotés, ne peuvent pas suivre. Les inégalités d’accès entre province et métropole se creusent toujours plus.

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