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Nicolas de Tavernost sur les Girondins de Bordeaux : « Ce qu'on peut regretter, c'est le choix du successeur »

INTERVIEW EXCLU SUD RADIO - Propriétaire via M6 des Girondins de Bordeaux de 1999 à 2018, Nicolas de Tavernost a réagi sur Sud Radio à la vente pour 1€ du club légendaire du foot français, qui évolue désormais au niveau régional.

ROMAIN PERROCHEAU - AFP/Archives

Un accord de cession entre les Girondins de Bordeaux et un fonds anglais vient d'être conclu pour 1 euro symbolique : quelle est votre réaction ?

D'abord, il y a eu une grande déception depuis la reprise des Girondins de Bordeaux, et la descente sans arrêt depuis que nous avons cédé. Pendant 19 ans, on a eu beaucoup de plaisir à être le propriétaire de ce club, on a eu pas mal de succès pendant ces 19 ans. On a laissé un club, quand même, qui était en bonne santé lorsqu'on l'a cédé. Malheureusement, les repreneurs n'ont pas fait les choix qui s'imposaient. Et donc, ça a été une descente extrêmement rapide pendant ces années-là.

« La remontée sera extrêmement lente et dure »

Ca aurait pu être pire encore puisque le club pouvait disparaître...

Oui, c'est une bonne nouvelle s'il y a un repreneur pour éviter la liquidation, puisque c'était quand même de ça dont il s'agissait. Mais la remontée sera extrêmement lente et dure, puisqu'ils jouent en Régional. Et évidemment, le plus rapidement possible. J'espère que le projet aura du succès, c'est tout ce que je peux en dire.

« C'est comme les locataires, ce n'est pas forcément inscrit sur leur figure »

Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent d'avoir cédé le club à un mauvais successeur ?

C'est comme les locataires, ce n'est pas forcément inscrit sur leur figure, comment ils sont. C'était deux grands fonds américains qui avaient fait des promesses et avaient pignon sur rue. Comme certains autres clubs en France puisque le football professionnel était quand même en difficulté, nous ne pouvions plus garder les Girondins de Bordeaux. Le football est devenu beaucoup plus cher, entre guillemets, en investissement. Et donc, on ne voulait pas mettre en péril l'activité principale qui était la télévision par rapport au football. Et c'est pour ça qu'on avait choisi à l'époque un successeur.

« Le groupe M6 n'avait pas les moyens de conserver les Girondins de Bordeaux »

Ne regrettez-vous finalement d'avoir vendu le club en 2018, quand vous voyez ce qu'il est devenu ?

Je suis comptable du groupe et le groupe n'avait pas les moyens de conserver les Girondins de Bordeaux sur la période. Ce qu'on peut regretter, c'est le choix du successeur. Mais encore une fois, il y a eu d'ailleurs d'autres éléments dans le foot professionnel, il y a des aléas. Et il n'était malheureusement pas écrit que ça se passe très mal avec le premier des successeurs, et puis ça se passe encore plus mal avec le deuxième des successeurs.

Aujourd'hui, vous êtes président du conseil de surveillance du Stade Rennais : on vous imagine ravi de voir le nombre de joueurs formés au club présents dans les rangs de l'équipe de France ?

C'est ce que nous avions commencé à faire à Bordeaux : c'est la première décision que nous avions prise quand on a repris le club en 1999, c'était d'investir dans le centre de formation. Puisque c'est indispensable pour un club d'avoir un centre de formation. Et le club de Rennes a toujours fait de centre de formation de l'académie un de ses piliers forts. Il y a 7 joueurs dans l'équipe actuelle de France, il y a près de 30 internationaux qui viennent des équipes actuelles ou du centre de formation de Rennes. Et donc ça montre la qualité de ce centre de formation avec des très grands joueurs. Et ça va continuer puisque la famille Pinault inaugure un investissement très important qu'ils ont fait dans les bâtiments, ce vendredi : le centre de formation et le centre d'entraînement vont être inaugurés par les propriétaires du club, ce qui montre leurs efforts pour soutenir le développement de ce club qui s'appuie à la fois sur leur équipe professionnelle et l'académie.

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