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Municipales: la campagne suspendue à la veille d'un premier tour à suspense dans les grandes villes

Candidats et partis respectaient samedi une période de réserve, censée permettre aux électeurs de se décider à la veille du premier tour des municipales, un scrutin très indécis dans plusieurs grandes villes.

Philippe LOPEZ - AFP

Candidats et partis respectaient samedi une période de réserve, censée permettre aux électeurs de se décider à la veille du premier tour des municipales, un scrutin très indécis dans plusieurs grandes villes.

48,7 millions d'électeurs seront appelés à départager quelque 900.000 candidats, répartis sur environ 50.000 listes. Les électeurs de Nouvelle-Calédonie ouvriront le bal samedi dès 22H00, heure de Paris - il sera alors dimanche 08H00 dans l'archipel.

Après une participation anormalement faible en 2020 à cause de l'épidémie de Covid-19, le taux d'abstention reste la grande inconnue, les prévisions des instituts de sondage différant sur la question.

"Dans mes fréquentations, j'ai l'impression que les jeunes vont plutôt aller voter, c'est vu comme quelque chose de positif de participer", témoigne Mahé, 19 ans, primo-votant à Pantin (Seine-Saint-Denis).

Sur le marché de Toulouse, Stella, une Italienne de 32 ans, inscrite comme 358.000 Européens sur les listes électorales, explique que son choix se fera loin des enjeux partisans, "vraiment sur le programme" avec deux grandes questions, les transports en commun et le verdissement de la ville.

"Pour ma génération, voter est un devoir", souligne Dominique, retraité de 80 ans. Il déplore toutefois, comme dans beaucoup de grandes villes, la multiplication des listes -pas moins de dix pour la ville rose- ce qui crée de la confusion sur "l'orientation" réelle des candidats.

Un appel à la mobilisation a été lancé dans les dizaines de manifestations organisées ce samedi à travers la France contre le racisme. "Contre l'obscurantisme, on vote", pouvait-on lire sur une pancarte dans le cortège parisien, "mobilisez-vous", ont scandé des intervenantes à Marseille.

A Lille, Kevin, trentenaire employé dans le service public, a en tout cas décidé de ne pas se rendre dans l'isoloir car il a eu beaucoup de mal à s'intéresser à cette campagne et à "s'identifier aux partis".

Les municipales se feront à deux vitesses.

Près de 93% des communes, avec seulement une ou deux listes, devraient connaître leur maire dès dimanche.

Mais le suspense devrait rester entier jusqu'au second tour du 22 mars pour de nombreuses grandes villes.

A Paris, Emmanuel Grégoire (PS), qui brigue la succession d'Anne Hidalgo, et Rachida Dati (Les Républicains) sont donnés en tête. Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) espèrent tous atteindre la barre des 10% pour se qualifier, et ouvrir la porte à une quinquangulaire au second tour.

Se posera alors, comme dans beaucoup d'autres communes, la question des alliances et désistements d'entre-deux-tours.

A gauche, l'inimitié entre socialistes et LFI fait peser un risque de bascule sur certaines villes.

De l'autre côté de l'échiquier politique, l'extrême droite entend bien supplanter à certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance.

Le Rassemblement national, qui entend progresser en allant ravir des villes comme Toulon, espère même créer la surprise à Marseille, en prenant la cité phocéenne au sortant Benoît Payan. Ce dernier, à la tête d'une coalition gauche-écolos-société civile, et le candidat lepéniste, Franck Allisio, font la course en tête dans les sondages, devant la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, et l'Insoumis Sébastien Delogu, qui pourraient toutefois accéder au second tour.

- "Enjeu national" -

Répétition de vote avant les municipales à Marseille, le 12 février 2026

Répétition de vote avant les municipales à Marseille, le 12 février 2026

Thibaud MORITZ - AFP/Archives

Parmi les grands vainqueurs de 2020, les Ecologistes sont cette fois sur la défensive dans plusieurs fiefs comme Strasbourg ou Lyon. L'ancien patron de l'OL et candidat de la droite et des macronistes, Jean-Michel Aulas, a été longtemps donné victorieux, mais les derniers sondages laissent augurer une possible remontée du sortant écologiste Grégory Doucet.

Le parti présidentiel Renaissance, qui n'a jamais vraiment réussi à percer aux municipales depuis l'élection d'Emmanuel Macron, tentera de gagner quelques villes comme Bordeaux, tenue par les écologistes. Sa principale chance de succès reste à Annecy.

Quant aux Insoumis, s'ils se montrent volontairement mesurés dans leurs ambitions, ils espèrent bien ravir Roubaix (Nord), voire créer la surprise dans certaines villes franciliennes ou à Limoges, mais surtout planter des graines pour progresser au niveau national.

Par la force du calendrier, ce scrutin aura des allures de répétition pour les forces politiques, à un an de la présidentielle de 2027.

Peut-être encore davantage pour le maire (Horizons) du Havre, Edouard Philippe, qui brigue sa réélection, et qui en a fait le prérequis pour poursuivre sa candidature à l'Elysée. L'ex-Premier ministre s'attend à un scrutin "serré" avec son adversaire communiste Jean-Paul Lecoq.

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Par Sami ACEF avec les bureaux de Lille et Toulouse / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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