Le Covid est-il de retour ?
Dans les faits, il y a une circulation de Covid-19 en ce moment dans la population. Si on regarde les chiffres de SOS médecins, les urgences, les visites pour des choses pas très graves, on a une augmentation entre 60 et 70 %. Donc il y a beaucoup de Français qui ont une infection ORL, mal à la gorge ou le nez bouché. Et effectivement, il y a aussi des infections Covid en ce moment, phénomène de rentrée. Vous savez, à chaque fois, il y a des variants qui reviennent des pays du sud. Vous avez l'immunité collective qui baisse un petit peu et donc du coup la population va se ré-immuniser un petit peu comme ça, passivement, par le Covid.
« Il faut que le virus recircule pour que la population se ré-immunise »
Les températures excessives de ce mois de septembre ne devraient pourtant pas favoriser sa propagation ?
C'est vraiment un équilibre en fait entre l'immunité qui dure un certain temps. On a une immunité qui est assez dure contre les formes graves qui, elles, durent dans le temps. Mais l'immunité contre le fait de simplement faire une petite infection ORL, ne dure que quelques mois. Donc en fait, il faut que le virus recircule pour que la population se ré-immunise. C'est un équilibre permanent entre des circulations de variants et l'immunité collective. C'est donc cela qui donne ce phénomène de vague alternative.
« Ce qui menace les hôpitaux l'hiver, c'est la grippe, la bronchiolite et le pneumocoque »
Donc Martin Blachier, ce SARS-19-là ne provoquera pas de confinement, c'est certain ?
Non, pas du tout. Ce qui menace aujourd'hui les hôpitaux l'hiver, c'est la grippe, c'est la bronchiolite et le pneumocoque. Et d'ailleurs, il y a des vaccins pour ces trois maladies. Je pense qu'il faut absolument avoir recours aux vaccins pour les infections respiratoires hivernales, notamment chez les personnes âgées. Ca peut éviter de passer les jours d'hiver à l'hôpital et ça peut éviter les pressions très très importantes qui sont faites sur les services.
« En 2020, on a été trop forts, trop durs et on aurait pu faire des choses beaucoup moins coûteuses »
Si on revenait en mars 2020 et avec le recul dont on dispose aujourd'hui, les pouvoirs publics mettraient-il d'ailleurs un dispositif de confinement d'une telle ampleur ?
La situation à l'époque était complètement différente de la situation d'aujourd'hui. Le virus qui circule aujourd'hui n'est pas du tout le virus qui circulait à l'époque. À l'époque, on avait un virus qui était quand même beaucoup plus méchant. Donc ça c'est la première chose à dire. La deuxième chose, je pense qu'on ne ferait pas la même chose. Je pense qu'on gérerait l'épidémie différemment, parce qu'effectivement, quand on n'a pas d'informations, on est au mieux-disant. On a été trop forts, trop durs et on aurait pu faire des choses beaucoup moins coûteuses. C'est facile de dire avec le recul mais je pense qu'un confinement dur pendant plusieurs mois n'a été ni bon sanitairement - pour plein de raisons comme la santé mentale – et économiquement. C'était une erreur a posteriori, mais maintenant c'est facile à dire.
Dans l'esprit des Français, que reste-t-il selon vous de cet épisode lié au Covid ?
Je pense que cette crise Covid marque encore les esprits d'aujourd'hui. Beaucoup de gens font le lien entre la situation économique et les choix qui ont été faits à l'époque. C'étaient des choix qui auraient pu effectivement être mieux faits. Encore une fois, ça doit juste nous permettre de se rendre compte que quand on a une décision à prendre, on ne peut pas dire qu'on fait du 100% d'un côté. Il faut prendre des décisions qui sont équilibrées.
« Il faut que les personnes très vulnérables se vaccinent »
La vaccination contre le Covid est-elle recommandée ?
C'est recommandé si on est quelqu'un de vulnérable. C'est dans les maisons de retraite, aujourd'hui, que le Covid peut faire le plus de dégâts. Aujourd'hui, on a une couverture vaccinale dans les maisons de retraite qui est autour de 60%. Il faudrait que ce soit plus. C'est moins que la grippe qui est à 85%. Donc toutes ces personnes très vulnérables, il faut effectivement qu'elles se vaccinent puisque leur équilibre repose sur quelque chose de relativement instable. Et une infection virale peut suffire à les faire totalement décompenser.
A quel niveau fixez-vous la barre des personnes âgées ?
Après 80 ans, il n'y a pas de doute, on peut considérer qu'on est une personne âgée. À 60 ans, ce n'est pas dit. Dès qu'on est à 70-75 ans, je pense qu'il faut faire attention, surtout si on est relativement fragile.