single.php

L'Italie rate encore une Coupe du monde : anatomie d'une chute et d'un fiasco total

Par La rédaction

ANALYSE SUD RADIO - Encore une humiliation pour l'Italie. Pour la troisième fois de suite, la Nazionale n'ira pas à la Coupe du monde. Le récit d'un fiasco plus profond que jamais. Mais quelles en sont les raisons profondes ? Explications.

Encore une humiliation pour l'Italie. Pour la troisième fois de suite, la Nazionale n'ira pas à la Coupe du Monde. Le récit d'un fiasco plus profond que jamais.
Encore une humiliation pour l'Italie. Pour la troisième fois de suite, la Nazionale n'ira pas à la Coupe du Monde. Le récit d'un fiasco plus profond que jamais.

C’est une catastrophe sans nom. Pour la troisième fois de suite, l’Italie ne disputera pas la Coupe du monde. Après 2017 et 2022, c’est désormais 2026 qui s’inscrit comme une date maudite pour tout un pays. Les hommes de Gennaro Gattuso se sont inclinés 4-1 aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine (1-1 après prolongation). Une énième humiliation pour la Squadra Azzurra après les éliminations précédentes face à la Suède et la Macédoine du Nord. La goutte de trop pour un pays avec 4 étoiles brodées sur son maillot légendaire, et qui était autrefois au sommet du football international.

Toute l'Italie est sous le choc

Ce n’est pas un rêve, c'est un authentique cauchemar : l’Italie continue d’écrire l’histoire la plus sombre. L’épisode Bosnie-Herzégovine représente le point de non-retour, comme l’ont exprimé les principaux médias italiens en ce mercredi 1er avril. La Gazzetta dello Sport et le Corriere dello Sport ont titré « Tous à la maison », tandis que Tuttosport écrit « Partez tous ! ». Le journal rose ajoute « Quel désastre », le média turinois évoque le futur : « Et maintenant, tout le monde doit partir ».

Une triste normalité

La Nazionale n’a plus gagné le moindre match en Coupe du monde depuis 2006, mais l’absence lors d’un Mondial est devenue une triste normalité pour l’Italie. « Le drame est que ce n’est plus un drame, mais une habitude. Voilà ce que nous sommes. Nous sommes un peu plus que rien et nous sommes dehors (…) Il y a toujours plus d’enfants qui n’ont pas vu l’Italie au Mondial et qui bientôt se fianceront et se marieront », écrit La Repubblica.

Aucune démission en vue !

C’est désormais tout un pays qui attend une réaction de la part des instances du football italien. Gabriele Gravina, le président de la FIGC, a confirmé qu’il n’allait pas démissionner de son poste. Il est l’une des principales personnes visées après ce nouvel échec. Son avenir est entre les mains du conseil fédéral, qui se réunira la semaine prochaine. Le patron du football italien a demandé au sélectionneur Gennaro Gattuso de rester malgré l’échec. Aucun membre actuel du staff de la sélection italienne n’a, pour le moment, posé sa démission.

"Tout le football italien doit être refondé"

Le ministre des sports italien Andrea Abodi s'est exprimé au vue de la gravité de la situation :"Il est évident pour tout le monde que le football italien doit être refondé et que ce processus doit passer par un renouvellement des dirigeants de la FIGC. Le gouvernement a démontré concrètement, ces dernières années, son engagement en faveur de l'ensemble du mouvement sportif italien. Je considère qu'il est objectivement incorrect de tenter de nier ses responsabilités face à cette troisième absence consécutive en Coupe du monde, en accusant les institutions d'un prétendu manquement et en minimisant l'importance et le niveau professionnel des autres sports". La structure du football italien n'a jamais semblé aussi fragile. Les dirigeants sont appelés à prendre des décisions fortes. Comme une sensation d'urgence pour tenter d'ouvrir au plus vite une nouvelle page.

Une catastrophe profonde pour tout un système

2014, année de la dernière qualification de l’Italie en Coupe du monde. Un trop grand nombre d’enfants n’a donc encore jamais vu leur pays disputer la plus grande des compétitions : une situation encore impensable il y a quelques années. Quand leurs parents évoquent l’Italie de 2006, celle qui a remporté le trophée face à la France, eux ne peuvent évoquer aucun grand souvenir. Quel réel lien existe-t-il entre les jeunes Italiens et la Coupe du monde ? Pas grand-chose, si ce n’est un sentiment de honte et d’humiliation. Une génération tout entière semble coupée de cette sélection, trop déçue, résignée. Les jeunes Italiens s’orientent de plus en plus vers d’autres sports, ceux qui séduisent.

"SOS football"

La Stampa titrait il y a quelques jours « SOS football ». Les autres sports en Italie sont en pleine expansion : le nombre de licenciés n’a jamais été aussi élevé en tennis. Les nombreux triomphes de Jannik Sinner y contribuent forcément. Si la jeunesse italienne s’identifiait majoritairement au ballon rond il y a quelques années, ce n’est plus forcément le cas aujourd’hui. Sans oublier la progression du rugby italien, qui parvient désormais à battre des sélections comme l’Angleterre, mais aussi du volley. Oui, le calcio reste le sport le plus populaire, mais son influence ne cesse de baisser. Cette nouvelle catastrophe ne va rien arranger à la situation. Le football italien n’est pas mort, mais il souffre.

La formation à la traine

Le creux générationnel italien n’a jamais été aussi important. Pourtant, les différentes sélections de jeunes parviennent à performer. Mais qu’est-ce qui cloche ? C’est avant tout un problème de mentalité : la peur de donner leur chance aux jeunes. Une situation qui évolue, mais trop lentement. En matière de formation, l’Italie est à des années-lumière de la France et de l’Espagne. Trop peu de jeunes Italiens ont réellement leur chance en Serie A, la première division du football professionnel. Dans ce type de circonstances, il est difficile d’espérer trouver un « Yamal italien ». Il faut généralement attendre 21-22 ans pour obtenir une première place dans les différents effectifs du championnat, trop loin des exigences du football moderne. Selon une étude récente du CIES, la Serie A se classe avant-dernière au monde parmi les championnats offrant du temps de jeu aux joueurs nationaux de moins de 21 ans, comme l’écrit le site spécialisé Calciomio.

L'exil des jeunes talents vers l'étranger

Dans ces circonstances, il est difficile pour un jeune Italien de se faire une place. C’est donc tout naturellement que certains s’exilent à l’étranger : l’Italie perd ainsi ses talents. Être un jeune Italien et percer en Serie A reste encore compliqué ? Oui. La saison passée, il n’y a jamais eu autant de joueurs étrangers dans l’élite : 401, le précédent record étant de 377. Seulement 32 % des joueurs utilisés étaient italiens, selon Calciomio, un chiffre historiquement bas. Les clubs en ont conscience, mais peinent à faire bouger les choses. Plusieurs formations, comme la Juventus, l’Atalanta et le Milan, ont créé une passerelle entre les U19 et l’équipe première via les U23 en Serie C, la troisième division italienne. Une façon pour les jeunes d’arriver plus facilement et avec plus d’expérience en Serie A. Un projet encore peu suivi par les autres clubs. Le football italien est au plus bas : place désormais au changement. La sonnette d’alarme est plus que jamais tiré.

L'info en continu
17H
16H
14H
13H
Revenir
au direct

À Suivre
/