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L'agriculture biologique reste encore loin des objectifs fixés par la loi

La consommation de produits issus de l'agriculture biologique a définitivement repris des couleurs en 2025, mais les surfaces agricoles dédiées ont baissé pour la troisième année de suite, indique mardi l'Agence Bio dans son état des lieux, loin des objectifs fixés par la loi.

Charly TRIBALLEAU - AFP/Archives

La consommation de produits issus de l'agriculture biologique a définitivement repris des couleurs en 2025, mais les surfaces agricoles dédiées ont baissé pour la troisième année de suite, indique mardi l'Agence Bio dans son état des lieux, loin des objectifs fixés par la loi.

"Cette dynamique de marché positive doit désormais devenir un levier de confiance et un signal fort pour encourager aussi bien les conversions que les installations", appelle cette agence étatique chargée de promouvoir ce mode de production sans pesticides ni engrais de synthèse, mais aussi de produire les statistiques officielles.

En 2025, la France a perdu 30.737 hectares dédiés à l'agriculture biologique, a précisé l'agence lors d'une conférence de presse, après des baisses de plus de 50.000 hectares chacune des deux années précédentes.

Ces surfaces atteignent 2,69 millions d'hectares, soit 10% de la surface agricole, un niveau relativement stable depuis 2021 alors que la loi fixe un objectif de 21% d'ici 2030.

Le nombre de fermes engagées en agriculture biologique a reculé pour la première fois en 2025, de 1,3%, un chiffre annoncé en février et confirmé mardi, à 61.159 fermes.

Sur les premiers mois de 2026, une dynamique encourageante, avec un nombre de nouvelles fermes bio supérieur aux années précédentes, a été observée, selon le président de l'agence, Bruno Martel.

Avec des "signaux optimistes" pour les filières laitière et viande bovine, qui avaient observé d'importantes "déconversions" ces dernières années.

- "Regain de sensibilisation" -

La conversion au bio prend plusieurs années. Mais la période d'inflation avait entraîné à partir de 2022 de nombreuses déconversions, la consommation de produits bio ayant chuté sur fond de crise du pouvoir d'achat.

En 2025, la France a perdu 30.737 hectares dédiés à l'agriculture biologique

En 2025, la France a perdu 30.737 hectares dédiés à l'agriculture biologique

REMY GABALDA - AFP/Archives

Signe encourageant, certaines filières (grandes cultures et maraîchage) voient leurs surfaces en première année de conversion augmenter à nouveau, note l'agence.

Elle a aussi confirmé mardi la reprise de la consommation, à 12,6 milliards d'euros, en hausse de 3,6% par rapport à 2024 surtout grâce à une augmentation des volumes vendus, mais aussi avec un léger effet prix. Ces niveaux ne sont plus si loin du pic de 2020 (12,83 milliards).

Bruno Martel note un "regain de sensibilisation" des consommateurs avec le retour dans l'actualité de sujets liés aux pesticides, aux "risques pour la santé et la qualité de l'eau".

Cette reprise s'observe dans tous les circuits, y compris la grande distribution qui renoue "pour la première fois" avec la croissance.

La restauration collective a observé une hausse de 6,9% et la restauration commerciale une petite amélioration de 1,2%.

Mais la restauration hors domicile ne concerne qu'un dixième de la consommation de produits bio et les cantines restent encore très loin de l'objectif de 20% de produits bio fixé par la loi.

Mi-mai, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard avait exhorté les cantines de l’État à "montrer l'exemple" et à être "meilleur élève", avec une restauration publique loin des objectifs.

- "Missions confirmées" -

Un temps menacée de disparition dans le cadre du budget 2025, l'Agence bio a vu ses budgets 2026 "confirmés et validés", selon Bruno Martel.

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard viste une ferme biologique, le 22 mai 2025 à Niederstinzel, en Moselle

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard viste une ferme biologique, le 22 mai 2025 à Niederstinzel, en Moselle

FREDERICK FLORIN - AFP/Archives

La reprise du bio "n'est pas qu'un enjeu de production et de consommation", mais dépend d'acteurs multiples, y compris les ministères de tutelle (Agriculture et Transition écologique), a-t-il déclaré.

Il a ajouté souhaiter personnellement le retour au conseil d'administration de l'agence de Synadis Bio, le syndicat des distributeurs spécialisés. Synadis avait quitté l'agence en début d'année pour protester contre le risque de "démantèlement" par le gouvernement.

En visite mi-mai sur l'exploitation de M. Martel, éleveur laitier, Annie Genevard est venue réaffirmer son soutien au bio. "Elle a confirmé les missions et le rôle de l'Agence bio", s'est félicité mardi son président.

Elle était venue annoncer le fléchage vers l'agriculture bio de cinq millions d'euros sur une enveloppe de 40 millions dédiés aux mesures agro-environnementales et climatiques (Maec).

Cette enveloppe est issue des 150 millions d'euros de reliquat d'aides européennes dédiées à la conversion des fermes au bio, non dépensés faute de demande.

L'Agence Bio n'a pas pris position mardi sur l'allocation du reste des reliquats.

Depuis le départ de l'ancienne directrice Laure Verdeau, la nouvelle gouvernance de l'agence a pris de la distance avec les sujets politiques.

Par Mathilde DUMAZET / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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