La justice examine mardi, plus d'un an avant son procès en appel à Lyon, une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné fin 2025 à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels dans des cliniques de Besançon.
Celui qui clame son innocence, mais que la cour d'assises du Doubs a qualifié de "tueur en série", a déjà vu une précédente demande de remise en liberté rejetée à Besançon en février.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon est saisie de sa seconde demande car son procès en appel est prévu dans la capitale des Gaules à partir de septembre 2027.
Au terme d'un procès fleuve de trois mois et demi, Frédéric Péchier a été reconnu coupable le 18 décembre d'avoir, entre 2008 et 2017, empoisonné 30 patients de 4 à 89 ans - dont 12 sont morts - en polluant des poches de perfusion dans le but de nuire à des confrères avec qui il était en conflit.
Un "tueur en série" avec deux cliniques privées de Besançon "pour terrain de jeu", avaient estimé les jurés en assortissant la perpétuité d'une période de sûreté de 22 ans.
Sa première demande de remise en liberté avait été rejetée le 11 février aux motifs qu'elle viendrait "troubler l'ordre public" car l'accusé risquerait de faire pression sur les témoins et que rien ne garantissait qu'il se présenterait à son procès en appel. La Cour de cassation avait validé ce rejet le 12 mai.
Mais sa défense a formulé une deuxième demande le 27 mai afin qu'il puisse préparer son procès en appel.
Frédéric Péchier, aujourd'hui âgé de 54 ans, avait été incarcéré aussitôt après sa condamnation mais pas pendant l'instruction, et il avait comparu libre pendant son long procès à Besançon.
Selon l'accusation, le praticien a pollué des poches de perfusion avec différents produits pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients opérés par des confrères. Son objectif: "atteindre psychologiquement" des soignants avec lesquels il était en conflit et "nourrir sa soif de puissance".
Il intervenait aussi parfois pour tenter de les réanimer et faire valoir ses compétences.
Après avoir réfuté ces thèses pendant l'instruction, Péchier avait finalement admis, au cours du procès, qu'un empoisonneur avait bien sévi dans l'une des deux cliniques privées où il avait travaillé. Mais constamment répété que ce n'était pas lui.
AFP / Lyon (AFP) / © 2026 AFP