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Franck Allisio : « Il y a une connexion évidente entre LFI et les casseurs ! »

INTERVIEW SUD RADIO - Au lendemain des violences survenues à Marseille et dans plusieurs villes de France, Franck Allisio, député Rassemblement national des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal de Marseille, dénonce un « dépassement complet des autorités »

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Franck Allisio, interviewé par Jacques Cardoze sur Sud Radio, le 26 août 2026, dans “L’invité politique”.

Franck Allisio, quel sentiment domine après les violences survenues à Marseille, notamment les dégradations de l’hôtel de ville et l’attaque du commissariat municipal ?

Franck Allisio : Le dégoût et l’inquiétude. L’inquiétude pour ma ville, mais aussi pour mon pays. Les voyous, les délinquants, les criminels, les casseurs et les pilleurs sont hors du champ de la démocratie. Ils ne croient plus en elle. De telles actions sont inacceptables, d’autant plus à six mois d’une élection présidentielle.

Nous assistons à des scènes de chaos et de désolation. C’est le constat, une nouvelle fois malheureux, d’une démission et d’un dépassement complet des autorités, du gouvernement et de l’État. C’est particulièrement inquiétant à Marseille.

« La sécurité des Marseillais n’est pas une priorité de la municipalité »

Vous connaissez bien le tissu social marseillais. D’où viennent, selon vous, les groupes qui ont affronté les forces de l’ordre ?

Marseille est la capitale de l’antifa, c’est-à-dire de l’extrême gauche la plus violente. Ces groupes interviennent régulièrement. Notre permanence et notre fédération ont elles-mêmes été détériorées et prises pour cible à plusieurs reprises.

Depuis des années, la sécurité n’est pas une priorité à Marseille. La sécurité des Marseillais n’est une priorité ni pour le gouvernement, ni pour Emmanuel Macron, ni, malheureusement, pour le maire de Marseille.

Le recul de l’adjoint à la sécurité dans l’ordre de présentation de la liste municipale est, à mes yeux, un symbole fort. Lors du dernier conseil municipal, le maire a fait l’éloge des manifestants, alors que nous avons, de notre côté, salué le travail des forces de l’ordre.

Le nombre de policiers nationaux à Marseille a également reculé sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Dans ces conditions, personne ne peut prétendre que les risques de débordements étaient imprévisibles.

Benoît Payan affirme pourtant avoir alerté l’État sur le manque de CRS et avoir personnellement appelé Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu pour obtenir des renforts. Quelle est votre version des faits ?

Je ne crois pas le maire de Marseille sur ce point. J’essaie de dépolitiser au maximum la situation, mais il n’a pas pris la mesure des événements, tout comme le gouvernement. Il n’a pas appelé les renforts nécessaires et n’a pas alerté le gouvernement comme il aurait dû le faire.

En amont de cette manifestation, personne ne pouvait ignorer les dangers qu’elle présentait. Le gouvernement lui-même ne s’est pas suffisamment inquiété de la sécurité de notre pays.

« Il y a une convergence funeste entre la gauche, l’extrême gauche et les macronistes »

Vous estimez également que le maire de Marseille porte une responsabilité politique. À qui pensez-vous lorsqu’on évoque son entourage et ses soutiens ?

Je pense, d’un côté, aux macronistes et, de l’autre, à une partie importante de l’électorat de La France insoumise, qui s’est notamment retrouvée derrière Sébastien Delogu pendant la campagne municipale.

Les individus qui ont pénétré dans le hall de la mairie, l’ont saccagé et ont jeté à terre la statue de Marianne expriment, selon moi, une haine de la République et de la France. Le fait que certains aient porté un drapeau palestinien est également révélateur, à mes yeux, des convictions politiques de ces groupes.

Ce drapeau est devenu un emblème politique pour une partie de la gauche et de l’extrême gauche, mais aussi pour certains macronistes.

Existe-t-il, selon vous, une connexion entre La France insoumise et les groupes d’ultragauche ?

Oui, évidemment. Et ils ne le cachent pas. Le trait d’union entre ces mouvements, c’est notamment la Jeune Garde. Des liens ont été mis en évidence, y compris à travers des personnes impliquées dans des affaires judiciaires et présentes aux côtés de Raphaël Arnault.

Depuis 2024 et la dissolution de l’Assemblée nationale, nous assistons à une convergence funeste entre la gauche, l’extrême gauche et les macronistes. Si le pays va si mal aujourd’hui, si le gouvernement ne maîtrise plus la situation, c’est aussi parce qu’il n’existe plus de majorité à l’Assemblée nationale. La responsabilité de cette situation incombe, selon moi, à cette alliance.

Vous établissez donc un lien entre Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise et les casseurs qui ont sévi dans les rues ?

Je ne peux pas ne pas faire ce lien. Toute la journée, les députés LFI sont allés encourager les manifestants, mais aussi, selon moi, des mouvements qui ont rapidement dépassé le cadre de la manifestation.

Jean-Luc Mélenchon a expliqué à plusieurs reprises que les débordements étaient dus au gouvernement, qui n’aurait pas entendu les revendications. Je ne partage pas cette analyse. Je ne crois pas que les manifestants se soient radicalisés : je considère que des radicaux sont descendus dans la rue pour prendre les manifestants en otage et provoquer le chaos.

Il existe, à mes yeux, des liens clairement identifiables, notamment autour de la Jeune Garde, entre ces mouvements radicaux et un parti politique qui leur sert de représentation politique.

« La peur est la dernière boussole du gouvernement »

Les images de véhicules de police contraints de reculer face aux assaillants interrogent aussi sur la doctrine de maintien de l’ordre. Quel regard portez-vous sur la réponse des forces de l’ordre ?

Le plus grave, c’est qu’il existe un cadre légal pour le maintien de l’ordre et que, dans ce cadre, les moyens de riposte pourraient être renforcés. Il existe une doctrine d’emploi, mais le problème est le manque de volonté politique.

La peur est aujourd’hui la dernière boussole des macronistes et du gouvernement. La peur du débordement conduit à une forme de prise en otage des manifestants eux-mêmes. Hier, certains voulaient véritablement manifester pour le pouvoir d’achat, mais ils ont été pris en otage par la gauche et l’extrême gauche.

Aujourd’hui, c’est la rue qui est prise en otage par les casseurs. Demain, ils menaceront de prendre le pays tout entier en otage.

Marine Le Pen le dit souvent : si on ne les arrête pas, ils ne s’arrêteront pas. Il existe une forme de chantage qui oscille entre le chantage mafieux et le chantage terroriste : si vous ne nous cédez pas le pouvoir, nous mettrons le pays à feu et à sang.

Nous ne céderons pas. Avec Marine Le Pen, nous mènerons cette campagne électorale, nous gagnerons et nous rétablirons l’ordre.

Emmanuel Macron et son Premier ministre, Sébastien Lecornu, auraient-ils peur de provoquer de nouveaux débordements ?

Oui, clairement. Cela me rappelle l’absence du président de la République à la marche contre l’antisémitisme organisée à Paris. À l’époque, l’un des arguments avancés en privé par l’Élysée était la crainte de déclencher des débordements.

Or, on ne gouverne pas avec la peur. Sinon, on met en danger les Françaises et les Français. La politique du « pas de vague » est arrivée à son paroxysme : on préfère le désordre au rapport de force.

Si force doit rester à la loi, il faut que l’État se donne les moyens de la faire respecter. Sans cela, nous risquons de basculer dans l’anarchie.

« Nous voulons que les casseurs soient les payeurs »

Si Marine Le Pen accède à l’Élysée en 2027, que changerait le Rassemblement national dans sa politique de maintien de l’ordre ?

La première chose serait de retrouver un gouvernement et une majorité à l’Assemblée nationale. L’élection de Marine Le Pen pourrait, selon nous, permettre de dégager cette majorité. C’est ainsi que fonctionne la démocratie : les Français font un choix politique et donnent au pouvoir les moyens d’agir.

Ensuite, nous voulons appliquer un principe que nous défendons depuis des années : celui du « casseur-payeur ». Aujourd’hui, les dégâts causés lors de ces violences finissent trop souvent par être supportés par les victimes. Nous voulons que les responsables des dégradations en assument le coût.

C’est une priorité.

Cela implique-t-il également un durcissement des sanctions pénales et la construction de nouvelles places de prison ?

Bien évidemment. Lorsqu’on s’en prend à un policier, lorsqu’on pille et qu’on détruit, il faut des sanctions à la hauteur des actes commis. Si les prisons manquent de places, il faut en construire. On ne peut pas laisser le pays sombrer dans l’anarchie sous prétexte que notre système pénitentiaire est saturé.

Nous voulons remettre les choses à l’endroit : appliquer le principe du casseur-payeur, durcir les règles lorsque cela est nécessaire et donner aux juges les moyens de prononcer de véritables sanctions. La construction de places de prison est indispensable. Cela fait des années que nous en parlons, mais rien ne change suffisamment.

« Personne n’est au-dessus du peuple souverain »

Certaines de ces mesures pourraient se heurter au Conseil constitutionnel. Que ferait le RN si ses décisions étaient censurées ?

Lorsqu’il y aura une opposition entre la volonté populaire, celle des Français, et le Conseil constitutionnel, c’est le peuple souverain qui devra avoir le dernier mot. Nous sommes en démocratie, pas dans un gouvernement des juges.

Pour cela, nous disposons d’un outil extrêmement démocratique : le référendum. Il faut pouvoir consulter directement les Français pour faire avancer les réformes nécessaires.

Cela signifie-t-il que vous seriez prêts à passer outre une décision du Conseil constitutionnel, présidé par Richard Ferrand ?

Personne n’est au-dessus du peuple souverain en démocratie, pas plus Richard Ferrand qu’un autre représentant de l’État. Il faudra donc recourir aux référendums.

Le général de Gaulle organisait régulièrement des référendums pour remettre la France sur pied. Cela fait désormais plus de vingt ans que les Français n’ont pas été consultés de cette manière sur de grandes orientations nationales.

Le politique a démissionné et nous avons fini par faire sans lui. Mais faire sans le politique, c’est faire sans le peuple français et sans la démocratie. Nous devons redonner la parole aux Français.

« Le chaos, c’est maintenant »

Certains redoutent qu’une élection de Marine Le Pen en 2027 entraîne une insurrection ou une multiplication des violences. Que leur répondez-vous ?

Je pense exactement l’inverse. Le désordre, c’est maintenant. Le chaos, c’est maintenant.

Si un président plus faible, sans majorité, arrive au pouvoir, les événements risquent d’échapper définitivement aux responsables politiques. Selon nous, seule Marine Le Pen est aujourd’hui en mesure d’obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Il faut un pouvoir légitime, capable d’agir et de rétablir l’ordre. Notre histoire l’a montré à des moments cruciaux, notamment en 1958 et en 1968 : le pays a besoin d’un pouvoir suffisamment fort pour prendre ses responsabilités.

Il faut que force reste à la loi, à la démocratie et à la République.

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