Les New York Knicks ont enfin remporté un troisième titre NBA, le premier depuis 1973, à l'issue d'un printemps de play-offs mémorable qui s'est achevé samedi sur le parquet des San Antonio Spurs de Victor Wembanyama, qui aura tutoyé un premier trophée à seulement 22 ans.
Les Knicks se sont imposés 94-90 grâce à une partie légendaire de Jalen Brunson (45 points), élu MVP des finales, afin de remporter la série 4-1, ne perdant que trois rencontres sur les quinze disputées en phase finale depuis fin avril.
Pour ses premiers play-offs dans sa troisième saison, à la tête d'un groupe jeune qui a revivifié une franchise qui végétait au fond des classements, Victor Wembanyama a mené les Spurs bien plus loin qu'espéré, jusqu'à la prestigieuse finale qui en appelle d'autres, après avoir confirmé son gigantesque potentiel.
Mais le Français a buté assez largement sur la dernière marche. S'il est pressé d'atteindre les sommets, il pourra se consoler en pensant aux légendes Michael Jordan et LeBron James, qui n'ont pas été titrées avant leurs 28 et 27 ans.
"Evidemment on n'était pas prêts, je n'étais pas prêt à gagner une bague, c'est évident. En termes de volonté de bien faire, d'intensité, d'effort, on était à un bon niveau, moi aussi. Mais l'expérience... Ce sont les erreurs, on ne manque pas de talent ou de capacités, mais on fait trop d'erreurs, je fais trop d'erreurs", a-t-il concédé en conférence de presse après "la plus grande leçon" de sa vie.
- Après 53 ans -
A New York, le trophée Larry O'Brien était attendu par tout le peuple orange et bleu, passionné jusqu'à la déraison, qui a commencé à fêter le titre dans un brouhaha de cris et de klaxons, sous l'Empire State Building illuminé aux couleurs de la franchise.
Les New-Yorkais sont enfin récompensés après plus d'un demi-siècle de désillusions, de mauvais choix, de vedettes trop payées, de rencontres perdues sur le fil, face à Reggie Miller dans les années 1990 ou encore l'an dernier face aux Pacers de Tyrese Haliburton en finale de conférence Est.
New York a conjuré la malédiction en remportant sa première finale depuis celle de 1999 perdue face aux San Antonio Spurs qui comptaient alors parmi leurs assistants un certain Mike Brown, l'entraîneur arrivé à l'intersaison qui a propulsé les Knicks au firmament.
Les Knicks auraient-ils préféré soulever le trophée dans leur bouillant Madison Square Garden? Les fans ont trouvé la solution en envahissant le Frost Bank Center de San Antonio, dépensant sans sourciller des milliers de dollars pour chaque place.
Ils étaient accompagnés de Walt Frazier, double champion en 1970 et 1973, et de Patrick Ewing, héros d'une génération dorée mais restée sans bague dans les années 1990.
Jalen Brunson (g.) et Victor Wembanyama s'affrontent, le 13 juin 2026 à San Antonio aux Etats-Unis
Gregory Shamus - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP
Pour ce sacre, les Knicks se sont appuyés sur un printemps de play-offs historique, remportant 13 rencontres de suite avant de perdre le troisième match de la finale seulement, et multipliant les remontées spectaculaires, dont la dernière de 29 points lors du match 4, un record en finale.
- Wembanyama contenu -
Ils ont pu compter sur leur héros Jalen Brunson, devenu le roi de New York avec une énième performance majuscule avec 45 points (14 sur 27 au tir).
"J'ai juste essayé de gagner, je n'étais concentré sur rien d'autre", a-t-il sobrement expliqué.
Le scénario vécu lors des quatre premières rencontres s'est répété: un bon début des Spurs grâce à une défense de fer, un meilleur deuxième quart-temps des Knicks, des Spurs qui gardent la tête avant de s'effondrer en fin de match.
Wembanyama a commencé par punir en défense, avec cinq contres rapides, mais les Spurs n'ont pas réussi à prendre le large, faute d'adresse.
Le Français n'a pas trouvé la solution, finissant avec 19 points, mais 3 seulement dans le dernier quart-temps, 14 rebonds, 2 passes et 5 contres.
Si le rookie texan Dylan Harper a réussi un match fantastique, inscrivant 25 points en sortie de banc, ses coéquipiers plus expérimentés ont une nouvelle fois sombré en fin de match à l'image de l'arrière All-Star De'Aaron Fox (7 points à 3 sur 15 au tir).
Brunson a égalisé à 4 minutes 45 de la sirène, redonné deux points d'avance d'un flotteur à 1 min 07, avant que la partie ne se joue aux lancers francs à l'avantage des visiteurs, qui sont ensuite montés sur scène pour savourer leur trophée.
Le maire de New York Zohran Mamdani a annoncé la tenue d'une parade qui s'annonce folle à Manhattan jeudi.
Par Robin GREMMEL / Los Angeles (États-Unis) (AFP) / © 2026 AFP