Emmanuel Macron préside mercredi matin aux Invalides un hommage national au sociologue et philosophe Edgar Morin, "penseur du siècle" et "esprit universel" décédé vendredi à l'âge de 104 ans.
La cérémonie débutera à 11H00 dans la cour Sud du Dôme et non la cour d'honneur des Invalides, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu et des membres du gouvernement.
Le cercueil fera son entrée à 11H05 dans la cour au pas du tambour. Suivront l'éloge funèbre présidentiel, la sonnerie "Aux Morts", la minute de silence et la Marseillaise interprétée par l'orchestre de la Garde républicaine.
Le chef de l'Etat a salué samedi la mémoire d'un "soldat de la Résistance, militant et affranchi, écrivain et penseur du siècle, défenseur de la nature et des peuples". "Il était l'humanisme fait personne", a-t-il estimé.
Les derniers hommages nationaux ont été rendus à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin le 26 mars, Robert Badinter, qui incarna le combat pour l'abolition de la peine de mort, le 14 février 2024 et Jacques Delors, figure européenne, le 5 janvier 2024.
Edgar Morin était l'auteur d'une œuvre très diverse, connue bien au-delà de la France et qui se voulait une réflexion sur l'Homme à partir des données de la science. Malgré son grand âge, il était toujours présent et écouté dans le débat intellectuel.
De son vrai nom Edgar Nahoum, il est né le 8 juillet 1921 à Paris, dans une famille juive originaire de Salonique en Grèce, émigrée à Paris. En 1941, il rejoint le Parti communiste et entre dans la Résistance sous le pseudonyme de Morin.
En 1959, la publication d'"Autocritique", qui relate son exclusion du PCF et ses propres aveuglements face au stalinisme, marque les esprits. Edgar Morin fut aussi l'un des fondateurs du comité des intellectuels contre la guerre d'Algérie.
Docteur honoris causa de 38 universités étrangères, il a écrit des dizaines d'ouvrages dont "La Rumeur d'Orléans" (1969), sur une rumeur antisémite et "La méthode" (1977-2004), son œuvre majeure en six volumes, et plusieurs livres sur l'écologie, thème qui lui tenait à cœur.
"Ces combats demeurent les nôtres. Combat de liberté (...) La liberté de la France et la liberté de l'Europe, causes qu'il refusait de séparer", a relevé Emmanuel Macron dans La Tribune dimanche.
"Edgar Morin n'avait pas l'âge des états-civils. Son siècle sur terre s'effaçait quand paraissaient son sourire désarmant et ses yeux qui se plissaient avec malice. Il était ce jeune homme de 100 ans", a encore salué le chef de l'Etat, qui lui avait remis la Grand-Croix de la Légion d'honneur en 2024.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP