Le pape Léon XIV est actuellement en visite en France. Qu’est-ce que cela représente pour vous, personnellement ?
Christine Boutin : Personnellement, ça représente tout pour moi. Pour moi, la vie, c’est le Christ. Ça a toujours été ainsi depuis ma conversion, en 1988. Cette foi a accompagné toute ma vie, y compris lorsque j’étais en politique.
Je suis donc très heureuse que le pape vienne en France. Et je pense que cette visite concerne naturellement les catholiques, mais aussi beaucoup d’autres personnes.
On a vu une véritable ferveur autour de cette visite. Cela vous surprend dans une France que l’on présente souvent comme déchristianisée ?
Oui, cela m’étonne un peu. Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de personnes. Mais nous avions déjà quelques signes, notamment avec le développement des baptêmes et le nombre de personnes qui souhaitent devenir catholiques.
✝️ Venue du pape en France #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ @christineboutin : "Je suis étonnée par cette ferveur. J'ai vécu toute ma vie la difficulté d'être fidèle à la doctrine de l'Église dans une France laïque"
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J’ai moi-même vécu les difficultés d’être catholique dans une France laïque. J’ai connu les critiques et les caricatures. Mais ce que l’on voit aujourd’hui montre peut-être qu’il y a quelque chose qui est en train de bouger.
« L’avortement n’est pas une liberté »
Vous avez fait de la défense de la vie l’un de vos principaux combats politiques. Votre position sur l’avortement a-t-elle changé ?
Non, je n’ai pas du tout changé de position.
Quand on est parlementaire, on a une responsabilité particulière. Il faut regarder les conséquences que peuvent entraîner les décisions que l’on prend. Pour moi, l’avortement n’est pas une liberté.
🤰 @christineboutin a-t-elle revu ses positions sur la question de l'avortement ? #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ "Je n'ai pas du tout changé d'avis. Tuer quelqu'un n'est pas une liberté !"
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Je comprends évidemment la douleur que certaines femmes ont pu rencontrer. Mais je ne condamne personne. Mon combat a toujours été celui de la vie, et pas uniquement celui de l’avortement.
Vous dites pourtant que vous êtes aujourd’hui dans une forme d’échec politique sur cette question.
Oui. Au regard des hommes, je suis dans un échec total puisque l’avortement a été constitutionnalisé et que nous avons également voté l’euthanasie au mois de juillet.
C’est une grande tristesse pour moi. Je trouve incompréhensible que nous soyons arrivés à cette situation.
Justement, quel regard portez-vous sur l’adoption du droit à l’aide à mourir voulue par Emmanuel Macron ?
Pour moi, c’est une grande tristesse. C’est incompréhensible.
Et oui, j’en veux à Emmanuel Macron parce que c’est lui qui a engagé sa responsabilité dans cette affaire.
« Il n’y a plus d’espérance dans ce pays »
Vous estimez que ces évolutions témoignent d’un changement profond de la société française ?
Oui. Quand on regarde la progression de l’avortement et que l’on met cela en cohérence avec la loi sur l’euthanasie, je pense que cela nous amène au déclin.
Il n’y a plus d’espérance dans ce pays. Il faut retrouver la confiance.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la France ?
La France est en déclin. Elle est devenue, à mes yeux, apostate, renégate, et c’est une des raisons pour lesquelles ça ne va pas bien.
Mais je ne condamne personne. La politique m’a notamment appris le pardon. Et le pardon est quelque chose qui vous libère.
🇫🇷 @christineboutin à propos de l'état de la France : #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ "Elle est en déclin, elle est apostate, renégate… Nous sommes le pays européen au taux d’avortement le plus élevé, on n’a pas confiance dans l’avenir"
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Le pape Léon XIV doit également rencontrer des victimes d’abus sexuels. Est-ce une bonne chose selon vous ?
Bien sûr. Les abus sexuels sont une horreur et l’Église doit continuer à travailler sur cette question.
Je pense que l’Église n’a pas eu peur de les accepter, de les reconnaître et de chercher un chemin pour répondre à cette horreur. Il y a encore des réformes à mener, mais le problème est aujourd’hui regardé en face.
Vous estimez donc que l’Église a évolué sur cette question ?
Oui. Et je pense que ce travail doit continuer. Mais il faut également regarder ce qui se passe ailleurs dans la société.
Quand on voit certaines affaires concernant des enfants, cela pose une question fondamentale : quel regard portons-nous réellement sur l’enfant ? Est-ce que nous le considérons, même lorsqu’il est né, comme une personne qui doit être respectée ?
⛪️ Le pape rencontre les victimes d'abus sexuels à Lourdes #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ @christineboutin : "L'Église est la première institution à agir pour tenter de répondre à cette horreur. J'espère que l'Etat en fera autant, notamment sur le périscolaire"
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Le pape a appelé les jeunes à « ne pas avoir peur » et à faire preuve d’audace. Pensez-vous que son message peut encore porter en France ?
Bien sûr. Dans l’histoire de l’Église de France, il y a eu des hauts et des bas. C’est la vie.
Mais regardez l’enthousiasme des jeunes qui étaient réunis au Stade de France. C’était extraordinaire. J’ai pensé à l’époque où j’étais moi-même allée écouter Jean-Paul II.
Ces jeunes ont manifesté leur enthousiasme. Je pense qu’ils nous montrent déjà un chemin.
Catholicisme : « Il se passe quelque chose »
Vous parlez d’un regain du catholicisme en France ?
Oui. Je suis convaincue qu’il y a quelque chose qui se passe.
Pourquoi y a-t-il autant de baptêmes ? Pourquoi autant de conversions ? Le pape est venu voir ce qui se passe en France et il a rencontré ces jeunes.
Vous êtes également critique envers la conception française de la laïcité. Pourquoi ?
Parce que nous avons tellement séparé la vie publique et la vie privée que la religion s’est finalement effacée.
On dit souvent : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Mais pour moi, cela ne signifie pas qu’il faut faire disparaître la conscience religieuse de la vie publique.
Il ne faut pas oublier notre conscience. C’est ce que la France fait aujourd’hui, à mes yeux.
Vous aviez voté contre la loi sur le voile. Pourquoi ?
Je savais que c’était impossible de faire une loi sur l’habit, sur la façon de s’habiller.
On est rentré dans quelque chose qui est complètement voué à l’échec. Je pensais que nous allions donner un signe distinctif et incontrôlable à des radicaux islamistes pour résister.
☪️ Faut-il interdire le port du voile au nom de la laïcité #GrandMatinWeekEnd
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🗣️ @christineboutin : J’ai voté contre cette loi, parce que je savais que c’était impossible de faire une loi sur l’habit, sur la façon de s’habiller. C'est une impasse"
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Vous considérez donc que cette loi a favorisé l’islam politique ?
Oui. C’est ce que je pensais à l’époque et c’est ce que je constate aujourd’hui.
« Je ne vois pas l’incarnation de celui qui est capable aujourd’hui de redresser ce pays »
Vous êtes toujours engagée politiquement. Comment envisagez-vous l’élection présidentielle de 2027 ?
Les Français attendent cette libération de 2027. Mais moi, je ne la vois pas.
Je ne vois pas aujourd’hui l’incarnation de celui qui est capable de redresser ce pays en donnant de l’espérance, de la joie et de la charité.
Vous ne voyez donc actuellement aucun candidat capable de porter cette ambition ?
Pour l’instant, je ne vois pas cette incarnation.
Mais tout est possible avec Dieu. Il est possible que quelqu’un se révèle d’ici 2027.
Vous restez donc attentive à la vie politique malgré votre retrait ?
Absolument. Je suis retirée de la vie politique, mais je n’ai pas abandonné la politique.
J’ai simplement considéré qu’avec l’âge, il fallait laisser la place à d’autres. Mais je reste très présente et très attentive à ce qui se passe dans notre pays.