Un lycéen suturé à cause des CRS, une main arrachée par tir de LBD : le mouvement lycéen en cours coûte cher aux manifestants. Mais les dégâts et autres dégradations causées par des éléments incontrôlés coûtent également très cher, mais cette fois-ci d'un point de vue comptable car l'addition s'annonce déjà salée. Alors que les caisses de l'Etat et des collectivités sont à sec, le principe du « casseur-payeur » fait son retour dans les débats.
Un projet de loi soutenu par les collectivités
« Tu casses, tu payes. » Le projet de loi, tant disputé, sera présenté à la fin du mois au Sénat. La date a été avancée par le gouvernement face aux dégâts multiples, en marge des manifestations civiles. Sur le papier, les collectivités y sont largement favorables.
La région PACA prends les devants
La région Sud, elle, n’a même pas attendu l’adoption législative. Objectif ? Se retourner contre les auteurs des dégradations sur les lycées et faire payer leurs incivilités. Des plaintes vont être déposées pour leur faire payer la facture et la somme n’est pas des moindre : 6 millions d'euros de dégâts et de gros travaux à prévoir dans certains établissements.
Des dégâts considérables et coûteux
Salles entièrement brûlées, bâtiments largement endommagés : « On a un lycée particulièrement touché : le lycée Lampéry à Salon de Provence », déplore Romain Simarano, conseiller métropolitain en région Sud, au micro de Sud Radio.
L’établissement avait jusqu’ici résisté au temps. C’était sans compter la violence du mouvement contestataire. « Une porte du XXe siècle, l'une des plus vieilles portes de lycée de toute la région, a été entièrement brûlée. Ça, ça va coûter très cher. On tout déjà une centaine d'interventions. »
"Faire payer les coupables"
Équipements, projecteurs, CDI, toilettes, salles informatiques, les réparations chiffrent à plusieurs zéros. Et pour s’en sortir : « La région a décidé de se porter systématiquement en partie civile, pour faire payer les coupables. »
En colère, Franck Allisio, député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône, veut aller plus loin en coupant les aides régionales aux lycéens casseurs. « On pense à un pass plénaire, qui a un coût annuel de 100 euros par lycéen. Il est temps que l'argent du contribuable serve à autre chose qu'à avantager, qu'à faciliter la vie de ceux qui foutent le bordel. »
Le texte législatif de 2019 devrait être durci
Reste à identifier les responsables. Le RN compte notamment, sur l'appui des proviseurs, pour avoir la liste des élèves sanctionnés en conseil de discipline. Le projet de loi qui arrive au Sénat vise à durcir le texte en vigueur depuis 2019.