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Avec les nappes phréatiques au plus bas, « des conflits d'usage de l'eau vont apparaître cet hiver »

Par Estelle Solari

ECLAIRAGE SUD RADIO - Après un été de tous les extrêmes, 66% des nappes phréatiques sont en dessous des normes en ce début d'automne. Une situation qui inquiète les hydrogéologues.

Les nappes phréatiques sont à 66% en dessous des normes mensuelles d'après le dernier rapport hydraulique 2026.
Les nappes phréatiques sont à 66% en dessous des normes mensuelles d'après le dernier rapport hydraulique 2026. PIXABAY

Sols craquelés, rivières à sec, les dégâts de la sécheresse 2026 sont visibles à l’œil nu, mais pas que ! Le rapport du service géologique national, publié ce jeudi 9 octobre, fait état d’un niveau des nappes phréatiques préoccupant.

66% des nappes phréatiques en dessous des normes mensuelles

81% des niveaux de nappes phréatiques sont en baisse. Un constat qui effraie car la situation ne tend pas vers le mieux. La canicule persiste en ce début d’octobre : 79 départements sont toujours en « crise ». 14 autres, en « alerte renforcée », faisant l’objet d’une utilisation d’eau restrictive.

La situation est grave : 66% des nappes phréatiques sont en dessous des normes mensuelles. Une situation à surveiller de près et qui pourrait avoir des conséquences bien réelles dans les prochains mois : sur l’ensemble du territoire, la vidange des nappes se poursuit déjà avec un déficit de pluie "efficace" du mois de septembre. 

"On ne pourra pas soutenir les cours d’eau de façon suffisante"

Le risque ? « Sortir de l’hiver avec des niveaux anormalement bas : on ne pourra pas soutenir les cours d’eau de façon suffisante », explique David Ratheau, hydrogéologue et chef de projet au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), au micro de Sud Radio.

Les nappes du socle Limousin, du Morvan, du Livradois, du Forez et du Vivarais, de la craie de Champagne, des calcaires du Jura, des grès vosgiens et des calcaires triasiques de Lorraine et de la plaine nord d’Alsace sont déjà extrêmement basses. Vers Strasbourg et Clermont-Ferrand, le déficit de pluie depuis mai 2026 crée un manque d'eau toujours plus grand et sans précédent.

Un déficit de pluie qui dure

Un problème d’approvisionnement et de stockage qui en engendre un autre, peut-être plus grand : « Si vous avez moins d'eau souterraine dans les nappes, vous avez possiblement des conflits d'usage qui vont apparaître ! » Dans ce contexte géopolitique, une souveraineté hydraulique apparaît comme cruciale.

Alors le spécialiste espère « qu'il pleuve cet hiver pour qu'on puisse avoir des niveaux, soit autour de la moyenne, soit excédentaires. » Tout cela, avant que la végétation ne reprenne son activité et surtout, « avant les périodes où on a tous besoin d'eau ». Une baisse de prélèvements des nappes en période estivale permettrait de moins solliciter la ressource en eau souterraine. 

Les spécialistes redoutent un nouvel été 2026

La crainte ? Revivre une canicule incendiaire 2026, mais avec des chaleurs plus extrêmes, et encore moins d’or bleu. La France a connu son été le plus chaud jamais enregistré, avec des température moyenne de 24°C. C’est +3,6°C par rapport aux normales de 1991-2020, devant même, les étés 2003 et 2022. Avec peu de pluies enregistrées, la sécheresse est plus importante, plus fatale.

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