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Agnès Pannier-Runacher : "J'aimerais qu'on arrête avec ce mot de macronisme"

INTERVIEW SUD RADIO – Colère lycéenne, Parcoursup, Présidentielle : Agnès Pannier-Runacher, députée du Pas-de-Calais, ancienne ministre et co-responsable du programme de Gabriel Attal, était l’invitée de Jacques Cardoze. Elle est notamment revenue sur une éventuelle primaire, « de Xavier Bertrand jusqu'à Raphaël Glucksmann ».

Agnès Pannier-Runacher

Jacques Cardoze : Sébastien Lecornu tente de calmer la colère lycéenne sans annonce concrète, nouvelle mobilisation aujourd'hui. Est-ce que le gouvernement a été dépassé par ce mouvement ?

Agnès Pannier-Runacher : « Je crois en tout cas qu'il faut y répondre avec le plus grand sérieux. Il y a plusieurs choses dans ce mouvement. Il y a évidemment les violences. Les violences sont inacceptables d'où qu'elles viennent. Personne n'est au-dessus des lois. Et on voit bien qu'il y a un certain nombre d'acteurs, d'adultes qui essaient d'instrumentaliser cette colère lycéenne et d'en faire un capital politique et un capital de bordellisation. Ça, c'est inacceptable. Mais ce n'est pas le sujet principal et il ne doit pas écraser les demandes et les revendications des lycéens.

Et les revendications des lycéens, elles sont de deux ordres. Vous avez des revendications qui sont d'ordre très profond. Ces lycéens, ils arrivent aujourd'hui dans un monde où il y a la guerre aux portes de l'Europe, vous avez l'intelligence artificielle qui menace potentiellement leur avenir, vous avez le dérèglement climatique qui, dans ma génération, était une abstraction totale et qui est une réalité de leur quotidien, notamment quand ils passent des examens par 35° dans les classes, et ça c'est une angoisse qui monte chez eux. 

Et il y a les problèmes qu'ont leurs parents pour boucler les fins de mois. Et puis il y a le deuxième ensemble de revendications qui sont des revendications très concrètes : avoir des professeurs qui sont là en cours et qui leur permettent d'étudier correctement, avoir des salles de classe qui soient à la bonne température, pas à 15° l'hiver et à 35° l'été. »

"On a transformé Parcoursup en machine à dire non aux lycéens"

Mais tout ça, on ne le découvre pas. Est-ce que le gouvernement ne réagit pas tard quand même ? Quelles sont les revendications sur lesquelles le gouvernement pourrait avancer ?

« Écoutez, je pense que le gouvernement aurait sans doute pu être plus à la manœuvre. Après, ce qu'il faut faire, c'est regarder comment on peut répondre à ces revendications. Moi, il me semble que les deux revendications sur lesquelles on est en droit, moi en tant que députée, d'avoir des réponses rapides du gouvernement, c'est :

  1. Comment on met des professeurs face aux élèves lorsqu'ils n'en ont pas. Ça, c'est une urgence absolue.
  2. Comment Parcoursup est humanisé, parce qu'on a transformé Parcoursup en machine à dire non aux lycéens. Alors, ce n'est pas que ce soit en soi un mauvais système, parce qu'on oublie qu'avant c'était un tirage au sort, ce qui était franchement absolument détestable. Mais le problème, c'est que personne n'accompagne les lycéens sur Parcoursup, et il y a une forme d'hypocrisie de la part des adultes qui disent : 'Ah bah ce n'est pas moi, c'est Parcoursup.' Non, quand un lycéen demande des formations qui ne correspondent pas à son niveau ou à son profil, il faut qu'il y ait quelqu'un qui lui dise pourquoi il risque de ne pas avoir de succès et qui accompagne ses orientations. Et là, on a loupé quelque chose. »

Réforme de Parcoursup : "Les régions ont un rôle à jouer"

Réformer Parcoursup, ça veut dire aussi être plus transparent, plus honnête vis-à-vis d'un certain nombre d'étudiants et dire : certaines filières ne sont pas faites pour vous. Est-ce qu'il faut tenir ce langage ?

« Il faut avoir un langage de vérité, c'est-à-dire dire : cette filière est une filière qui, compte tenu des notes que vous avez, risque de vous mener à l'échec. Quand on voit qu'un quart des étudiants en première année abandonnent leurs études, en tout cas leurs filières, on voit bien qu'il y a des erreurs d'aiguillage. Et puis c'est partir beaucoup plus en arrière. 

Il y a un nombre de métiers qui sont accessibles aux étudiants et qui sont méconnus de ces étudiants, qui sont des métiers qui payent bien. Moi, j'étais ministre de l'Industrie pendant 4 ans, qui peinaient à recruter des compétences. Il faut essayer d'être beaucoup plus dans l'accompagnement.

Ce n'est pas qu'une compétence du gouvernement, c'est aussi la compétence des régions, et les régions ont un rôle à jouer. Il faut aussi que chacun soit au rendez-vous de ses compétences. Mais à la limite, ce qui est essentiel aujourd'hui, c'est que dès la 5e ou la 4e, on parle des métiers, pas pour dire tout de suite 'vous devez décider', mais pour dire 'voilà le panel de tout ce que vous pouvez faire, choisissez et essayez de vous engager dans ce qui vous parle le plus'. »

Rythme scolaire : "Démarrer à 9h est une bonne mesure"

Autre point dont on parle beaucoup : les rythmes scolaires. Démarrer à 9h et non à 8h comme l'avait testé Gabriel Attal à Créteil, pourquoi ça n'a pas été suivi d'effets ?

« Parce que Gabriel Attal a quitté le gouvernement à la suite de la dissolution. Je crois que tout le monde est au courant que depuis cette dissolution, c'est très très difficile, et en particulier pour les idées que nous portons. Oui, c'est une bonne idée de commencer à 9h puisqu'on sait que les adolescents d'abord ne dorment pas assez, que ça a des conséquences dramatiques sur la qualité de leur apprentissage. 

Alors, ça va aussi avec la pénétration des écrans, des réseaux sociaux, etc. sur lesquels ils restent très longtemps, et c'est vraiment un appel aux parents à essayer d'encadrer ça, mais démarrer à 9h, c'est une bonne mesure pour l'apprentissage des adolescents. »

"Un enfant ne doit pas perdre la main dans un mouvement lycéen"

Démarrer à 9h, revoir les rythmes scolaires, ça sous-entendrait aussi raccourcir par exemple les vacances. Est-ce qu'il faut en arriver là ?

« C'est en tout cas un sujet qui doit être pris du point de vue de l'élève et de l'étudiant. On a longtemps pris ce sujet du point de vue de l'organisation des adultes, des conséquences touristiques, des conséquences économiques. Il y avait eu une convention citoyenne sur ces sujets-là d'ailleurs sur laquelle s'était appuyé Gabriel Attal à l'époque. Des choses avaient été faites et c'est très dommage qu'elles aient été arrêtées dans l'élan. 

Mais je le redis, il s'est passé un événement majeur qui s'appelle la dissolution. Ce ne sont pas les mêmes qui ont repris le bâton et ils n'étaient probablement pas convaincus par cette politique. Moi j'en prends acte aujourd'hui. Cette question des rythmes scolaires doit être abordée, mais il ne faut pas la faire de manière descendante en disant 'on va imposer tel rythme scolaire'. Ça suppose d'avoir une vraie concertation avec les parents, avec les professeurs et avec les premiers concernés, les lycéens et les collégiens. »

Est-ce qu'il y a un problème de maintien de l'ordre en France ? Vous êtes députée du Pas-de-Calais, pas très loin de Lens d'où est originaire le jeune homme gravement blessé lors des manifestations.

« Moi, je suis une mère de famille, j'ai quatre enfants. Je suis dévastée par ce qui s'est passé, quelles que soient les circonstances : est-ce qu'il a ramassé la grenade de désencerclement, est-ce qu'il ne l'a pas ramassée ? À la limite, ce qui est affreux et ce qu'il faut reconnaître, c'est qu'un enfant ne doit pas perdre la main dans un mouvement lycéen. C'est insupportable. »

"Qui a augmenté les professeurs ? C'est Gabriel Attal"

Lors d'un débat sur LCI, une étudiante du RN a reproché à Gabriel Attal la chute du niveau PISA, la hausse de la violence et la suppression de milliers de postes de professeurs. Que lui répondez-vous ?

« C'est inexact. Il y a beaucoup moins d'élèves par classe qu'il y en avait avant parce qu'il y a un effondrement de la démographie : il y a moins d'élèves pour un nombre de professeurs qui est certes en baisse, mais en baisse très légère.

Le deuxième élément c’est que les profs non remplacés, ce n'est souvent pas pour des raisons de budget, c'est parce qu'il y a des professeurs qu'on n'arrive pas à recruter. Lorsque vous regardez la situation de la Seine-Saint-Denis, qui est probablement la situation la plus aiguë en la matière, les professeurs qui arrivent en Seine-Saint-Denis sont souvent des professeurs débutants qui ont peu d'expérience, qui se trouvent face à des classes surchargées, et qui, dès qu'ils ont leurs points d'ancienneté, partent pour se rapprocher de leur région d'origine. 

Vous avez un turnover très élevé et vous n'arrivez pas à recruter. Les professeurs préfèrent enseigner au centre de Paris qu'en Seine-Saint-Denis parce qu'on sait que c'est plus difficile. Cela appelle une politique où on essaie de valoriser les professeurs qui sont prêts à prendre ce défi, qui ont plus de bouteille, et probablement qu'il faut mieux les payer. La question n'est pas toujours celle des moyens, c'est la question de l'attractivité de la profession. Et quel est le ministre qui a augmenté les professeurs ? C'est Gabriel Attal, et ce n'est pas l'épaisseur du trait : 500 €. »

"On ne gagne pas face au RN et à LFI en disant juste 'halte aux extrêmes'"

Vous êtes coresponsable du programme avec Gabriel Attal. Son appel à une grande coalition de Glucksmann à Retailleau fait flop. Pourquoi maintenir cette ligne ?

« Gabriel Attal fait le constat que si on veut que les Français se reconnaissent dans un candidat pro-européen, qui porte les valeurs de progrès, les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme et la compétitivité, ça ne peut pas s'arrêter à la droite et au bloc central. 

Si on veut gagner demain face au Rassemblement national, il faudra être capable de réunir des électeurs qui viennent de la droite modérée jusqu'à la gauche responsable. C'est une évidence. Ceux qui pensent qu'ils vont gagner avec des propositions d'une droite un peu élargie, ça ne fonctionnera pas, les gens ne se reconnaîtront pas. On ne gagne pas face au RN et à LFI en disant juste 'halte aux extrêmes'. Il faut un vrai projet incarné. »

"Nous, on a pas peur de la primaire"

Faut-il une primaire dans le bloc central pour désigner le candidat ? Et jusqu'où doit aller le rassemblement ?

« En tout cas, nous on n'a pas peur de la primaire. À un moment, il faut que les candidats se regroupent sur un projet fort. Quand on avance, au contraire de l'extrême droite et de l'extrême gauche, qu'il ne faut pas détricoter l'Europe et qu'au contraire il faut la renforcer avec les États-Unis d'Europe, on porte un vrai projet. J'ai toujours dit qu'on partage des choses fondamentales de Xavier Bertrand grosso modo jusqu'à Raphaël Glucksmann. On est pro-européens, mais pour une Europe plus exigeante et plus protectrice. 

Quant à Bruno Retailleau, il est un peu curieux parce qu'il reprend les propositions du Rassemblement national : quand il attaque les juges, la Constitution, les ONG ou l'Europe, on n'est pas dans ce que nous portons. Autant il y a des électeurs de droite qui peuvent se reconnaître dans une Europe puissance et la compétitivité, mais nous ne nous allierons pas avec des gens qui disent le contraire de nous. Les Français ne seront pas dupes d'une alliance de circonstances. »

"Je suis consciente des efforts déployés par Sébastien Lecornu"

Mais vous continuez de porter l'héritage du macronisme...

« J'aimerais qu'on arrête avec ce mot de macronisme. Si une chose est sûre pour la prochaine élection présidentielle, c'est que le président Macron ne se représentera pas. C'est un mot-valise. Aujourd'hui, la coalition au pouvoir est essentiellement conduite par Les Républicains, et je ne me reconnais pas dans cette coalition. J'ai des points de désaccord majeurs avec le gouvernement.

Je reconnais tout le travail fait lors du premier quinquennat : création de 2,5 millions d'emplois, réindustrialisation, attractivité pour les investissements étrangers. Mais depuis 2024, ce n'est plus le macronisme. Les politiques menées ne correspondent pas à nos engagements : on ne parle plus de planification écologique, et la réindustrialisation s’est un peu effacée. Il y a eu une vraie rupture en 2024. 

Vous savez, je suis beaucoup sur le terrain, et je suis sur un terrain de ruralité, dans le Pas-de-Calais, où vous avez 10 députés RN sur 12, donc je connais un peu tout ça, et j'habite, j'habite Lens, donc j'habite dans un territoire qui n'est pas le plus privilégié de France, donc j'entends tout ça. Mais moi, je le redis, j'ai démissionné du gouvernement. J'ai fait le choix de quitter ce gouvernement, parce que je ne m'y reconnaissais pas.  

Je sais combien c'est difficile aujourd'hui de gouverner. Je suis consciente des efforts déployés par Sébastien Lecornu pour tenir les deux bouts, et c'est extrêmement difficile, et on l'aidera parce qu'on aime notre pays. Donc aujourd'hui, on n'est pas là pour mettre des bâtons dans les roues du gouvernement, mais on a le droit d'avoir un peu de distance critique. »

Programme du RN : "C'est un budget de Pieds nickelés"

Le RN propose de baisser la contribution nette de la France à l'Union européenne de presque 10 milliards d'euros. Pourquoi jugez-vous cela irréalisable ?

« Parce que la manière dont le formule le Rassemblement national, c'est qu'il veut les bénéfices de l'Union européenne sans payer le prix de l'adhésion, et ça n'existe nulle part ! L'Union européenne vous apporte 9 milliards d'euros de Politique Agricole Commune pour nos agriculteurs, et le marché unique apporte près de 140 milliards d'euros à la France.

Regardez ce qui s'est passé avec le Brexit. Ça a couté des dizaines de milliards d’euros. C'est comme si vous alliez voir votre assureur qui vous demande 100 € et que vous lui dites : 'Non, moi je vais payer 10 €.' Il va vous répondre : 'Changez d'assureur !' 

On a renégocié contrairement à ce qu'on dit, nous on a obtenu des baisses de notre contribution à certains moments. On est allé discuter avec l'Union Européenne, évidemment. On n'est pas idiot, je veux dire, il n'y a pas un pays qui aimerait payer plus que ce qu'il ne doit. Mais aujourd'hui ce que propose le Rassemblement National, c'est de dire à son assureur, pour reprendre cette image, tu veux me faire payer 100 ? Non, moi je vais payer 10. Ça, ça ne tient pas la route : c'est un budget de Pieds Nickelés. Toutes les économies sont gonflées et toutes les dépenses sont sous-estimées. Ce n'est pas sérieux. »

Prisca Thévenot surnommée "la Pakie" : "C'est du racisme de bas étage"

Que pensez-vous des moqueries d’Emmanuel Macron sur la campagne de Gabriel Attal et, notamment, du surnom « la Pakie » qu’il aurait donné à Prisca Thevenot, ancienne porte-parole du gouvernement ?

« D'abord, ce terme est absolument abominable. C'est du racisme de bas étage. Deuxièmement, il a été très clairement dit par l'Élysée à Prisca que jamais ce terme n'a été employé par le président de la République, ni quiconque d'ailleurs à l'Élysée. Et troisièmement, ça fait partie de ces infox que L'Infiltré met dans l'atmosphère pour bordelliser la discussion. Personne n'est dupe. Ce racisme qui est décomplexé et qui est en train d'envahir la sphère publique est inacceptable. Ce n'est pas la France, ce n'est pas les droits de l'homme et ce n'est certainement pas ce que nous portons. »

On sait que les relations sont assez tendues désormais entre l'ancien Premier ministre et le président de la République. Est-ce qu'il y a des moqueries du côté du président aujourd'hui ? Emmanuel Macron est-il rancunier ?

« Je pense qu'aujourd'hui, objectivement, on a une guerre qui est aux portes de l'Europe. En Ukraine, on a des Ukrainiens qui tiennent la ligne de front vis-à-vis de la Russie et qui font la guerre pour nous, je dirais, parce que c'est un peu comme ça qu'il faut le regarder. Moi, je préfère que ce soit les Ukrainiens qui tiennent la ligne de front que des Européens. Deuxièmement, vous avez une crise majeure d'approvisionnement de pétrole et de gaz dans le monde. Troisièmement, vous avez un président américain qui a créé des problèmes économiques. »

"Macron ne prononcerait un mot comme ça. Ça n'a pas de sens"

La dissolution a contribué à quasiment flinguer l'économie française, c'est Gabriel Attal qui l'a dit. Il est assez dur. C'est pour ça que je vous demande s'il est rancunier ou pas, Emmanuel Macron.

« Je pense que la dissolution, il y a un avant et un après dissolution, et il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas le dire. Ce qui flingue aujourd'hui l'économie française, c'est quand même la situation du gaz et du pétrole au Moyen-Orient, la guerre en Iran qui n'a pas été déclenchée par l'Europe, qui a été déclenchée par Monsieur Trump, et on voit bien les difficultés de remettre le dentifrice dans le tube, et ce sont les décisions en matière de droits de douane de Monsieur Trump. 

Donc à un moment, il faut se dire une chose : Gabriel Attal et Emmanuel Macron ont autre chose à faire et ces petites polémiques sont terribles parce qu'elles nous détournent de l'essentiel. Ça fait 20 ans que je connais Emmanuel Macron, ce n'est pas son langage. Jamais il ne prononcerait un mot comme ça. Ça n'a pas de sens. »

"Bardella a été pris la main dans le sac de propos antisémites"

Et il n'y a pas de moquerie de la part du président de la République ? Vous en êtes certaine ?

« Il y a deux choses. Il y a tenir des propos racistes, et là L'Infiltré se fait plaisir parce qu'il utilise son langage et il le met dans la bouche du bloc central. Ce qui est une façon aussi de décomplexer ce racisme et de justifier ce que fait le Rassemblement national. Je rappelle que Monsieur Bardella a été pris la main dans le sac de propos antisémites qui sont caractérisés.»

Il les conteste.

« Il les conteste certainement, mais enfin manifestement il a du mal à contester les preuves. Et deuxièmement, il y a le fait que dans tout collectif, il peut y avoir des plaisanteries les uns sur les autres. Enfin, ça c'est un grand classique. Je pense qu'on ne découvre pas la lune. »

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