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FC Nantes et Girondins de Bordeaux rachetés : la fin du cauchemar pour ces deux clubs historiques... ou pas ?

DECRYPTAGE SUD RADIO - Avec l’arrivée de nouveaux propriétaires, le FC Nantes et les Girondins de Bordeaux s’apprêtent à tourner une page majeure de leur histoire.

Après des années de déclin, le FC Nantes et les Girondins de Bordeaux peuvent enfin entrevoir l'espoir de voir leurs destins s’écrire loin des turbulences qui ont marqué leur histoire récente. Ce mercredi, en l’espace de quelques heures, ces deux clubs, qui ont fait les belles heures du football français, ont tous deux vu leur avenir prendre un nouveau tournant.

À Nantes, la famille Kita aurait trouvé un accord pour céder le club à Phenix Sports Invest, mettant fin à une ère longue de 19 ans. À Bordeaux, Gérard Lopez a accepté de vendre les Girondins pour un euro symbolique à Park Bench, un fonds d’investissement anglais qui doit désormais accompagner la reconstruction d’un club tombé jusqu’en Régional 1.

Bordeaux, Nantes... deux destins croisés

Nantes et Bordeaux ont longtemps incarné une certaine idée du football français, marquée par une histoire faite de titres, de grandes épopées européennes et de joueurs emblématiques. Mais récemment, ce sont surtout deux institutions qui ont progressivement vu leur situation se dégrader au fil des années.

Si les deux clubs connaissent simultanément un déclin, le parallèle est toutefois à nuancer. Si Nantes cherche avant tout à retrouver rapidement l’élite du football français, après être descendu en Ligue 2 au gré de plusieurs années consécutives à sauver de justesse leur place dans l'élite, Bordeaux doit reconstruire les fondations d’un club qui a perdu son statut professionnel et plusieurs divisions en quelques années.

Les Girondins sont tout bonnement tombés dans les abysses du football français. Relégués administrativement jusqu’en Régional 1 et privés de statut professionnel, les Girondins ont frôlé la disparition avant de voir leur avenir se débloquer avec l’arrivée de Park Bench.

Nantes : le pari de la relance rapide

À Nantes, Phenix Sports Invest récupère une institution encore solidement installée dans le paysage du football français, mais fragilisée par sa relégation en Ligue 2 et par plusieurs années de difficultés sportives. La structure d’investissement se présente comme un véhicule réunissant des entrepreneurs et des experts du sport avec l’ambition d’investir dans des projets sportifs et d’y créer de la valeur sur le long terme.

Le montant évoqué se chiffre autour de 125 millions d’euros bonus compris, illustre bien la volonté des nouveaux propriétaires de miser sur la capacité des Canaris à retrouver rapidement une valeur correspondant davantage à son statut historique.

Le pari est donc celui d’une relance, afin de réinstaller rapidement le club en Ligue 1, restaurer son attractivité et exploiter davantage son potentiel économique et sportif. Mais cette stratégie suppose d’importants investissements et, surtout, une remontée rapide dans l’élite, alors que les revenus d’un club de Ligue 2 sont nettement inférieurs à ceux d’un pensionnaire de Ligue 1.

Bordeaux, un travail de long terme à mener

À Bordeaux, la logique est presque inverse. Park Bench, un collectif privé d'investisseurs actifs dans le sport, ne fait pas l’acquisition d’un actif sportif immédiatement valorisable, le fonds reprend pour un euro symbolique un club, dont la situation financière est particulièrement lourde à assumer. La priorité n’est donc pas, dans un premier temps, de maximiser la valeur du club, mais de reconstruire progressivement ce qui a été perdu sous l'impulsion de Gérard Lopez, arrivé pourtant en sauveur en 2021.

La priorité sera d'axer la nouvelle stratégie autour d'une structure financière viable, une organisation solide, une crédibilité auprès des différents acteurs du football français et, à terme, une remontée dans la hiérarchie sportive.

La (presque) gratuité de la cession ne doit ainsi pas être interprétée comme le coût réel de l’opération. Derrière cet euro symbolique se trouvent des engagements financiers importants et plusieurs années de reconstruction avant même d’espérer retrouver le niveau professionnel.

Chez les supporters, des réactions contrastées

L'autre point commun qui relie indéniablement les deux clubs, c'est la ferveur de leurs supporters. Du côté de la Beaujoire, à Nantes, le groupe d'ultras la "Brigade Loire" est resté l'un des plus actifs et spectaculaires ces dernières années, malgré l'absence de projet et de résultats. Que dire des supporters bordelais, qui, en National 2 la saison dernière, étaient en moyenne plus de 11 700 à garnir les tribunes du Matmut Atlantic.

Pourtant, ce qui pourrait s'apparenter à la fin d'un cauchemar pour les supporters suscite en réalité des réactions assez nuancées. Si à Nantes, le départ de la famille Kita suscite évidemment de l’espoir, les supporters préfèrent attendre avant de se réjouir. Tous gardent en tête les rachats récents de plusieurs clubs français, par des propriétaires qui ont chacun promis des projets ambitieux avant de traverser, quelques années plus tard, de graves difficultés financières ou sportives. En premier lieu, on pense précisément aux Girondins de Bordeaux, mais aussi à Valenciennes, Lens et bien entendu au cas de l'Olympique lyonnais avec John Textor.

Justement, du côté des supporters bordelais, impossible d'oublier l'arrivée triomphante de Gérard Lopez cinq ans plus tôt. L'homme d'affaires avait alors été présenté comme celui capable de relancer les Girondins, avant que le club ne connaisse une dégradation sportive et financière qui l'a finalement conduit à perdre son statut professionnel et à évoluer aujourd'hui en Régional 1. Difficile donc d'être pleinement enthousiaste avec l'arrivée de ce fonds d'investissement privé encore assez méconnu.

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