Onze ans après, les Bleus emmenés par leur nouvelle génération se sont qualifiés vendredi pour une nouvelle finale de l'Euro de volley, après leur victoire 3-1 (25-17, 18-25, 25-18, 25-15) face à Finlande.
A Milan, face à ceux qui les avaient fait tomber à la surprise générale en phase de groupes du Mondial-2025 - mais privés dès l'échauffement de leur passeur Fedor Ivanov, blessé - c'est assurément plus qu'une revanche que les Français sont allés chercher.
Il s'agit avant tout d'un ticket vers une histoire à écrire, 11 ans après le premier et seul titre tricolore dans un Euro, celui de Laurent Tillie, Benjamin Toniutti ou encore Earvin Ngapeth.
Samedi, face à l'immense Pologne, Antoine Brizard, Théo Faure, Trévor Clévenot et surtout une ribambelle de talents à l’instar de Mathis Henno ou Simon Magnin tenteront d’aller garnir un peu plus un palmarès brillant également de ses deux titres olympiques de rang (2021, 2024).
"C'est beau, a lâché Magnin en zone mixte. Cela montre tout le chemin parcouru depuis le début de l'été".
"Personne n'y aurait cru au 18 mai quand on a repris, ajoute Brizard. C'est un challenge qui m'anime, je voulais voir une équipe prendre forme, que certains joueurs se mettent sur les rails de la performance, de l'exigence, etc. Cela prend, et c'est beau à voir".
Et il a fallu se battre, contre l'intenable Finlande, tombeuse un tour plus tôt de l'Italie et qui les a surtout fait douter dans le deuxième set.
Les Bleus avaient bien commencé. Passée la première tempête, symbolisée par la rage de vaincre de Joonas Jokela, ils avaient ensuite pris les devants grâce à notamment deux blocs out trouvés par Théo Faure, alors lancé à grande vitesse.
A l'image de ses coéquipiers, le pointu tricolore s’est légèrement éteint dans la deuxième manche. Les Français ont commis bien plus de fautes, bousculés par des Finlandais très bons à la réception et à la très solide défense.
L'entraîneur Andrea Giani avec Stephen Boyer ravis du succès des Bleus sur la Finlande en demi-finale de l'Euro au Forum di Assago, en Italie, le 25 septembre 2026
Marco BERTORELLO - AFP
Sèchement battus, les coéquipiers d'Antoine Brizard sont revenus avec davantage de niaque, perçue notamment sur le visage de Faure, toujours lui (20 points, 2 aces). Rapidement, les Bleus ont pris le large, obligeant Olli Kunnari à poser rapidement deux temps morts, le second à 12-5.
- Un nouveau groupe à sacrer -
Les hommes d'Andrea Giani ont alors enfoncé le clou, comme l'a montré cet énorme point conclu par Faure, mais sur lequel Mathis Henno (21 pts) a réalisé une superbe défense en allant chercher le ballon tout au fond du terrain. Les deux hommes, qui réalisent jusqu'ici un énorme Euro, ont encore été un facteur clé de la réussite tricolore.
Alors que la Finlande avait été habituée durant la compétition à voir ses rencontres se décider au tie-break, comme en huitièmes et en quart de finale, l'équipe de France en a décidé autrement, en bouclant la rencontre après un dernier set maîtrisé.
"L'objectif était de créer un nouveau projet et je pense que cela se ressent car on est hyper unis sur le terrain et en dehors", a salué Trévor Clévenot.
Désormais, le pari est en passe d'être réussi pour Andrea Giani qui, dès le début de l’été, se sachant privé de nombreux cadres (Ngapeth, Jean Patry, Barthélémy Chinenyeze, Nicolas Le Goff, Yacine Louati, Jennia Grebennikov, Kevin Tillie, Quentin Jouffroy) avait souhaité pouvoir construire pour l’avenir, en regardant Milan bien sûr, mais en imaginant déjà Los Angeles en 2028.
L'entraîneur Andrea Giani avec Stephen Boyer ravis du succès des Bleus sur la Finlande en demi-finale de l'Euro au Forum di Assago, en Italie, le 25 septembre 2026
Marco BERTORELLO - AFP
"Je suis fier, avait-il déjà dit avant la qualification vendredi. Quand tu effectues un grand changement comme celui-ci, tu repars de zéro. L'équipe qui est là, on dit qu'elle est championne olympique mais ce n'est pas vrai, il y a neuf joueurs en moins".
Il reste moins de 24 heures désormais pour préparer une finale contre la Pologne, favorite et au rendez-vous après avoir remporté contre la Slovénie sa troisième victoire 3-0 en phase à élimination directe.
Et s'il manque de nombreux champions olympiques, les Bleus seraient bien inspirés de réaliser le même exploit qu'en 2024 à Paris. Pour aller chercher une nouvelle médaille d'or. Et sacrer un nouveau groupe.
AFP / Milan (Italie) (AFP) / © 2026 AFP