Punis par une première période catastrophique, les Bleus ont été battus par l'Espagne lundi à l'Euro de handball à Herning (36-32), et voient leurs chances de qualification pour le dernier carré final s'amoindrir.
Encore maîtres de leur destin avant la rencontre, les champions d'Europe en titre seront désormais tributaires des résultats de l'Allemagne et du Danemark, opposés plus tard dans la soirée (20h30).
"Une situation merdique", a résumé le sélectionneur Guillaume Gille, "on est dans un moment de flottement car aujourd'hui on est peut-être déjà dehors". En effet, une victoire allemande viendrait sacrément compliquer les affaires françaises, qui devraient espérer - en plus d'un succès face à l'Allemagne - une défaite danoise contre la Norvège.
L'Espagne, de son côté, se présentait face aux Bleus d'ores et déjà éliminés de la chasse aux demi-finales. Mais dès le match débuté, ce sont bien les hommes de Jordi Ribera qui ont pris le jeu à leur compte.
Deux jours après avoir construit en une mi-temps leur succès spectaculaire face au Portugal, les Bleus sont apparus méconnaissables, aussi friables défensivement, qu'incapables d'imposer leur rythme en attaque, dans un premier acte qui leur a été fatal, avec six buts de retard à la pause (20-14).
"Un peu comme l'an dernier face aux Croates, on perd la bataille tactiquement", a regretté le demi-centre Aymeric Minne, ramenant au souvenir du fiasco en première période de la demi-finale du dernier Mondial.
Le piège espagnol était pourtant annoncé, "on est tombés dedans avec les deux pieds et la tête", a pesté Dika Mem, "ce n'est pas normal de jouer comme on l'a fait".
- "Cette défaite, on l'a cherchée" -
Ian Barrufet (10/11) a fait la loi devant, quand la défense imposée par les Espagnols a rendu les champions d'Europe en titre presque muets, limités à 14 buts à la pause, quand ces derniers tournaient à 40,2 buts par rencontre jusqu'ici.
"On s'est empêtrés dans leur défense, un mix entre une 1-5 et une 3-3, admet Gille, mais c'est vraiment le jeu complet qui en première période n'a pas été au niveau attendu. Il n'y a pas un domaine plus qu'un autre".
Le gardien espagnol Sergey Hernandez, auteur d'une belle performance pour battre la France à l'Euro de hand, à Herning (Danemark), le 26 janvier 2026
Bo Amstrup - Ritzau Scanpix/AFP
De plus, deux arrêts coup sur coup de Sergey Hernandez (6/18 à la pause) ont propulsé un peu plus les Espagnols sur un nuage, et mis la tête des Bleus sous l'eau.
Dos au mur, ils ont bien tenté de sonner la révolte, au point même de revenir à un but d'écart grâce notamment à la bonne entrée de Rémi Desbonnet (9/25).
Mais les parades du Montpelliérain ont à peine caché lundi soir le gros manque d'efficacité des Français, venus se casser les dents sur Sergey Hernandez et consorts quand ils avaient la possibilité de renverser la vapeur.
Alors que les quelque 10.000 spectateurs danois ont applaudi, ravis, la performance de l'Espagne, les Bleus sont ressortis le visage fermé. Et leur rêve peut-être en train de leur échapper.
"On n'a pas saisi la possibilité de relancer la machine (après le Portugal, NDLR), regrette le capitaine Ludovic Fabregas. Cette défaite, on la mérite aussi, on l'a cherchée".
Par Laurie VEYRIER / Herning (Danemark) (AFP) / © 2026 AFP