single.php

Cyclisme : une première pour Philipsen à Sanremo

Le Belge Jasper Philipsen est devenu samedi le premier sprinteur depuis huit ans à remporter Milan-Sanremo au nez et à la barbe de Mathieu van der Poel et Tadej Pogacar qui se console avec un premier podium dans la Primavera.

Marco BERTORELLO - AFP

Le Belge Jasper Philipsen est devenu samedi le premier sprinteur depuis huit ans à remporter Milan-Sanremo au nez et à la barbe de Mathieu van der Poel et Tadej Pogacar qui se console avec un premier podium dans la Primavera.

Dans un sprint en petit comité, le coureur d'Alpecin a devancé l'Australien Michael Matthews et Pogacar pour succéder à son coéquipier Van der Poel, 10e cette année, au palmarès de l'une des cinq classiques les plus prestigieuses du calendrier.

"J'ai toujours rêvé de gagner un Monument et Milan-Sanremo et sans doute celui où j'avais le plus de chances d'y arriver. Je suis tellement fier", a savouré le Belge, déjà deuxième de Paris-Roubaix derrière Van der Poel l'an dernier.

Depuis Arnaud Démare en 2016, aucun pur sprinteur ne s'était imposé via Roma où ce sont les attaquants-puncheurs qui se sont illustrés ces dernières années.

Mais Philipsen est non seulement le meilleur sprinteur du monde depuis deux ans, lui qui a survolé les étapes de plaine du dernier Tour de France. Il est aussi l'un des seuls de sa caste à suivre aussi bien dans les bosses, comme c'était le cas dans le Poggio samedi.

- "Merci Mathieu" -

Pogacar a attaqué à deux reprises dans ce tremplin mythique, dont le sommet est situé à 5,5 km du but et qui offre un des moments les plus excitants de la saison, après six heures d'ennui, une ode au temps long, à contempler une échappée publicitaire truffée d'Italiens et condamnée à l'avance.

Mais le Slovène n'a pas réussi à décrocher les autres favoris, comme Van der Poel, Mads Pedersen, Tom Pidcock, Matej Mohoric mais aussi Julian Alaphilippe, épatant neuvième sur la ligne malgré une crevaison dans le dernier kilomètre.

Philipsen aussi a réussi à s'accrocher et c'est en toute logique qu'il a levé les bras via Roma pour signer la 23e victoire belge dans la Primavera.

Jasper Philipsen (droite) remporte Milan-Sanremo devant Michael Matthews le 16 mars 2024

Jasper Philipsen (droite) remporte Milan-Sanremo devant Michael Matthews le 16 mars 2024

Marco BERTORELLO - AFP

"Ce matin, je sentais que ça pouvait être ma journée. J'ai réussi à m'accrocher dans le Poggio et Mathieu m'a énormément aidé ensuite. Je lui dois une fière chandelle. Merci Mathieu", a salué le Flamand.

Van der Poel, malgré la déception de ne pas avoir accroché un cinquième Monument, était ravi pour son coéquipier qui confirme qu'il est un parfait plan B.

"Jasper m'a dit dès le Poggio qu'il était vraiment bien et il l'a prouvé. Je savais qu'il avait de bonnes chances, c'était à moi de faire en sorte qu'on ait un sprint. J'aurais bien aimé partir avec Tadej (Pogacar, au sommet du Poggio), mais l'avantage qu'on avait n'était pas assez grand et je n'avais plus trop les jambes non plus."

Pogacar et Van der Poel étaient les grandissimes favoris de cette 115e édition après avoir mis la main, à eux deux, sur huit des douze derniers Monuments.

- L'équation reste entière pour Pogacar -

La déception au final vaut surtout pour Pogacar qui, après ses succès sur Liège-Bastogne-Liège, le Tour des Flandres et le Tour de Lombardie, visait une première victoire à Sanremo pour s'approcher d'un objectif suprême: gagner les cinq Monuments, un exploit seulement réussi par trois coureurs, que des Belges, dans l'histoire du cyclisme.

Il s'est consolé en montant pour la première fois sur le podium à Sanremo, entouré de Philipsen et de Matthews, deux de ses meilleurs potes dans le peloton. Mais l'équation reste entière pour le Slovène: comment gagner une course dont les deux dernières ascensions, la Cipressa et le Poggio, ne sont pas assez sélectives pour lui permettre de faire une vraie différence ?

Marco BERTORELLO - AFP

Surtout lorsque son équipe UAE manque comme samedi à la fois de cartouches et d'organisation dans le final. "Il nous a manqué peut-être 10% dans Cipressa et le Poggio. J'avais des jambes incroyables mais on n'a pas réussi à durcir suffisamment la course", a-t-il regretté.

Le peloton, poussé par un léger vent dans le dos sur la côte ligure, a battu un nouveau record de vitesse sur la Primavera, avalant les 288 bornes à un effarant 46,2 km/h de moyenne. Mais pour Pogacar, "la course n'était pas assez difficile cette année pour les grimpeurs" comme lui.

"J'ai tout fait pour accrocher le podium. C'était difficile de faire mieux aujourd'hui, a conclu le Slovène qui doit enchaîner dès lundi avec le Tour de Catalogne pour préparer son prochain gros objectif, le Tour d'Italie.

Par Jacques KLOPP / San Remo (Italie) (AFP) / © 2024 AFP

L'info en continu
00H
23H
22H
21H
20H
19H
18H
17H
Revenir
au direct

À Suivre
/