Yves de Kerdrel: Le "next 40", des entreprises technologiques chouchoutées par l'Etat

Editorial économique

Yves de Kerdrel - Sud Radio

Le gouvernement doit annoncer ce mercredi la liste des 40 entreprises technologiques les plus prometteuses qui seront réunies dans le "Next 40". Quel est le but de cette initiative ?

Après un forum consacré hier à la French Tech, le gouvernement doit donner aujourd’hui cette liste de 40 entreprises de high tech. Elles seront donc réunies au sein d’un club qui s’appellera le Next 40, mais qui ne sera pas un indice, car il y aura beaucoup d’entreprises non cotées. Alors vous allez me demander à quoi ça sert ? Le but c’est simplement de donner plus de visibilité à ces entreprises en France et à l’étranger. Et la visibilité, c’est important pour qu’elles attirent des capitaux ou des talents de manière à grossir aussi vite que possible. Ces entreprises seront également chouchoutées par l’Etat qui va concevoir pour elles un programme d’accompagnement spécial. Ce sera donc intéressant de voir quelles seront les entreprises choisies, dans la mesure où on a déjà en France 7 licornes, des entreprises de + 1 Md euros. On y trouvera sans doute Doctolib, Blablacar, Meero, une entreprise d’intelligence artificielle ou Deezer que connaissent les amateurs de musique

Pourquoi cet intérêt soudain du Chef de l’Etat pour la high-tech ?

En fait Emmanuel Macron a toujours été passionné par la high-tech. C’est la raison pour laquelle il voulait faire de la France une start-up nation. Et depuis deux ans, c’est vrai que les start-up éclosent en France à la vitesse grand V. Mais le Chef de l’Etat veut qu’elles grandissent plus vite et donc qu’elles puissent lever des fonds plus facilement. C’est ce qui l’a amené à mobiliser une vingtaine d’investisseurs à hauteur de plusieurs milliards d’euros. L'objectif c'est d'avoir une dizaine de fonds de la taille d'environ un milliard d'euros à l'horizon 2022. Car l'Elysée a un objectif : 20 entreprises françaises de high-tech qui valent chacune 1 Md€ d'ici 2025 alors qu’on en compte sept aujourd’hui. C’est un objectif ambitieux. Mais n’oublions pas qu’au premier semestre, près de 400 start-up ont réussi à collecter au total près de 3 milliards d’euros. Le principal défi du gouvernement est plutôt de défendre aussi nos vieilles usines qui font vivre les territoires et des milliers de français.