Wally Bordas : même pas d'accord, les députés LREM "votent les lois parce qu'ils ont signé pour Macron"

Wally Bordas, journaliste au Figaro, co-auteur avec Nejma Brahim de "Tout ça pour ça : enquête au cœur de l’Assemblée nationale. Ils voulaient tout changer, ils ont échoué" (éditions Plon), était l’invité d’André Bercoff, lundi 1er mars, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Wally Bordas invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Élus dans la foulée des élections présidentielles, les 308 députés de la République en Marche se promettaient de bouleverser les pratiques politiques et de donner un second souffle. Près de quatre ans après leur entrée dans le Palais Bourbon, ils déchantent finalement et tirent un bilan plus contrasté.

 

"Ils sont arrivés à l'Assemblée en voulant tout changer"

Des nouveaux élus arrivés en masse, au printemps 2017, "plein d'espoir, d'envie et de bonnes volontés", qui quatre ans après se disent "tout ça pour ça". C'est le malaise dans les rangs de la majorité présidentielle qui siège à l'Assemblée nationale. "Ils ont été déçus, désenchantés", confie Wally Bordas qui en a rencontré une soixantaine dans le cadre de son enquête.

"Il y a eu un désenchantement, une désillusion réelle de ces élus qui finalement ne s'étaient pas beaucoup frottés au terrain", souligne-t-il. Beaucoup de ces députés étaient issus de la société civile et n'avaient eux-mêmes "pas d'expérience militante". "Ils sont arrivés à l'Assemblée en voulant tout changer et se sont aperçus que les rouages de la politique n'étaient pas ceux qu'ils pensaient réellement", rapporte l'auteur.

 

L'apprentissage était "assez rude"

Finalement, il ne suffisait pas "d'appuyer sur un bouton pour que les choses aillent mieux dans le pays", ce n'est pas si facile, ajoute Wally Bordas. Avec 308 députés pour La République en Marche, "ils se sont aperçus qu'ils n'avaient pas vraiment de voix et de pouvoir eux-mêmes, étant si nombreux", note le journaliste qui fait part de l'apprentissage "assez rude" des rouages de l'hémicycle.

Des godillots ? Des Playmobils ? Les termes "un peu méchants" n'ont pas manqué dès les premiers mois de mandat. "Au début, ils s'en sont offusqués, puis finalement, eux-mêmes admettent que parfois, sur certains sujets où ils ne sont pas d'accord avec la loi, ils les votent parce qu'ils ont signé pour Emmanuel Macron et son programme", confie Wally Bordas. Il ne faut pas oublier qu'ils "ont été élus grâce à lui", souligne l'auteur qui pointe ce paradoxe : "les députés sont élus dans le sillage du président, sont représentatifs du vote à la présidentielle et donc vont voter les textes proposés par le gouvernement".

 

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

 

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !