Violences et manifestations : "les policiers sont laissés en électrons libres"

Faouzi Lellouche, Gilet Jaune de la première heure, dirigeant associatif dans un quartier prioritaire à Sevran (Seine-Saint-Denis) était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 20 janvier. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

De nouvelles violences policières durant les manifestations. AFP

La violence est encore montée d’un cran ce week-end… Un nouvel exemple de violences policières contre le mouvement des Gilets Jaunes a aussi eu lieu ce samedi à Paris.

 

La rue, dernier endroit pour s'exprimer

Pourquoi cette forme de radicalisation ? "Il faut faire attention avec les mots qu’on emploie, estime Faouzi Lellouche, Gilet Jaune de la première heure. C’est un terme négatif. Je pense qu’il y a toujours ces revendications qui n’ont jamais reçu de réponse, ce manque de considération, à l’égard de ce qui est demandé comme des personnes. On voit aujourd’hui que les décisions du gouvernement ne prennent pas du tout en compte l’avis des citoyens. De nombreux citoyens n’ont pas été entendus pendant des années. La rue restait le dernier endroit pour s’exprimer".

"Avec le cumul de ces mois, estime le Gilet Jaune historique, là, on a le sentiment que les policiers sont laissés en électrons libres, qu’ils ont des consignes. On ne respecte plus ni les personnes, ni l’humain. Quand on voit, dans les manifestations, les policiers charger comme des taureaux, sous prétexte que parfois ils ont repéré un groupe de personnes, par exemple habillés en noir… Ils vous chargent et ne regardent pas ce qu’il y a devant. N’importe qui se fait blesser, bousculer, se retrouve piétiné par terre, quel que soit son âge, pacifique ou pas".

Des actions symboliques pour être entendu

Cela explique-t-il le choix d’avoir recours à des actions plus violentes de la part de certains ? La détestation à l’égard d’Emmanuel Macron semble avoir monté d’un cran. "Non, c’est plus de la détermination. Au théâtre, il y a 20, 25 personnes. À un moment, il faut faire des actions symboliques pour être vu ou entendu. Ils tapaient dans leurs mains, je n’ai vu personne de violent. Ils ont peut-être écarté les portes, mais c’est tout. Pour moi, des actes violents, allez dans les manifestations, et vous allez en voir. C’est autre chose".

"Le Président a dit 'si avez besoin d’explications, venez me chercher', rappelle également Faouzi Lellouche. Quand ils ne sont plus entendus et que les décisions sont prises à l’encontre des besoins des Français, les gens ont voulu montrer leur présence, le bloquer, manifester leur mécontentement, mais n’ont pas voulu le lyncher. Ces personnes sont arrogantes, elles sont protégées derrière la police. Mais à un moment, il faut aussi assumer quand vous vous retrouvez devant les personnes. Il faut aussi entendre ce que les gens ont à dire".

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