Variants du Covid-19 : "Aujourd’hui, c’est le Brésil ; demain, ce seront d’autres pays"

Les vaccins chinois sont-ils moins efficaces que les autres ? Que penser du variant brésilien ? Jean-François Saluzzo, virologue, consultant en virologie et en développement de vaccins auprès de l'OMS, était l’invité de Patrick Roger le 13 novembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Le vaccin chinois n'a pas été conçu comme les vaccins AstraZeneca ou Pifzer. (Joel Saget - AFP/Archives)

"Les Chinois ont utilisé une technique conventionnelle"

Comment prendre les déclarations récentes soulignant l’efficacité très relative du vaccin chinois ? "Il faut savoir ce qu’est ce vaccin, précise Jean-François Saluzzo, virologue, consultant en virologie et en développement de vaccins auprès de l'OMS. Les Chinois ont utilisé une technique tout-à-fait conventionnelle : on cultive le virus, on mélange avec des agents chimiques, et on l’inactive. Le problème, avec ce genre de vaccin, est qu’il est très difficile d’en préparer de grandes quantités."

"Les Chinois ont certainement des quantités insuffisantes, ou le dosage est mauvais, estime-t-il. C’est ce qui est arrivé avec Sanofi et Pasteur. Ils n’ont pas mis assez de protéines, le vaccin ne marchait pas. Les Chinois ont dû faire pareil de façon à privilégier la quantité. Résultat : le vaccin ne marche pas bien, alors qu’intrinsèquement, il aurait dû bien marcher."

 

 

"Les variants vont-ils franchir la barrière des vaccins ?"

Y aurait-il eu un souci d’adaptation aux variants du virus ? "Je ne pense pas ; théoriquement, c’est plus protecteur. Je pense que c’est un problème de dosage." Du coup, que vont-ils faire ? "Il peuvent faire ce que fait Sanofi, et en produire beaucoup moins." L’immunité des personnes vaccinées sera-t-elle relativement faible ? "Ils sont peut-être protégés contre la forme sévère de la maladie, mais c’est un échec de vaccination pour beaucoup de personnes", juge le consultant en virologie et en développement de vaccins auprès de l'OMS.

Faut-il s’inquiéter du variant brésilien, perçu comme une usine à variants pour l’ensemble de la planète ? "Aujourd’hui, c’est le Brésil ; demain, ce seront d’autres pays. Il faut s’inquiéter en permanence de ce qui se passe dans le monde, dans beaucoup de pays, il n’y a pas de campagne de vaccination. Au Brésil, les populations jeunes sont largement touchées, sans aucun geste barrière. Dans la mesure où l’Europe pense être isolée et protégée, il y aura certainement des variants qui s’adaptent de mieux en mieux à la transmission interhumaine. Vont-ils franchir la barrière des vaccins, c’est une autre question. Il faut faire aux aéroports des tests rapides à l’arrivée. Un test PCR à 72 heures n’est pas significatif, et il faut que les quarantaines soient respectées."

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