Vaccins ouverts aux plus de 55 ans : "On a besoin de vacciner massivement pour être tranquille à la rentrée"

Vaccins ouverts aux plus de 55 ans, allongement du délai entre deux injections : le point sur l’état du calendrier vaccinal avec Jean Sibilia, doyen de la faculté de médecine de Strasbourg et rhumatologue. Il était l’invité de Patrick Roger le 12 avril dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Que change l'ouverture de la vaccination à tous en cas de doses disponibles ? (Johan Nilsson - TT News Agency/AFP)

"Le risque est très très faible"

Où en est-on en termes de variants en France ? "C’est le variant le plus contagieux, le variant anglais, qui prend la place, explique Jean Sibilia, doyen de la faculté de médecine de Strasbourg et rhumatologue. Nous en sommes à quatre ou cinq variants d’importance. Ce virus n’a donc pas une capacité infinie à se varier. On peut vraiment avoir l’espoir de sortir de cette crise à l’automne, en tout cas pendant l’année."

Le fait d’ouvrir la vaccination à d’autres classes d’âge peut-il contribuer à redonner confiance ? "C’est un élément de confiance, il faut rassurer tout le monde, juge-t-il. Cela montre d’abord que les agences européennes qui ont continué à analyser les vaccins pensent qu’il y a un bon rapport bénéfice-risque. Il faut peut-être réexpliquer en permanence que le risque est très très faible. Les plus de 55 ans, c’est une vaccination d’une tranche d’âge importante. On a besoin de vacciner massivement pour que l’on soit tranquille à la rentrée, c’est fondamental." N’y a-t-il pas d’incident avec les vaccins à ARN ? "Il y en a avec tous les vaccins, et avec tous les médicaments. Le simple fait de prendre une aspirine quand vous avez mal à la tête, vous expose à un risque cent fois supérieur à celui d’un vaccin. Mais les risques de thrombose, de coagulation dans les vaisseaux, très rare, que l’on a vu avec AstraZeneca, on ne l’a pas vu dans les vaccins ARN."

"Avoir plus de temps et vacciner plus de monde"

Que faut-il penser du vaccin Johnson&Johnson, qui ne suppose a priori qu’une seule dose ? "Je pense que la dose de rappel peut toujours se discuter. C’est un avantage : faisons la première dose, et l’on verra s’il faut faire la dose de rappel ou pas." En effet, dans le cas des autres vaccins, il faut injecter une seconde dose et le délai a été allongé de quatre à six semaines. "Il faut rappeler que le niveau de protection après la première dose est déjà très élevé. La différence est faible. Quinze jours après la première dose, on est protégé à 80%. On l’est à 90% après la deuxième dose."

"Nous avons tous été vaccinés, contre la polio, le tétanos… On sait qu’il faut des rappels. La notion de deuxième dose est assez logique, estime Jean Sibilia. Finalement, ne vous tracassez pas : que la deuxième dose soit à 28 jours ou à 45 jours, c’est un détail. Cela n’a aucune autre importance que de pouvoir avoir plus de temps et vacciner plus de monde. C’est un détail immunologique." Quid des autotests ? "Tout ce qui permet de se détecter, de se mettre à l’abri et de protéger les autres est une bonne chose. On sait que les Français font attention. Pourquoi ne pas leur donner la possibilité de se tester ? Faisons confiance aux gens."

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