Tout savoir sur le ToBRFV, le virus tueur de tomates

Philippe Reignault, Directeur du laboratoire de santé des végétaux et directeur de la santé végétale à l’ANSES, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 19 Février. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

ALAIN JOCARD - AFP/Archives

Le ministère de l’Agriculture vient de confirmer la contamination de tomates dans une serre du Finistère. Faut-il avoir peur du ToBRFV, le virus tueur de tomates ?

 

Un virus qui se transmet très facilement

"Il faut être extrêmement vigilant, estime Philippe Reignault, directeur du laboratoire de santé des végétaux et directeur de la santé végétale à l’ANSES. Il est préoccupant à plus d’un titre. Il peut se transmettre très facilement, par les semences, par les plants. Il peut aussi être transmis par le fruit, le légume qui serait infecté. Un contact suffit, d’une plante malade vers une plante saine, avec des outils de jardinage, de maraîchage. Même des vêtements ou des mains peuvent permettre la transmission de la maladie."

Ce virus s’attaque aux tomates, mais aussi aux poivrons et aux piments… "Les symptômes sont assez variés et concernent une grande partie de la plante, les feuilles, les fruits…", souligne Philippe Reignault. La tomate peut être de taille moins importante. Sa maturité est aussi atteinte avec des tâches vertes, rouges et une surface un petit peu rugueuse. On obtient un fruit tout-à-fait inconsommable."

 

La seule solution : l'éradication

Ce virus présente-t-il un danger pour l’homme ? "Non, il faut être clair, il n’y a absolument aucun danger. Ces virus sont des phytovirus, qui se transmettent uniquement à la tomate, au poivron et au piment. Il n’existe aucun risque de transmission à l’homme." Comment venir à bout de ce virus ? "Nous avons un premier foyer en France. C’est l’autre aspect de la dangerosité : aujourd’hui, il n’existe aucun traitement efficace, ni d’outil de biocontrôle, et aucune variété de tomate résistante contre cette maladie. Le seul moyen de lutte est l’éradication : dès que la confirmation de l’infection est faite, il faut impérativement arracher les plantes et les détruire."

Si le virus se propage rapidement, peut-on avoir des craintes pour la production française de tomates ? "C’est un virus émergent ; avant 2014, il n’était pas connu. Dès qu’un foyer est identifié, il faut absolument le détruire pour éviter toute propagation. Les Pays-Bas, la Grèce, l’Allemagne, le Royaume-Uni sont concernés. C’est une course permanente entre la recherche, les acteurs de la santé des plantes et la nature pour envisager un moyen de lutte efficace et de nouvelles espèces résistantes. C’est en années que ces choses là se conçoivent."

 

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