single.php

Tags "mains rouges" au Mémorial de la Shoah à Paris: une information judiciaire ouverte

La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a annoncé lundi sur franceinfo avoir "ouvert une information judiciaire vendredi" pour poursuivre les investigations sur les "Mains rouges" taguées sur le Mémorial de la Shoah à Paris.

Antonin UTZ - AFP/Archives

La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a annoncé lundi sur franceinfo avoir "ouvert une information judiciaire vendredi" pour poursuivre les investigations sur les "Mains rouges" taguées sur le Mémorial de la Shoah à Paris.

Les enquêteurs, qui travaillent désormais sous l'égide d'un juge d'instruction, creusent la piste de trois suspects en fuite à l'étranger.

L'information judiciaire a été ouverte pour "dégradation du bien d'autrui commise en réunion" avec la circonstance aggravante que "les faits ont été commis en raison de l'appartenance vraie ou supposée à une ethnie, race ou religion", ce qui fait encourir sept ans d'emprisonnement, précise le parquet.

Elle a aussi été ouverte pour association de malfaiteurs, infraction passible de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Interrogée sur la piste d'une éventuelle ingérence étrangère, Mme Beccuau a déclaré ne pas pouvoir "confirmer" cette hypothèse.

"Nous avons des pistes sur les auteurs", a déclaré la procureure, mais "je ne souhaite pas le dire tout de suite et je ne me sens pas en capacité" à ce stade "d'adopter ce terme" d'ingérence étrangère.

Dans la nuit du 13 au 14 mai, 35 tags représentant des mains rouges ont été peints sur le Mur des Justes, à l'extérieur du Mémorial, où sont apposées des plaques portant les noms des 3.900 hommes et femmes qui ont contribué à sauver des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.

Après cet acte de vandalisme, une enquête a été ouverte pour dégradations volontaires sur un bien classé et en raison de l'appartenance à une nation, ethnie, race ou religion.

La vidéosurveillance a permis aux policiers de repérer trois suspects et de "retracer (leur) cheminement" jusqu'à un hôtel de l'est de Paris, "puis leur départ vers la gare routière" et "leur départ pour la Belgique", avait indiqué mercredi le parquet.

"Les investigations ont également établi que les réservations avaient été effectuées depuis la Bulgarie", avait ajouté le parquet, sans s'avancer sur la nationalité des intéressés.

Les tags ont suscité une vive indignation, dans la communauté juive et jusqu'au sommet de l'Etat.

Ils ont aussi engendré des messages qui critiquaient le président de la République, Emmanuel Macron, sur le réseau social X, relayés dans la foulée par des comptes aux allures de "bots" (comptes automatiques créés à la chaîne relayant du contenu sur les réseaux sociaux), une méthode que l'on retrouve dans des campagnes de désinformation et/ou d'ingérence étrangère.

En octobre, la découverte d'étoiles de David taguées sur des immeubles en région parisienne avait fait craindre une contagion du conflit israélo-palestinien.

Mais l'affaire, pour laquelle un couple de Moldaves a été interpellé, a finalement été imputée par les autorités françaises aux services de sécurité russes (FSB).

AFP / Paris (AFP) / © 2024 AFP

L'info en continu
22H
21H
20H
19H
18H
17H
16H
14H
13H
11H
10H
Revenir
au direct

À Suivre
/