Suppression des postes à Airbus - Les employés "sous le choc" et inquiets pour leur avenir

La nouvelle est tombée comme un couperet : le plus gros constructeur aéronautique dans le monde mettra à la porte 15 000 personnes dont 5 000 en France. Et ce, malgré des aides conséquentes de l'État, à hauteur de 15 milliards d'euros. Du côté de Toulouse, les syndicats apportent tout leur soutien aux employés et promettent une "bataille qui sera longue".

Les employés du siège social d'Airbus à Blagnac ne seront pas les seuls à être touchés. ,Les sous-traitants vont pâtir des suppressions de postes, à l'image de Dericherbourg. (Photo Rémy Gabalda / AFP)

Un reportage en Occitanie de Christine Bouillot pour Sud Radio.

 

Après avoir versé plus de 15 milliards d'euros dans son plan de soutien à l'aéronautique, Bercy juge «  excessif «  le plan de suppression de 15 000 emplois chez Airbus. L’annonce a été faite hier lors d’un comité central d'entreprise européen qui se tenait à Blagnac.

Force est de rappeler que l’avionneur européen est touché de plein fouet par l’arrêt du trafic aérien. Airbus annonce avoir reçu 40 % de commandes en moins dans les trois prochaines années. Dans ce vaste plan de restructuration, 5000 postes sont concernés en France, 5100 en Allemagne, 1700 au Royaume-Uni, 900 en Espagne et 1300 dans le reste du monde, soit environ 11% des effectifs totaux du groupe. Sans fléchir, la direction annonce que ces suppressions devraient intervenir d'ici à l'été 2021.

À la sortie, les syndicats sont sous le choc, car c’est toute une filière qui est d'ores et déjà fragilisée. Francoise Vallin, délégué CFECGC d’Airbus, parle de "chiffres qui ont été un choc". Et de poursuivre :

"14 931 postes supprimés, 4952 en France. Il faut savoir que dans cette filière, au mois de mars encore, on recrutait, on cherchait des compétences qu'on avait du mal à trouver. Trois mois après, ils suppriment près de 15 000 postes. les dispositifs ne nous rassurent pas donc je pense qu'on va avoir une grosse bataille. Le combat aura lieu dans toutes les filières ! Des groupes comme Derichebourg avaient lancé des alertes. Les mesures prises par Airbus auront des conséquences lourdes aussi pour les autres entreprises".

 

L'activité partielle comme compromis ?

Une bataille pour éviter tout licenciement sec, c'est aussi le combat mené par Force Ouvrière, syndicat majoritaire chez l'avionneur. Dominique Delbouis, coordinateur FO, était présent lors de cette réunion. Il décrit le scénario envisagé et qui pourrait satisfaire les deux parties.

"L'activité partielle de longue durée, pour laquelle notre fédération démarrera une négociation d'ici une semaine. On compte énormément sur ce dispositif d'activité partielle pour traverser cette crise que l'on sait tous conjoncturelle."

Demain, les détails du plan de restructuration seront donnés site par site par la direction d'Airbus.