Suicides chez les policiers : "Nous n'avons de cesse d'alerter le ministère"

Daniel Chomette, secrétaire général délégué d'Unité SGP-Police ©LUDOVIC MARIN - AFP
Daniel Chomette, secrétaire général délégué d'Unité SGP-Police ©LUDOVIC MARIN - AFP

Daniel Chomette, secrétaire général délégué d'Unité SGP-Police, était l'invité du Grand Journal de 18h sur Sud Radio.

62 policiers et gendarmes se sont donnés la mort depuis le début de l'année. Un chiffre en pleine explosion qui traduit un important mal-être dans la profession. Invité du Grand Journal de 18h sur Sud Radio, au micro de Véronique Jacquier, Daniel Chomette, secrétaire général délégué d'Unité SGP-Police, explique que le mal-être et les mauvaises conditions de travail sont un sujet récurrent depuis de nombreux mois.

"Nous sommes particulièrement vigilants, pour ne pas dire interpellés, au niveau de notre organisation syndicale, a-t-il reconnu. Nous n'avons de cesse d'attirer l'attention du ministère sur les burnouts, les collègues qui ne vont pas bien au quotidien, qui sont confrontés au stress, à la misère, à la violence, au sang, à la mort. C'est le métier. C'est beaucoup plus difficile pour ces fonctionnaires de gérer ce genre de choses. Il convient que nos employeurs puissent mettre en place tout un tas d'actions pour prévenir ce genre de choses."

En cause, notamment, les réductions d'effectif qui ont frappé les forces de l'ordre, comme beaucoup de corps de fonctionnaires, depuis une dizaine d'années: "Il y a des choses qui ont été très mal faites. La réduction des effectifs dans la fonction publique a contribué à ce qu'un travail effectué par quatre policiers précédemment soit fait désormais par deux policiers. On est en train de remonter la pente, mais on n'est pas au niveau en matière d'effectifs."

Les alertes lancées auprès des autorités, elles, n'ont pas toujours trouvé l'écho escompté, bien au contraire : "Le policier, après des interventions difficiles, a une nécessité absolue de se ressourcer en famille. Depuis plus d'un an, on est en train de combattre pour mettre en place des horaires permettant au policier d'être en famille, non pas un week-end sur six comme actuellement, mais un week-end sur deux. On est en capacité de le faire et on nous met des bâtons dans les roues à tous les niveaux. L'administration freine des quatre fers. Il y a d'un côté des propos rassurants du ministre et, de l'autre, tout un tas d'obstacles..."

Écoutez l'interview de Daniel Chomette, invité du Grand Journal de 18h au micro de Véronique Jacquier

 

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Pierre
- Mardi 14 novembre 2017 à 08:55
Ce gouvernement,comme les précédents,n'écoutent pas la population.
On sent,derrière cette attitude,un peu de condescendance.
Et un éloignement certain entre les élites politiques et le pays réel.
Les uns se déplacent de capitales en capitales et connaissent mieux les élites étrangères qu'ils ne connaissent leur propre pays et leurs concitoyens.
Le pays réel est ,lui,connu des politiques pour l'impôt.
Les emplois crées sont des emplois précaires .
Nos politiques ne s'attardent sur ces problèmes qu'avec une pince à linge sur le nez.
Si on parle du peuple ou si on s'adresse à lui,on fait du populisme.
Si on aime son pays,on est un dangereux nationaliste.
Les policiers,les professeurs sont au contact de toutes ces misères sociales et ne peuvent pas faire remonter la réalité du terrain,pour ne pas gâcher les statistiques officielles.
Les Français vont devoir arrêter de râler pour prendre réellement leur vie en main et ne pas se contenter des politiques interchangeables que ce système nous propose.

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