Serguei Jirnov : "Le KGB ne se permettait pas d'ingérer dans le processus démocratique d'élections"

Serguei Jirnov, ancien membre du KGB et SVR, et François Waroux, ex-membre du SDECE puis de la DGSE, auteurs de "KGB-DGSE, deux espions face à face" (éditions Mareuil), étaient les invités d’André Bercoff, vendredi 30 avril, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Serguei Jirnov invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Après la tribune des militaires dans Valeurs actuelles qui bravent leur devoir de réserve, ce sont des anciens agents du renseignement, du KGB et de la DGSE qui brisent l'omerta de "la grande muette".

 

"Le bras armé du Parti communiste"

Serguei Jirnov était à l'époque un agent du KGB, venu en mission à Paris. L'ancien espion compare les deux époques. "On vivait une guerre froide entre deux blocs, une époque idéologique", rappelle-t-il. Deux systèmes se faisaient en effet face à face, l'espionnage chez les soviétiques étant "le bras armé du Parti communiste". "On était sur le front, en première ligne, on avait même le statut de militaire", explique l'ancien agent.

En parallèle avec la tribune des militaires français qui a fait polémique, Serguei Jirnov est lui aussi, en théorie, soumis au droit de réserve. "Le ministère de la défense russe m'a justement promu colonel de réserve pour ne pas me permettre de parler", raconte-t-il. En vain, puisqu'il cosigne un livre qui "viole le secret d'État". De toute façon, l'ex-espion était déjà "considéré comme un traître après s'être exilé en France".

 

"Ça marche seulement par ce qui est volé sur la table"

Depuis la chute du Mur de Berlin et de l'empire soviétique, la Russie devait devenir "un État normal". S'il a bien adopté le système capitaliste ou démocratique comme en France, la constitution russe "ressemblant beaucoup à la constitution de la Ve République", le pays n'est finalement pas admis dans le bloc occidental et européen.

Le SVR, qui a remplacé le KGB, connaît une certaine évolution mais garde quelques points similaires à son prédécesseur, dont le président Poutine est issu. "Aujourd'hui, ça marche seulement par ce qui est volé sur la table de Macron, Biden, Trump ou des Chinois", explique Serguei Jirnov. Les moyens changent également, avec le développement d'internet et des réseaux sociaux, "on fait beaucoup de choses que le KGB ne se permettait pas, comme d'ingérer dans le processus démocratique d'élections", souligne l'ancien espion.

 

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