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Serge de Sampigny : "Il y a des éléments communs entre les fanatismes d'hier et d'aujourd'hui"

Par La Rédaction

Serge de Sampigny, reporter spécialisé dans l’étude de la Seconde guerre mondiale et auteur de "Dans la tête des SS", était l’invité d’André Bercoff, lundi 14 octobre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Serge de Sampigny invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Comment comprendre le nazisme ? Doit-on donner la parole aux soldats de la SS ? Serge de Sampigny a tenté de répondre à ces questions en partant à la rencontre de plusieurs dizaines d'anciens soldats de la SS qui ont combattu sous l'étendard de la croix gammée durant la Seconde guerre mondiale.

 

Une quarantaine d'anciens SS encore en vie en Europe

Alors que Serge de Sampigny faisait des recherches dans une source d'archives en Allemagne, il tombe sur des lettres de témoignages de soldats allemands en poste à Paris sous l'Occupation. C'est alors que l'archiviste lui parle d'un ancien soldat vivant à "une quinzaine kilomètres de là". "Je pensais bêtement qu'ils étaient tous morts ou en prison", confesse l'auteur. Alors, Serge de Sampigny le contacte. "On est tombé sur un grand-père qui avait une voix sympathique, très cordiale et avec un langage très parlé", rapporte-t-il. "Un péperre sans histoire" loin de l'imagerie du SS avec le couteau entre les dents. De quoi intriguer davantage le fondateur de la société Histodoc qui, avec une équipe d'enquêteur, a cherché dans le monde entier d'anciens soldats allemands. "On en a trouvé une quarantaine en Europe", dit-il avant d'en rencontrer une vingtaine pour une interview filmée.

Différents profils d'anciens soldats se distinguent. "Certains comme Alain se sont détournés du nazisme après la guerre et ont fait de multiples interventions devant les syndicats et les écoles". Dans le livre, ce SS raconte que dès 5 ans "il mangeait des bonbons avec la croix gammée, à 10 ans il était antisémite au dernier stade". Un vrai "lavage de cerveau", relate-t-il. D'autres n'ont rien renié de leur engagement de jeunesse. "On avait raison avant les autres", s’enorgueillissent-ils. Par peur des condamnations, Serge de Sampigny remarque que ces nostalgiques sont plus "prudents dans leur expression". 

Comprendre aujourd'hui par l'exemple d'hier

Faut-il leur donner la parole ? Serge de Sampigny note "qu'étant les perdants de l'histoire, ils n'ont plus le droit à la parole". "Mon idée n'est pas de donner la parole comme on donne la parole aux victimes. Je ne veux pas dire que la parole des uns équivaut à la parole des autres", dit-il. Pour l'historien, c'est "intéressant" d'entendre ce qu'ils disent. "Pour condamner le nazisme, tout le monde est d'accord, mais il s'agit de comprendre", rappelle l'auteur. Et pour comprendre, il y a différentes manières : "les livres universitaires ou une démarche journalistique pour aller voir les gens et ce qu'ils ont dans la tête". 

"Comparaison n'est pas raison", dit le célèbre adage. "Malgré tout, il y a des éléments communs entre les fanatismes d'hier et d'aujourd'hui". Et le reporter veut tenter de comprendre les fanatismes actuels (islamisme, terrorisme, néo-nazisme) par l'exemple d'hier. Et cette question le hante : "Comment ce petit bébé devient plus tard un criminel de masse ?". Il repère des éléments similaires : un sentiment d'humiliation, un gourou qui restitue la fierté et l'amour propre et le lavage de cerveau.

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

 

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

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