Sans abri par grand froid: "En cinq minutes, nos mains sont glacées !"

614 places supplémentaires d'hébergement d’urgence ont été ouvertes à Paris la semaine dernière, alors qu’une vague de froid s’est abattue sur la France. 40 lits sont mis à disposition au Carreau du Temple, lieu culturel et sportif: il est transformé en accueil de jour et de nuit pour les femmes et les enfants sans domicile. L’association Aurore et la ville de Paris assurent la distribution de repas chauds, un espace de repos et un accompagnement social et médical. Grace Leplat a rencontré Najat, une jeune sans abri.

Une maraude du CCAS à Strasbourg.(FREDERICK FLORIN / AFP)
Reportage Sud Radio de Grace Leplat

 

"Il fait froid... En cinq minutes, nos mains sont glacées !"

Nazat a 28 ans, elle est étudiante. Mais depuis janvier, elle ne peut plus payer son loyer: "j'ai essayé de contacter le 115 plusieurs fois. Ils sont saturés, donc j'ai dormi dans le couloir d'une association, dans une mosquée..." Des femmes comme elle, l’association Aurore en accueille une trentaine chaque nuit. Nicolas Hue est le responsable de l’association: "Les personnes appellent au 115, et le 115 les redirige vers nous sur la journée ou la nuit, et puis il y a aussi les équipes de maraude qui tournent en journée ou en soirée, et donc nous avons 40 places ici, et une trentaine d'utilisées à ce jour, les autres sont réservées au maraudes." A cause de la situation sanitaire, un tiers des lits ont été supprimées mais rien ne change pour l’association. En plus d’un toit, elle offre un véritable accompagnement aux sans abris: "les personnes qui arrivent sur le Carreau du Temple sont reçues par un travailleur social qui évalue un peu leur situation et travaille ensuite avec elles sur leur situation administrative, juridique ou sociale. L'idée est de pouvoir les réinsérer de manière positive." Selon les estimations à Paris, 3200 personnes vivaient dans la rue l’année dernière. Un chiffre qui pourrait être bien supérieur à cause de la crise sanitaire et économique.

 

"Au delà évidemment de mettre à l'abri les gens temporairement dans le plan grand froid pour la nuit, de les nourrir aussi, l'idée est d'utiliser cette petite période où les gens sont là pour démarrer un processus qui ne s'arrêtera pas après le plan grand froid, et qui vise à les sortir de la rue, en tout cas les accompagner  psychologiquement, socialement, médicalement, administrativement. C'est un énorme enjeu" - Ariel Weil, maire de Paris Centre qui regroupe les quatre premiers arrondissement de Paris: avec l’association Aurore, il a œuvré pour la mise à disposition de ce lieu d’accueil