Retour sur les violences des Gilets Jaunes contre les journalistes à Toulouse

Christine Bouillot, correspondante Sud Radio à Toulouse était "L’invitée de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 26 novembre animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Elle revient sur les agressions de journalistes qui ont marqué la manifestation des Gilets Jaunes à Toulouse le 24 novembre. 

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Une manifestation violente à Toulouse

Christine Bouillot, correspondante Sud Radio à Toulouse, raconte les violences essuyées par les journalistes de deux chaînes d'information continue lors de la manifestation des Gilets Jaunes, place du capitole, à Toulouse, le 24 novembre. " C'était une vraie chasse à l'homme. Lors de la manifestation, vers 15h30, les équipes de télévision ont d'abord été prises à partie par plusieurs dizaines de gilets jaunes, de tous âges, hommes et femmes. Ils criaient "journalistes collabos", "médias collabos", "BFM collabo". Sentant la tension monter, les journalistes se sont éloignés mais ont rapidement vu des hordes de Gilets Jaunes venir vers eux. Les journalistes de BFM ont dû partir en courant avant d'être protégés par des gardes du corps ; ceux de Cnews, ont reçu des coups de pied, jets de bouteilles et des crachats." Un Gilet Jaune a finalement réussi à calmer les autres pour protéger cette équipe. 

De son côté, la caméra de M6 a été empêchée de filmer cette scène de violence. Choqués, tous ont porté plainte. Étaient-ce des Gilets Jaunes ou des ultras venus, comme à Paris, casser et perturber ? "Des Gilets Jaunes ultras, très remontés. Depuis le début du mouvement on sent la haine des médias monter. Les Gilets Jaunes mettent tout sur le dos des journalistes. La défiance est grande, ils ne croient aucun média et les accusent de ne pas donner les vrais chiffres, de ne pas parler comme il faut du mouvement."

Comment traiter ce mouvement sur le terrain ?

Christine Bouillot explique qu'elle et ses collègues sentent un véritable fossé se creuser entre les médias, qui ne savent pas vraiment à qui ils ont affaire, et les manifestants. "Les caméras refoulées, les confrères bousculés, insultés, ça arrive souvent dans ces manifestations. Il y a un vrai malaise." Comment réagir alors quand on est journaliste ? Faut-il boycotter?  "C'est effectivement ce que certains journalistes de Toulouse ont choisi de faire en signe de solidarité avec leurs confrères. Ni images tournées, ni photos de la manifestation des Gilets Jaunes de Toulouse."

"Certains Gilets Jaunes ont apporté leur soutien, mais il fallait marquer le coup. Une réunion est prévue entre journalistes d'Aquitaine pour savoir quelles mesures prendre si jamais une autre manifestation était prévue samedi prochain. Mais en 2018, s'il faut des gardes du corps pour suivre une manifestation sur une place de la République française, c'est assez symptomatique de ce malaise grandissant. On peut ne pas être d'accord avec nous, dans ce cas-là il y a une seule chose à faire : tourner le bouton. Avec ces violences physiques et verbales, on a franchi un cap."

 

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