Restaurants, cafés, hôtels… Comment voient-ils la réouverture ?

Deux restaurateurs partagent leur vision du calendrier de déconfinement : regards croisés entre Paris et l’Occitanie. Hervé Montoyo, membre du conseil d’administration national de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière pour la branche Restauration, délégué à la région Occitanie et vice-président de l’UMIH 66 (Pyrénées-Orientales), et Marcel Benezet, président de la branche des cafés, bars, brasseries du GNI-Synhorcat, étaient les invités de Patrick Roger le 30 avril dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Des ours en peluche en lieux et place des clients, dans un restaurant fermé de la capitale. (Anne-Christine Poujoulat / AFP)

"La moitié des restaurants n'ont pas de terrasse"

Tout le monde pourra-t-il rouvrir son établissement le 19 mai prochain ? "Ce qui est important est qu’aujourd’hui, nous avons un chemin, des lumières qui s’allument, estime Marcel Benezet, président de la branche des cafés, bars, brasseries du GNI-Synhorcat. Le 19 mai, ce sont uniquement les terrasses. Tout le monde n’en a pas une. La moitié n’en a pas. Je recommande aux restaurateurs de ne pas charger les frigos : il suffit que nous ayons une météo désagréable, comme cela s’est passé l’année dernière."

À Paris, la question de la taxation des terrasses a-t-elle été réglée ? "Nous y travaillons depuis trois semaines, nous allons arriver à un consensus, sûrement pas accepté totalement par les riverains. Aujourd’hui, ils sont vent debout contre la mairie qui a donné le domaine public aux commerçants gratuitement. Les riverains veulent mettre un bonnet de nuit sur la capitale. Vous avez aujourd’hui quelques associations, qui représentent un millier de personnes, qui sont insupportables et veulent bloquer la capitale. Il faut que les gens revivent. Nous allons mettre des barrières de respect du voisinage, une charte." Quid d’un pass sanitaire pour avoir accès ? "Pour nos restaurants, cela a été abandonné, il n’y en aura pas besoin. Nous allons rouvrir avec le protocole en vigueur en octobre dernier."

 

 

"Un mur de dettes nous attend"

Et en Occitanie ? "Nous aussi, on voit enfin le bout du tunnel, on va enfin pouvoir rouvrir, estime Hervé Montoyo, membre du conseil d’administration national de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière pour la branche Restauration, délégué à la région Occitanie. C’est vrai que pour les terrasses, dans le Sud, on a davantage de jours de beau temps. Mais comment, combien de tables ? Dans nos établissements, un sur quatre a une terrasse. Ce ne sera au départ que le service du midi, qui ne représente que 25% du chiffre d’affaires. L’extension des terrasses ne peut pas se faire partout en termes de sécurité."

"Le fait d’avoir annoncé mi mai a déclenché une vague de réservations dans les hôtels. Les gens vont chercher le soleil, la plage, rappelle le vice-président de l’UMIH 66 (Pyrénées-Orientales) Ce qui est dommage est qu’on ne nous ait pas laissé ouvrir pour le week-end de l’Ascension. Nos hôtels seront pleins, et on va laisser nos clients manger sur le trottoir et prendre un café sur une poubelle. Les mesures de soutien nous inquiètent aussi : un mur de dettes nous attend, le PGE est une dette pour payer une dette."

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