Réforme des retraites : "il faut arrêter les demi vérités et les demi mensonges"

Joseph Thouvenel, secrétaire confédéral de la CFTC, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 2 janvier. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

La grève se poursuit en ce début de nouvelle année. AFP/Archives

Le président de la République l’a annoncé lors de ses vœux : la réforme des retraites va aller à son terme. "Le Président a fait là un exercice de style. Mais on ne sait pas à quel terme cela va aller !", juge pour sa part Joseph Thouvenel, secrétaire confédéral de la CFTC, sur l'antenne de Sud Radio.

 

Dire que personne ne va y perdre est un mensonge

Pour le responsable syndical, "du côté des syndicats comme des politiques, il y a des demi vérités et demi mensonges en permanence. Je ne comprends pas que, pour les retraites, on puisse nous dire 'ne vous inquiétez pas, on va réformer et personne ne va y perdre'. C’est un mensonge. On réforme parce qu’il y aura de plus en plus d’inactifs. Il faut le dire, il y aura des perdants. Quand le Président nous dit de laisser le Premier ministre négocier, tant mieux. Mais alors il faut avoir la capacité à dire la vérité. Les salariés du privé savent que leur retraite est calculée actuellement sur les 25 meilleures années. Quand on leur dit que ce sera sur 42 ans, mais qu’ils ne vont rien perdre, ils savent que c’est impossible".

Que réclame la CFDT, face au projet de réforme des retraites du gouvernement ? "Pour nous, l’essentiel n’est pas le point, mais que ce soit juste, que les retraites soit décentes en prenant en compte la pénibilité. Sur l’âge pivot, on nous dit que l’on ne touchera pas au départ à la retraite à 62 ans, mais que si vous partez à cet âge, vous toucherez moins. Qu’on nous dise 'la promesse que j’ai faite, je ne la tiens pas'. La mobilisation pour dire ce qui ne va pas, oui, le blocage, non, car il y a des centaines de milliers de Français, dont des personnes âgées, qui souffrent de cela. On n'est pas là pour faire souffrir le pays. Après, je n’oublie pas que ce gouvernement a été démocratiquement élu. Même si je ne suis pas d’accord avec ce qu’il fait, c’est le bulletin de vote qui doit parler, pas le blocage".

Revaloriser la valeur travail

Quel est le principal vœu de Joseph Thouvenel, secrétaire confédéral de la CFTC, en ce début de nouvelle année ? "Que l’on prenne en compte la valeur travail ! Si cela a une valeur, cela a aussi un prix, estime Joseph Thouvenel. "Est-ce que le salaire minimum permet de se loger, de se nourrir, de partir en vacances ? Je ne crois pas. Que l’on paie plus la valeur travail que la valeur finances. Revaloriser le travail passe par les bas salaires, pour vivre dignement". Pour le responsable syndical, cela passe aussi par la question des conditions de travail : "c’est aussi la dignité du travail. Il y a des infirmières qui souffrent car elles n’ont pas le temps de soigner leurs malades, d’apporter l’attention nécessaire aux personnes, à l’être humain. Revaloriser le travail, c’est aussi revaloriser ces tâches".

La question de l’harmonisation des règles au sein de l’Europe se pose également. "Tant que nous aurons une concurrence déloyale en matière fiscale, sociale et environnementale avec des partenaires commerciaux au sein même de l’Union européenne, on ne pourra pas s’en sortir. Une entreprise comme Renault n’est plus française, elle est aux Pays-Bas, pour des raisons fiscales. Une concurrence juste, revaloriser le travail, demande aux politiques un peu de courage, celui de la vérité".

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