Sûreté, sécurité: Xavier Piechaczyk compte axer ses premières priorités sur la lutte contre les violences dans les transports en Ile-de-France, en particulier les agressions sexuelles, a dit mercredi le futur PDG de la RATP devant les députés.
"Huit actes de violence par jour sur un réseau RER ou sur un réseau métro ce n'est pas satisfaisant", a jugé l'actuel président du directoire de RTE, le gestionnaire du réseau électrique à haute tension en France, dont la candidature à la RATP a été approuvée mercredi par le Parlement.
Tout en déclarant vouloir "poursuivre le travail développé par Jean Castex" sur le dialogue social et l'attractivité des métiers, M. Piechaczyk a souligné le besoin de renforcer "la sûreté des voyageurs" et des personnels.
"La parole s'est libérée, c'est très bien, mais il faut maintenant qu'on soit à la hauteur de cette parole, en formant les salariés d'abord, en écoutant mieux les victimes, en dissuadant, mais aussi en réprimant" a-t-il égrené. Il compte s'engager "personnellement" sur le sujet de la lutte contre les agressions sexuelles.
Pour cela M. Piechaczyk souhaite une meilleure "coordination opérationnelle" entre les diverses forces de sécurité appelées à intervenir dans les réseaux de transport: GPSR (Groupe de protection et de sécurité des réseaux), Police, sécurité privée... Les effectifs doivent être "mis aux bons endroits et au bon moment" à la fois "aux abords des transports et dans les transports", a-t-il dit.
- "Urgence" -
Il s'est déclaré aussi ouvert à l'innovation en matière d'intelligence artificielle pour "repérer des situations d'agression", à condition que "cela puisse être contrôlé dans des conditions strictement démocratiques".
Pour lui, le sentiment d'insécurité dans les transports doit être considéré "comme une urgence".
Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, aux chantiers navals des Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, le 2 mai 2024 en Loire-Atlantique
LOIC VENANCE - AFP/Archives
Il représente "une forme d'injustice vis à vis des plus modestes d'entre nous" et de ceux qui "travaillent en horaires décalés et n'ont pas d'autre choix que de prendre les transports en commun à 23 heures", a-t-il dit.
Interrogé sur l'installation de portes palières sur tous les quais afin d'empêcher les chutes de voyageurs sur les voies, il a admis qu'il n'y avait "pas de programme de systématisation de mise en place" de tels équipements sur les quais.
Néanmoins, ces installations sont prévues en parallèle des chantiers d'automatisation de certaines lignes, comme la 13, déjà budgété par Ile-de-France Mobilités (IDFM), et peut-être la 7 et la 8 plus tard, a-t-il laissé entendre.
Côté santé, il a signalé le programme de remplacement des freins de RER et de métro destiné à réduire les émissions de particules fines dans le métro, et estimé que la RATP devait "ventiler mieux" et avoir une "meilleure capacité de filtration de l'air". "C'est un sujet technique, c'est un sujet d'investissement" a-t-il répondu au député RN du Gard Pierre Meurin qui l'a interrogé à ce sujet.
Sur le plan social, le responsable a aussi annoncé qu'il comptait prendre à bras-le-corps les obligations sociales liées à l'ouverture à la concurrence de la RATP, ancienne régie en monopole, qui emploie 73.000 salariés dans le monde dont 40.000 en France.
"Le premier travail du PDG est d'être attentif aux conditions précises de transfert et de travail" des salariés qui seront amenés à être transférés vers d'autres opérateurs au fil des appels d'offres, a déclaré M. Piechaczyk.
"Quatre bascules de salariés sont prévues entre le 1er mars et le 1er novembre de cette année", a-t-il rappelé.
Enfin, sur le plan technique, le futur patron de la RATP dont la nomination doit encore être entérinée en conseil des ministres, s'est fait fort de sa connaissance technique des réseaux électriques pour élaborer "un plan de résilience global long terme" permettant aux infrastructures de transport franciliennes de faire face aux conséquences du réchauffement climatique, des inondations ou des canicules.
"Le plan de résilience global long terme n'est pas intégré au plan quinquennal d'investissement tel que vous le connaissez et tel qu'il a été rendu public, et il y a encore beaucoup de boulot à faire" à ce sujet, a-t-il dit.
Par Isabel MALSANG / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP