Quelles mesures pour lutter contre les violences à l'école ?

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Bientôt une présence policière dans les écoles ? AFP

Le gouvernement va présenter son plan de lutte ce mardi 30 octobre en Conseil des ministres, après la diffusion d'une vidéo montrant un élève menaçant une enseignante avec une arme factice. Plusieurs propositions sont déjà évoquées, comme le renforcement de la sécurité aux abords des établissements, la simplification des conseils de discipline ou encore la présence policière dans certains cas. Car la situation est devenue plus que préoccupante. Dans les lycées, les collèges et même les écoles. Mathilde Choin de Sud Radio a recueilli le témoignage d'Hélène (le prénom a été modifié). Alors qu'elle entame sa deuxième année comme institutrice, cette jeune femme se reconnaît totalement dans le mouvement "Pas de vagues".

"On a eu peur toute l'année, pour nous, mais surtout pour les autres enfants"

Tout juste diplômée l'année dernière, Hélène doit faire face à deux élèves turbulents. Un premier de 10 ans en école primaire, et un deuxième en maternelle, de seulement 5 ans. "C'est une violence inouïe. Un gamin qui faisait des crises énormes, qui pouvait retourner la classe ; il arrachait ce qu'il y avait aux murs. En récréation, il pouvait d'un coup vriller et sauter à la gorge d'un autre élève. Ça a été une année où on a eu peur toute l'année, pour nous, mais surtout pour les autres enfants" raconte-t-elle à Mathilde Choin de Sud Radio.

Malgré tous les appels de sa directrice à l'inspection, les réunions, une trentaine de rapports d'incidents, Hélène a l'impression de faire face à un mur : "Il n'y a pas de solutions qui sont proposées. On a une hiérarchie qui est complètement dépassée, qui ne sait pas quoi faire qui nous dit 'prenez votre mal en patience, de toutes façons vous ne les avez que pour un an et au pire, mettez-vous en arrêt'..." C'est ce qui arrive à la jeune enseignante, mise en arrêt pendant un mois par son médecin. Après de nombreux signalements, l'enfant, lui, finit par se voir prescrire des soins.

Un manque de formation à l'école pour gérer les enfants difficile

Aujourd'hui, ce que regrette surtout Hélène, c'est le manque de formation à l'école pour gérer ces enfants difficiles. "Un gamin de 5 ans qui dit qu'il va aller brûler l'école et qui est parti allumer le four dans la pièce d'à côté. Il s'est déjà enfui de l'école, il a fallu que je lui cours après dans la rue. On ne nous a jamais parlé de ça. Qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ? Est-ce qu'on doit le maintenir au sol ? Est-ce qu'on doit le laisser nous frapper ? On ne sait pas ce qu'on doit faire..."

De son côté, le gouvernement promet de proposer des mesures pour que ce genre de cas de figure soit de moins en moins étouffé.

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oloi
- Mardi 30 octobre 2018 à 14:13
On est victimes, on subit et nos chefs ne font rien et nous sanctionnent...
rené
- Samedi 3 novembre 2018 à 10:59
avec cette violence, l’enseignement présente des risques psychologiques qui sont de plus en plus fréquents et parfois très sérieux: mettre en place des plans efficaces de prévention pour anticiper ces risques : notamment la formation aux techniques de coping : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=486
Anaba
- Lundi 5 novembre 2018 à 09:38
Je félicite votre ouverture du thème Education Nationale avec le débat #pasdevagues.
Toutefois, je reste frustrée car je n'ai pu écouter qu'un seul débat, celui du 23-10 dernier.
Dans ce débat, les participants désignent le personnel administratif des établissements scolaires d'être le gros coupable de l'omerta. C'est que l'institution toute entière le permet et peut-être même, le favorise. Plus rare encore sur la scène médiatique, le thème de la responsabilité parentale. Ce thème sociétal extrême pour drainer tous les aspects de la politique et ceux d'une culture séculaire, n'est-il pas le noyau dur "sacralisé" et surtout sacrifié sur l'autel de la bien-pensance, celle que j'appelle "les grenouilles de bénitier" ?
L'omerta sur la famille, la parentalité, est la fabrique "des Orphelins de la République", ces petits qui portent les stigmates de l'abandon, portent avec "un déficit structurel anthropologique" ! Dans ce contexte, les 18-25 ans de ces Orphelins de la République, vont chercher les soins médicaux gratuits qu'offrent les Missions Locales.
60 % de ceux qui s'adrssent de ces jeunes patients, présentent des laisions anciennes (pas soignées par les parents), et surtout des pathologies psychotiques qui feront d'eux les patients des hôpitaux psychiatriques et/ou des prisons.
Ce que semble ignorer mes "grenouilles du bénitier" et avec, les médias, ce que les "orphelins" en question, sont eux-mêmes ces orphelins de la génération précédente.
Pourtant, le maillage des PMI permettrait de remarquer à un âge précoce du tout-petit, les carences en soins maternels dont les symptômes sont bien observables de l'extérieur.
Enfin, j'apporterai une remarque plus marginale sur ce débat, Les débatteurs se dédouanent de toute responsabilité dans cette situation institutionnelle, en cherchant les coupables dont ils ne seraient pas. Je ne leur jette pas la pierre, c'est juste une observation sur le climat général où le besoin de se protéger est une variable transversale dans notre société et dans les organisations privées et publiques.
Je vous prie de ne pas me tenir rigueur pour ce texte trop long et trop lourd ici.
Et j'ose espérer que quelqu'un de cette rubrique lira mon propos et me fera un retour sur sa compréhension.

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