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Proviseur menacé de mort: rassemblement et prise de parole des chefs d'établissement

Trois jours après l'annonce du départ du proviseur d'un lycée parisien menacé de mort après une altercation avec une élève pour qu'elle enlève son voile, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées vendredi matin devant la cité scolaire, avant une prise de parole des chefs d'établissements, "en première ligne".

Bertrand GUAY - AFP

Trois jours après l'annonce du départ du proviseur d'un lycée parisien menacé de mort après une altercation avec une élève pour qu'elle enlève son voile, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées vendredi matin devant la cité scolaire, avant une prise de parole des chefs d'établissements, "en première ligne".

Le rassemblement, peu avant l'ouverture du collège et lycée Ravel à 08H00, à l'appel du Parti socialiste, a réuni une cinquantaine de personnes, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Une quinzaine d'élus, en majorité PS (Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, Jérôme Guedj, député) mais aussi des Ecologistes EELV (David Belliard, adjoint à la mairie de Paris) ont répondu présent, sans prise de parole, avec une forte présence policière.

Quelques parents d'élèves avaient fait le déplacement. Frédéric, 44 ans, qui n'a pas voulu donner son nom de famille, a un fils en classe de 6e: depuis un mois, "les élèves étaient un peu agités", il y avait "beaucoup de rumeurs, de fake news", a dit ce fonctionnaire à l'AFP.

Après la démission du proviseur, apprise en début de semaine, "tous les parents ont commencé à avoir une culpabilité, on s'est demandé si on avait assez manifesté notre soutien", a-t-il ajouté.

"On n'arrive pas à mettre à l'abri les chefs d'établissements de ce type d'attaque, c'est un échec du dialogue autour de la laïcité", a déploré Martin Raffet, président de la FCPE Paris, une des deux grandes fédérations de parents d'élèves. "La loi doit être discutée, certains élèves ne la comprennent pas, il faut prendre le temps de leur expliquer et leur montrer qu'on ne stigmatise pas les religions".

Des élèves se rassemblent devant le lycée Maurice-Ravel à Paris le 29 mars 2024

Des élèves se rassemblent devant le lycée Maurice-Ravel à Paris le 29 mars 2024

Bertrand GUAY - AFP

Le principal syndicat des chefs d'établissements, le SNPDEN-Unsa, prendra la parole plus tard dans la matinée, pour la première fois depuis le début de l'affaire, lors d'une conférence de presse sur le thème des "atteintes à la laïcité". Les personnels de direction sont "en première ligne", rappelle-t-il dans l'invitation à la presse.

Le proviseur du lycée Ravel était la cible de menaces de mort sur les réseaux depuis l'altercation le 28 février avec une élève, scolarisée en BTS, à qui il avait demandé de retirer son voile.

Il a annoncé cette semaine quitter son poste, quelques mois avant sa retraite, "pour des raisons de sécurité" selon son établissement. Un départ anticipé qui a causé un vif émoi chez les enseignants et au sein de la classe politique.

Interrogée jeudi soir sur RTL, la ministre de l'Education Nicole Belloubet a indiqué que ce proviseur "n'est pas sous protection policière, mais il a un accès direct à la police et une protection judiciaire".

Pour le Sgen-CFDT de l'académie de Paris, syndicat enseignant, le départ du proviseur du lycée Ravel constitue "un échec collectif": "La répétition de ce type de scenario sur fond d'instrumentalisation du rapport aux croyances religieuses n'est pas acceptable et peut conduire à des tragédies. Nous ne le savons que trop à l'éducation nationale après l’assassinat de Samuel Paty".

AFP / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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