Professeur Jean-François Toussaint : "Nous sommes sur la phase descendante de la deuxième branche du M"

Le professeur Jean-François Toussaint, professeur de physiologie à l’Université de Paris et directeur de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport, était l’invité d’André Bercoff, mercredi 16 septembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Le professeur Jean-François Toussaint invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Connaît-on vraiment une seconde vague ? Le professeur Toussaint analyse les données de l'épidémie pour établir "l'interaction complète entre cette espèce virale et notre espèce humaine". Le spécialiste analyse en regardant les statistiques dans le monde, l'Europe et la France.

"Nous sommes sur la phase descendante"

Le professeur Toussaint analyse les chiffres par jour en moyenne hebdomadaire. Dans le monde, le pic a atteint 7.000 décès par jour en moyenne sur une semaine. "On est descendu puis on est remonté avec d'autres pays qui ont été atteints", note le spécialiste. Jusqu'à 6.000 décès par jour en moyenne hebdomadaire avant de redescendre à 5.000 début septembre. "Soit une diminution de 30%", souligne Jean-François Toussaint. "On voit une évolution en M, nous sommes sur la phase descendante de la deuxième branche du M", assure-t-il.

En Europe, la courbe semble suivre la même trajectoire. "Nous sommes depuis début juillet entre 200 et 250 décès par jour sans augmentation, alors que nous étions à 5.000 décès mi-avril", compare le professeur. "Il n'y a aucune réaugmentation significative par rapport à l'ensemble des données européennes", insiste le médecin qui se calque sur la mesure des excès de la mortalité grâce à un instrument qui montre "une seule vague, celle de mars-avril qui a augmenté à peu près 115.000 décès surnuméraires par rapport à 2019 et 2018 sur l'ensemble des pays européens".

Pas de deuxième vague en matière de mortalité

Le directeur de l'institut observe "une augmentation très lente du nombre de morts, notamment en Espagne, passant de 10 à 15 par jour, à 60 aujourd'hui". "Il n'y a pas de deuxième vague en matière de mortalité actuellement", affirme-t-il. Pour le professeur Toussaint, "si cette épidémie est en train de provoquer une phase secondaire, c'est la nature et la vitesse à laquelle est en train de se produire cette deuxième phase". Si le médecin reconnaît une augmentation des hospitalisations et des réanimations, il recommande de regarder "la démographie des patients" et la comparer. "Si ça reste la même, comme pour l'instant, il faut regarder la vitesse de propagation", conseille-t-il.

Or, la pente des cas positifs ne semble pas être si inquiétante que cela. "On voit une augmentation en Europe et en France de sujets positifs, je ne parle pas de malades, et cette pente est 15 fois plus faible qu'en mars", révèle le professeur qui souligne qu'il faut regarder le nombre de personnes qui vont être emportées par le virus. "Le nombre de décès ne réaugmente pas de manière significative alors qu'on nous le promet tous les quinze jours depuis le début du mois d'avril", regrette-t-il. En France, la réaugmentation que l'on perçoit "a une pente 300 fois inférieure à celle du tsunami du mois de mars sur la France", insiste le professeur Toussaint.

 

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