Pouvoirs étendus pour les polices municipales: "elles doivent avoir les mêmes prérogatives"

Le projet de loi "sécurité globale" sera débattu à partir de ce mardi à l’Assemblée nationale. Il vise notamment à étendre les pouvoirs des polices municipales, en permettant d’élargir le champ d’intervention des polices municipales de plus de 20 agents dans le cadre d’une expérimentation de trois ans. Concrètement, les policiers municipaux pourraient participer à la sécurisation de manifestations, mais aussi constater davantage d’infractions comme l’ivresse publique ou encore la conduite sans permis ou sans assurance… Des évolutions, mais pas de révolution pour les premiers concernés, qui réclament toujours un armement et des revalorisations salariales.

La police municipale à Plougastel-Daoulas. (Fred TANNEAU / AFP)
Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

 

Davantage de pouvoir pour la police municipale: une nécessité pour Arnaud Péricard, le maire de Saint-Germain-en-Laye qui compte 42 agents municipaux: "On va pouvoir être plus efficace sur le terrain. Si vous voulez œuvrer efficacement, un policier ça doit marcher sur ses deux jambes. Les polices municipales doivent avoir les mêmes prérogatives, il faut que la jambe droite soit égale à la jambe gauche!" Les policiers municipaux pourront élargir leur mission à des compétences de police judiciaire: constater et verbaliser les infractions qui ne nécessitent pas d’investigations: une avancée pour Cédric Michel, président du syndicat de défense des policiers municipaux:

"C'est l'accès direct à certains fichiers comme le FPR (fichier des personnes recherchées) ou le fichier des objets volés. Auparavant, il fallait passer par la police nationale pour avoir accès à ces fichiers.  Aujourd'hui nous aurons un accès direct. Lorsque des policiers municipaux contrôlent un véhicule, ils pourront savoir à l'instant T si la personne est recherchée et si la voiture est volée" - Cédric Michel, syndicat des policiers municipaux

 

Mais cette proposition de loi ne va pas assez loin selon Cédric Michel, pour qui la première revendication reste "d'armer tous les policiers municipaux qui sont les primo-intervenants sur la délinquance, l'insécurité et le risque terroriste". Le syndicat des policiers municipaux qui demande depuis plusieurs mois à rencontrer le ministre de l’Intérieur… Demande pour l’instant restée sans réponse.

 

Plus de reconnaissance: "des policiers municipaux retraités parfois au seuil de pauvreté"

"Il est absolument inadmissible que nous ayons des policiers municipaux en retraite qui soient obligés de pointer au service social de leur commune ou aux restos du cœur pour manger. Il faut savoir qu'un policier municipal en retraite part au même seuil que le niveau de pauvreté, c'est à dire entre 900 et 1000 euros par mois. Un agent, un policier qui a servi la nation tout au long de sa carrière, qui a risqué sa vie, qui a été confronté aux pires horreurs: il est absolument inadmissible qu'il puisse partir en retraite à 1000, parfois 900 euros par mois" - Cédric Michel est le président du syndicat de défense des policiers municipaux