Pourboires défiscalisés : "Ce sont les charges qu’il faut baisser"

Le pourboire défiscalisé, une fausse bonne idée ?  Cyril Buesa, président de la branche bars-restaurants de l’UMIH 11 (Aude), propriétaire du Rive gauche à Narbonne, était l’invité de Patrick Roger le 28 septembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10. 

Un serveur place de la Bastille à Paris. (Eric Piermont / AFP)

Pourboires défiscalisés : Un effet d’annonce en vue d’une campagne électorale

Est-ce une bonne idée de proposer de défiscaliser les pourboires sur les paiements par cartes de crédit ? "Sur le principe, c’est une bonne chose. Dans la réalité, cela ne se fait jamais, estime Cyril Buesa, président de la branche bars-restaurants de l’UMIH 11 (Aude). C’est un problème de parisien. Dans les grandes brasseries, on n'a pas de monnaie sur soi et l’on paie par carte bleue.  C’est un effet d’annonce en vue d’une campagne électorale."

"Dans les villes de province, sur tout le territoire national, les pourboires sont laissés par les clients, jamais sur les notes, rappelle le restaurateur. C’est un à-côté qui est laissé sur la table, de la monnaie ou éventuellement un billet si le serveur a été très bon, mais jamais par carte bleue, constate le propriétaire du Rive gauche, à Narbonne. Sur cent couverts, ce sont deux personnes qui vont payer avec la carte bleue. Mais comment cela-va-t-il marcher dans les comptes ? La question, pour nous employeurs, est comment déclarer cette recette que j’encaisse via la carte bleue. Comment la rendre aux salariés ? Sous forme de virement ? Comment le justifier à mon comptable ? C’est une usine à gaz. Pas question de payer de la TVA sur les pourboires, il faudra une défiscalisation totale."

 

Pourboires défiscalisés : 'Pour attirer, il faut pouvoir proposer de vrais salaires"

"Avec le déconfinement, les clients ont plutôt été généreux, constate le président de la branche bars-restaurants de l’UMIH 11. Les pourboires, il y en a, en remerciement d’un service qui a été de qualité. Cela prouve que le travail a été bien fait. Ce n’est pas ainsi qu’il faut faire pour redonner goût aux métiers de l’hôtellerie. Nous avons de gros soucis en recrutement. Il faudrait défiscaliser les charges plutôt que les pourboires pour inciter les gens à revenir, payer les salariés en salaires."

"Un salarié qui gagne 1.500 euros nets, il me coûte 2520 euros, souligne le patron du Rive gauche, à Narbonne. Ce sont ces 1.020 euros qui sont importants, pas les pourboires. Les salariés les ont, cela ne va rien changer pour eux. Ce n’est pas avec des miettes que l’on va faire revenir les gens, mais avec des euros. Pour attirer des personnes, il faut pouvoir proposer de vrais salaires. On ne peut pas proposer 2.500 euros nets, avec les charges à côté, cela fait 4000 euros. Ce sont les charges qu’il faut baisser."

 

 

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