Plus de 6 000 élèves en situation de handicap n’ont pas d’accompagnement à l’école

Plus de 6 000 élèves en situation de handicap n’ont pas d’accompagnement à l’école

Plus de 6 000 élèves en situation de handicap n'ont pas d'accompagnement à l'école, selon une récente étude, réalisée par le principal syndicat des enseignants du primaire.

C'est un secret de polichinelle, la France accuse un certain retard, par rapport à ses voisins européens, quant à l'accompagnement des personnes handicapées et notamment en milieu scolaire. Ainsi, plus de 6 000 élèves en situation de handicap ne bénéficient pas d'accompagnement à l'école, si l'on en croit les résultats d'une étude réalisée par Snuipp-FSU, le principal syndicat des enseignants du premier degré. Des carences qui s'expliquent par le manque d'AVS, ces auxiliaires de vie scolaire qui encadrent au quotidien les enfants handicapés, afin que ces derniers puissent suivre une scolarité normale.

"On a attendu presque un an pour avoir une AVS"

Des problèmes récurrents que ne connaît que trop bien Laetitia, qui a dû patienter durant de longs mois avant que son fils Ryan, âgé de 7 ans et atteint de plusieurs troubles neurologiques, n'obtienne un accompagnement adapté. Nous l'avons rencontrée. "Mon enfant, qui devait avoir normalement son AVS en mai 2017, ne l'a eu qu'en février 2018. On a donc attendu presque un an pour avoir une AVS", nous explique-t-elle, précisant toutefois que cette auxiliaire de vie ne peut intervenir tous les jours car elle doit s'occuper dans le même temps d'un autre enfant, souffrant d'un handicap auditif. Ce qui s'avère problématique pour Ryan, lequel a besoin d'être accompagné en permanence, comme nous l'explique sa maman. "Le reste du temps, il n'arrive pas à suivre. Il bouge de partout parce qu'il est vraiment hyperactif et même si l'enseignante le met devant, elle n'arrive pas à le gérer", déplore-t-elle ainsi. 

Cette situation engendre des difficultés pour les deux élèves, qui se retrouvent donc presque livrés à eux-mêmes lorsque leur AVS ne s'occupent pas d'eux. "Soit ils sont à l'écart parce que l'enseignant n'arrive pas à gérer, soit on est amenés à être appelés pour venir les récupérer", nous confie Laetitia qui, à force de venir chercher son enfant à l'école en dépit d'un emploi du temps chargé, a dû arrêter de travailler. Devant tant d'incertitudes, difficile pour elle d'envisager l'avenir sereinement. "Mon état d'esprit au quotidien, c'est une bataille. Pour l'école et le futur, c'est l'incertitude car on a l'impression que nos enfants n'auront pas d'avenir", déplore-t-elle, presque fataliste.

Et Laetitia n'est pas au bout de ses peines car l'AVS de Ryan devrait déménager en fin d'année scolaire. Il lui faudra donc de nouveau faire une demande pour son fils et rien ne garantit que celle-ci aboutisse. 

Propos recueillis par Adeline Tavet

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Virginie AESH
- Jeudi 12 avril 2018 à 19:40
Bonjour. Je suis aesh est nous travaillons au quotidien pour l accompagnement de vos enfants afin qu'ils puissent être inclus en milieu ordinaire.
Avec la disparition des AVS en contrat aidé et soyons francs la précarité des contrats en cdd de droit publique nous sommes impuissants car les promesses du gouvernement ne sont pas tenues.
Malheureusement à la rentrée prochaine nous craignons le pire; mais soyez assuré que cela ne remettra pas notre engagement sur le terrain pour vos enfants
Avec tout notre dévouement
Virginie
Nathalie Avs
- Jeudi 12 avril 2018 à 20:08
Je suis avs depuis 3 ans et c'est un métier que j'espère pouvoir exercer encore l'année prochaine car oui tous les ans le même rituel on ne sait pas si nous serons renouvelés.
J'adore mon métier et le bien être qu'il procure de voir ces gamins qui progressent ils ont véritablement besoin de nous et les instites aussi surtout dans des classes de 29 élèves il est clair que pour ces enfants il leur faut une personne rien que pour eux pour suivre une scolarité normale. Il faut vraiment qu'en France on avance dans ce domaine chaque enfant doit pouvoir suivre une scolarité normale alors donnons leurs les moyens le de faire
Sophie BOURGUIGNON
- Jeudi 12 avril 2018 à 20:39
Je salue le travail des AVS qui ont accompagné ma fille de la 4ème à la Terminale avec l'obtention de son bac ES avec 3 mois d'absence avant l'épreuve. Elle est aujourd'hui en Faculté de Droit et cette réussite nous la devons à l'accompagnement dont elle a pu bénéficier après des années de bataille. La donne a changé, nous habitons dans le Loiret et c'est une catastrophe. Les nouvelles exigences de la MDPH du 45 pour la rentrée prochaine : l'octroi de l'AVS ne se fera qu'après un bilan établi par la psychologue scolaire. C'est vraiment du grand n'importe quoi surtout quand l'enfant est atteint d'une maladie génétique qui n'est ni connue ni reconnue. Encore des combats en perspective mais on ne lâchera pas. En attendant bravo à toutes celles et tous ceux qui accompagnent nos enfants au quotidien. Chaque enfant devrait pouvoir bénéficier d'une scolarité normale avec ses différences.
Hamerel
- Jeudi 12 avril 2018 à 21:04
Bonsoir moi aussi AVS dans ma troisième année et pour la rentrée prochaine je ne sais pas encore CUI j'ai passé 2 fois entretien éducation nationale c'est à la tête du client quand je sais que des AVS ont été embauché sans entretien et au bout de la de la 2ème année CUI
Martine
- Dimanche 15 avril 2018 à 07:55
Je suis maman d'une jeune fille de 20 ans en terminale baccalauréat pro gestion administration le baccalauréat approche aucun aménagement n'a été correctement mis en place pendant ses trois ans de lycée son avs s'est bagarree et à fini par lâcher prise par découragement nous avons attendu la mise en place d'une autre qui ne correspond pas au profil non coopérante malveillante limite maltraitante et la bagarre dure depuis le début de scolarisation c'est à dire depuis 16 ans et ça n'a jamais évolué
Boulay martine
- Lundi 16 avril 2018 à 20:36
Chaque Enfant à le droit à une réussite scolaire donc le gouvernement se doit d'attribuer un AVS pour les Enfants avec un handicap tel qu'il soit ( elle est ou l'égalité ??)
Ma-Sté
- Samedi 21 avril 2018 à 16:56
AESH depuis plusieurs années, j'ai signé mon CDI en octobre 2017. Il est vrai que nous avons un salaire dérisoire et pour la plupart une situation précaire ... De plus, je suis parfois étonnée de constater que certains élèves ont une notification d'AESH alors qu'en d'autres, bien plus en situation de handicap, sont laissés pour compte .... J'avoue ne pas tout comprendre ....
Nini
- Samedi 21 avril 2018 à 19:22
Mon fils de 7ans doit avoir une avs depuis un ans et toujours rien la réponse c'est qu'il ont pas assez de personne....

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