Pierre-André Taguieff : "Il y a un rapprochement entre islamisme et gauchisme"

Pierre-André Taguieff, philosophe, politiste et historien des idées, auteur de "Liaisons dangereuses : islamo-nazisme, islamo-gauchisme" (éditions Hermann) était l’invité d’André Bercoff, vendredi 19 mars, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Pierre-André Taguieff invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

L'islamo-gauchisme est une expression de plus en plus utilisée à droite de l'échiquier politique mais dénoncée par une partie de la gauche. En dehors de ces considérations partisanes, Pierre-André Taguieff dresse un constat basé sur une expérience du terrain.

 

"Une montée du mouvement altermondialiste"

Le marqueur se situe au début des années 2000, selon le philosophe qui voit, dans un contexte de seconde intifada, le 29 septembre 2000, "une montée du mouvement altermondialiste". Un courant qui entraîne un rapprochement entre "islamisme et gauchisme, du moins l'extrême gauche". Sur le terrain, cela se traduit par des manifestation propalestiniennes, "dites antisionistes" où se côtoient "en parfaite entente" des représentants "de groupes islamistes comme le Hamas, le Hezbollah ou le Jihad islamiste et des groupes trotskistes, quelques anarchistes et communistes", rapporte Pierre-André Taguieff.

Au fil des discussions dans ce milieu, avec ces militants, le politiste remarque que cela leur fit "ni chaud ni froid d'entendre des 'Allah Akbar' ou des 'morts aux juifs'". Tout ceci scandé "avec des gens en principe de gauche qui manifestaient avec des islamistes", souligne-t-il. Le tournant intervient avec le lancement du forum social mondial et "la multiplication des forums sociaux européens où Tariq était l'invité d'honneur".

 

"Le racisme d'Etat est la grande croyance de ces milieux"

Une alliance "objective et théorisée sur la base de l'anti impérialisme et curieusement sous la forme d'un anti étatisme et d'un anti racisme", observe Pierre-André Taguieff. À cette époque, "le racisme systémique est devenu un dogme en Grande Bretagne", et le racisme d'Etat "est la grande croyance de ces milieux".

Une croyance basée sur un racisme "systémique" de l'Occident, soit "le racisme qui n'est pas forcément visible, qui est présupposé dans tous les rapports sociaux". Il serait alors une "mystérieuse organisatrice des relations sociales et qui est derrière toutes les inégalités, les discriminations et les actes racistes", explique le politiste.

 

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