Philippe Chauvin - "Mon fils est mort sur un terrain de rugby et on me dit « circulez y'a rien à voir ! » »

4 joueurs amateurs ou professionnels sont morts l'an passé sur les gazons de rugby. Nicolas Chauvin faisait partie de ceux-ci. Son père, Philippe, était invité de Valérie Expert dans le 10h-12h pour débattre de la dangerosité actuelle du rugby. Un témoignage poignant qui dénonce le spectacle à tout-va, le silence des instances et son combat quotidien; Pas contre le rugby, un sport qu'il aime. Non. Contre l'inquiétante hausse de la violence.

De gauche à droite : Jean-Christophe Berlin, Valérie Expert et Philippe Chauvin

 Adrien Descrulhes, 17 ans, Louis Fajfrowski, 21 ans, Nathan Soyeux, 23 ans, et donc Nicolas Chauvin, 18 ans, alors membre des espoirs du stade Français. Sur la seule année 2018, ils sont tous quatre décédés des suites d'un choc sur un terrain de rugby à XV, trop jeunes pour un tel drame. En l’occurrence, Nicolas fut victime d'un plaquage à deux, violent et fatal. Aujourd'hui, dans le 10h-12h de Valérie Expert, le père de Nicolas Chauvin, Philippe de son prénom, vient témoigner. Il a porté plainte contre X pour homicide involontaire. À ses côtés, Jean-Christophe Berlin, ancien responsable du pôle médical du Stade Français, lui affiche tout son soutien et ce depuis l'accident tragique qui l'a amené à démissionner. La raison de sa démission soudaine est catégorique : le kinésithérapeute de formation ne se sentait alors pas écouté dans son combat contre la violence exponentielle des chocs dans le rugby moderne.

Philippe Chauvin, le père de Nicolas, raconte que "avant d'aller en justice, j'ai essayé d'engager le dialogue avec la Fédération, la Ligue et le Ministère des sports mais à la fin, je me retrouve avec une enquête classée sans suite." 

"Si on n'est pas capable, nous, anciens du rugby et membres de cette famille éminente, de protéger nos frères, qui va le faire ?" P.Chauvin

"À la mort de Nicolas, j'étais en charge de la partie médicale du Stade Français et j'ai donc été touché au premier chef de cet accident. D'autant plus que ça fait plusieurs années que je dénonce les dérives du rugby moderne." Jean-Christophe Berlin, ancien directeur du staff médical au Stade Français

 

"Chaque week-end, il y a 7000 commotions cérébrales dans le rugby amateur et professionnel"

C'est le chiffre que donne Jean-Christophe Berlin. Cela est sans doute lié à la musculature chez les joueurs, désormais plus massifs que jamais.

"Le rugby a toujours été violent mais on savait mettre de la limite dans l'engagement. Maintenant, on est dans une stratégie de casse-briques où il faut défoncer l'adversaire plutôt que de produire du jeu. On préfère avoir des jeunes de 15 ans, taillés comme des Golgoths et ensuite on les lance dans les lignes en jouant au bowling !" P.Chauvin