Paris sportifs : "Je pouvais dépenser jusqu'à 1000€ d'un coup. C'était une situation complètement délirante"

Avec l’Euro de football la période clé pour les paris sportifs s'est ouverte. Les mises françaises pourraient atteindre entre 400 et 600 millions d’euros selon l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Le chiffre d’affaires des paris sportifs était évalué à 1 milliard d’euros sur les quatre derniers trimestres. Les deux tiers reposent sur des joueurs addicts.

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Reportage de Grâce Leplat

 

Avec l’Euro de football la période clé pour les paris sportifs s'est ouverte. Les mises françaises pourraient atteindre entre 400 et 600 millions d’euros selon l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Le chiffre d’affaires des paris sportifs était évalué à 1 milliard d’euros sur les quatre derniers trimestres. Les deux tiers reposent sur des joueurs addicts.

François est un ancien addict qui se bat aujourd’hui pour sensibiliser aux dangers que les paris sportifs représentent, surtout chez les jeunes.

"Il y a des périodes où je pouvais parier jusqu'à 1000€ sur un seul pari"

À 30 ans, François est un rescapé. Il a passé 7 ans, accro aux paris en ligne. "Au début, je misais 10/20€. Mais il y a des périodes où je pouvais parier jusqu'à 1000€ sur un seul pari. C'est une sorte d'engrenage. Plus on perd, plus on mise puisqu'on veut récupérer le plus rapidement l'argent qu'on a perdu. On perd complètement la notion de l'argent".

"C'est complètement délirant comme situation"

Alors il a des problèmes de concentration au travail. Et surtout il s’isole. "Mentalement, ça a été difficile d'aller voir mes amis et m'amuser en sachant que j'avais perdu de l'argent. Et puis financièrement aussi, je ne voulais pas aller au restaurant alors que sur le week-end, je pouvais dépenser 800€. Le pari sportif, ce n'est que de la souffrance. C'est complètement délirant comme situation".

"Il faudrait interdire la publicité à la télé"

C’est en lisant "Le joueur" de Dostoevsky, qu’il a le déclic. Aujourd’hui, il s’engage pour que les paris en ligne soient moins accessibles. "Il faut prendre ce moment où on télécharge une application, on peut faire un virement de 2000€ et c'est ça qui est dangereux. Surtout, tout est fait sur le coup de l'émotion. Et, généralement, les gens ne réalisent pas. Il faudrait interdire la publicité à la télé. Ça, c'est clair et net. Et, ensuite, on les contrôle pour que les gens ne dépensent pas plus qu'une certaine somme".

Pour sensibiliser aux dangers des paris en ligne, il a écrit un livre "J’arrête de parier" et partage son expérience dans des groupes de parole.

Un reportage de Grâce Leplat (avec Maxime Trouleau)