"Nous avons trouvé 29 substances préoccupantes dans les produits solaires"

L'association WECF France a dénombré 29 substances qu'elle juge problématiques dans les produits solaires pour enfants. Elle appelle à l’interdiction des substances "extrêmement préoccupantes" (perturbateurs endocriniens, nanoparticules et substances parfumantes établies comme allergènes par contact).

Pour prévenir les cancers de la peau, l'application d'une crème solaire s'impose avant une exposition au soleil. © AFP

Pour en parler, Elisabeth Ruffinengo, responsable plaidoyer santé-environnement de l'association WECF France et Isabelle Rousseau, dermatologue et membre du bureau du Syndicat national des dermatologues-vénérologues, étaient les invitées d'Arthur de Laborde le 5 août 2020 dans "Sud Radio Midi", à retrouver du lundi au vendredi à 12h10.

 

"On veut faire évoluer la réglementation pour encore mieux se protéger"

"Nous avons acheté différents produits solaires pour enfants. Parmi eux, 71 contenaient des ingrédients préoccupants, au nombre de 29, dont 10 qui nous inquiètent particulièrement et que nous avons classés extrêmement préoccupants. Ce sont des substances qui ont des propriétés de perturbation endocrinienne, de perturbation du système hormonal. Il y a aussi des substances qui sont préoccupantes pour les environnements aquatiques ou cancérogènes comme le dioxyde de titane nanoparticulaire. Il va y avoir des effets graves sur la santé à long terme si les enfants sont exposés.

Les perturbateurs endocriniens ne sont actuellement pas réglementés dans les produits solaires. La Commission européenne le sait d’ailleurs, puisqu’elle en a identifié 28. Certains d’entre eux ont été désignés comme prioritaires, c’est-à-dire qu’ils seront réglementés très prochainement. On veut accélérer le mouvement, faire évoluer la réglementation pour encore mieux se protéger", a déclaré Elisabeth Ruffinengo, responsable plaidoyer santé-environnement de l’association WECF France.

"Le danger, c’est surtout d’exposer des enfants au soleil sans crème"

Isabelle Rousseau, dermatologue et membre du bureau du Syndicat national des dermatologues-vénérologues, n’est pas du même avis. "Une crème cosmétique, c’est quelque chose qui reste à la surface de la peau, qui ne rentre pas dans la peau (sauf si la peau est abîmée). La législation européenne sur les cosmétiques est la plus stricte au monde. Des perturbateurs endocriniens, il n’y en a plus aujourd’hui dans les crèmes solaires. Les nanoparticules, c’est noté sur les tubes. Je pense qu’il faut arrêter un petit peu ça.

Le danger, c’est surtout que les enfants qu’on expose au soleil sans crème développent des cancers de la peau plus tard. Les enfants, surtout les jeunes enfants, on ne les expose pas au soleil. On les sort le matin et en fin de journée uniquement et on leur met un T-shirt et un chapeau."

 

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