Masque en extérieur - Les Français ne sont pas dupes face aux incohérences

Même si certaines villes résistent au tout-sanitaire du masque en extérieur, sans nuance d'horaire ni de zone, de nombreuses municipalités ont décidé de ne prendre aucun risque. Mais les Français en ont assez, à l'image de ces Parisiens au micro de Clément Bargain. Un avocat promet de faire pression sur les préfets pour justifier de telles décisions.

Vers une réduction de la durée de la quarantaine ? (Photo de Mehdi Fedouach / AFP)

Un reportage de Clément Bargain pour Sud Radio.

Voilà que des arrêtés imposant le masque en extérieur sont retoqués par la justice, un à un. Le maire de Grans dans les Bouches-du-Rhône a même été condamné par le tribunal administratif pour "atteinte à la liberté" après avoir rendu le masque obligatoire dans certaines zones de sa commune. Le motif ? "5 cas de Covid-19" avaient été détectés dans la commune de 5000 habitants, soit 1 cas pour 1000 personnes sur zone.

Ce mercredi, le tribunal administratif du Bas-Rhin s'est prononcé contre l'obligation généralisée du port de l'objet sanitaire dans la ville. Le juge a estimé qu'il n'était pas légal d'exposer les habitants à une amende "en tout lieu, à toute heure du jour et de la nuit".

Pourtant, ces "villages d'irréductibles Gaulois" ne sont pas la norme et ce sont 13 200 communes, dans 88 départements, qui ont imposé le masque dans leur ville, à l'extérieur. Même si à Lyon, Marseille, Nice et Paris, la grogne monte sur le plan judiciaire de cette restriction.

Au micro de Clément Bargain.

Du côté du bois de Vincennes, Ange la joue réfractaire et décide de ne pas porter son masque malgré l'obligation. Il faut reconnaître que les pelouses sont loin d'être bondées comme pourraient l'être les Champs-Elysées.

"C'est assez ridicule. Il y a très peu de monde, surtout en semaine. Plusieurs scientifiques et pas des moindres pensent que le port du masque en extérieur n'est pas d'une grande utilité."

De plus en plus de Français, sans forcément remettre en cause l'utilité du masque, se dressent contre le manque de tempérance dans les mesures.

"Il faut mettre des règles différentes en fonction des endroits. Si on se retrouve dans un lieu où il y a plein de monde, là oui. Mais sinon, ça n'en vaut pas la peine."

Même son de cloche pour Roger qui a lui, carrément perdu toute confiance dans les autorités après les discours contradictoires.

"C'est mal géré au gouvernement, un jour on vous dit blanc, le lendemain, noir, et après, gris. Après, les gens ne vous font plus confiance."

 

Un avocat compte "obliger les préfets à déterminer des zones et à justifier des horaires"

Face à la confusion, le collectif "Victimes Coronavirus France" a déposé une vingtaine de recours auprès des tribunaux administratifs. Maître Fabrice Di Vizio, avocat du collectif, promet de se battre pour faire cesser les excès du tout-sanitaire.

"Le port du masque en extérieur n'est pas une mesure sanitaire mais une mesure politique. On va demander aux juges de remettre de la mesure là-dedans, d'obliger les préfets à déterminer des zones, à justifier des horaires de masque obligatoire."