Marseille : une manifestation en voiture organisée par la CGT

À Marseille, la CGT redoute un recul des acquis sociaux au prétexte de la crise sanitaire que traverse le pays. Les manifestations étant impossibles de manière classique à l'heure qu'il est, elle a donc décidé d'organiser un défilé...en voiture ! Retour sur quelques témoignages des protagonistes.

Le 19 mai, plus d'une centaine de véhicules ont défilé à Marseille. (Photo d'illustration)

Un reportage de Stéphane Burgatt. 

 

C'est une véritable émulation de klaxons qui s'est emparée du centre-ville hier soir. En effet, la CGT a décidé d'organiser une manifestation en voiture dans la cité phocéenne, étant donné l'interdiction de se regrouper en cette période de crise sanitaire. Pour ceux qui manifestaient hier, cette épidémie du Covid-19 ne doit pas être un prétexte pour revenir sur les acquis sociaux. La lutte pour leurs revendications et contre le gouvernement actuel a donc pris une tournure originale hier, entre la Porte d'Aix et Marseille, avec plus de 130 voitures qui formaient un cortège. Jacques, au volant de sa Peugeot, témoigne.

"Avec le Covid, on est obligé de manifester avec les voitures. On fait ce qu'on peut (rire)."

Une longue file d'une centaine de véhicules s'élance bruyamment, comme un cortège de mariage. Et dans les voitures, difficile de respecter les distances mais le masque est de rigueur, couleur rouge vif pour Denis.

"C'est contre le macronavirus. Le plein est fait, la motivation est là, tout est là, on est prêt. (...) On ne risque rien. Je vais rouler doucement pour ne pas gaspiller de gazole."

Tant pis pour l'écologie, impossible de faire autrement. Stéphanie, syndicaliste en collectivité territoriale le comprend bien mais refuse de taire ses revendications.

"Les barrières de sécurité, les règles sanitaires, on les comprend. Après, si on nous ré-autorise à manifester, il n'y a pas de soucis, on préfère le faire avec nos pieds. Le fameux monde d'après (...), si cela doit être 18 millions de chômeurs et encore plus de précaires, c'est non."

Dans une ville où la fracture avec le gouvernement est déjà présente, tous les moyens sont donc utilisés pour réussir à faire entendre sa voix. Reste maintenant à savoir si le reste du pays suivra cette démarche originale initiée hier à Marseille, ce qu'espère la majorité des manifestants phocéens qui, quoi qu'il arrive, ne resteront pas silencieux.