single.php

Marseille : agressé, ce médecin a quitté son quartier

Par Jean Baptiste Giraud

Loin du plan XXL d'Emmanuel Macron, le Dr Saïd Ouichou, médecin généraliste à Marseille, a dû quitter son quartier du fait des agressions.

Marseille
Gérald Darmanin et Emmanuel Macron lors d'une visite à la cité de La Castellane, le 19 mars 2024 à Marseille.(Christophe Ena - POOL/AFP)

Emmanuel Macron a rendu une visite surprise à Marseille, alors qu’a été lancé une vaste opération de démantèlement des gangs de trafiquants de la ville. Le Dr Saïd Ouichou, médecin généraliste à Marseille, a dû quitter son quartier du fait des agressions.

Marseille : un quartier plongé dans l'insécurité

"J’avais mon cabinet depuis 16 ans dans ce quartier du marché aux puces, explique-t-il. Au bout d’un moment, les agressions sont devenues de plus en plus fréquentes : incivilités, tentatives d’incendie de mon cabinet… Trop c’était trop. J’ai décidé de quitter ce cabinet et ce quartier pour m’installer dans un autre, celui de la Viste."

Peut-on parler d’une dégradation de la situation ? "C’est au sud du XVe arrondissement, situé dans les quartiers nord de Marseille. Ce n’est pas très loin du centre-ville, c’est à deux minutes. Le métro y arrive. Mais c’est un quartier un peu à part, qui ne ressemble pas du tout aux autres du centre-ville ou des quartiers sud. On dirait que l’on est dans une autre ville. Cela ne reflète pas du tout la deuxième ville de France."

 

 

"Après le plan XXL, on fait comment ?"

Qu’en disent les patients ? "Ils en ont marre, résume le Dr Saïd Ouichou, médecin généraliste à Marseille. Moi, j’ai eu la chance de pouvoir partir, mais tout le monde ne peut pas. Ils subissent cette insécurité, la violence quotidienne. Ils doivent s’adapter, s’organiser pour aller chercher leurs enfants. Pour prendre le métro, les jeunes filles doivent parfois être déposées en voiture ou prendre le métro à une autre station que la plus proche de chez eux. Cette insécurité permanente s’est vraiment installée depuis quatre à cinq ans. C’est devenu insupportable."

La faute aux trafiquants ? "Ce sont des bandes de voyous, 20 à 30 personnes, cela ne va pas au-delà de cela. Ils prennent place et font petit à petit la loi devant tout le monde. Ils agissent impunément. Peut-on vraiment faire « place nette » ? La police fait ce qu’elle peut avec les moyens. Mais il n’y en a pas beaucoup. Le plan XXL a été annoncé, Emmanuel Macron s’est déplacé. Mais en même temps, cela ne va durer que trois semaines. Après, on fait comment ?"

Retrouvez "C’est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger.

Cliquez ici pour écouter "C'est à la une"

L'info en continu
13H
12H
11H
09H
08H
07H
00H
Revenir
au direct

À Suivre
/