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Manifestation des pompiers : "on craint une grosse désillusion à l'issue de cette manifestation"

Les sapeurs-pompiers de toute la France manifestent mardi 15 octobre à Paris. Privatisation du service public, suppression de postes, augmentation des agressions : en grève depuis quatre mois, ils espèrent être entendus par le gouvernement et demandent entre autres l’augmentation de leur prime de feu (prime de risques). Grace Leplat de Sud Radio s’est rendue dans une caserne de l’Oise.

Les sapeurs-pompiers de toute la France manifestent mardi 15 octobre à Paris. AFP

"Maintenant, on est plus ambulance privée que pompiers !"

Le brassard « en grève » sous le bras depuis cet été, Frédéric voit rouge. Il en a assez des violences qu’il subit au quotidien. Il y a quelques mois par exemple, il est appelé par la police pour une personne alcoolisée : "quand on arrive, cette personne est un peu agitée raconte-t-il à Grace Leplat de Sud Radio. On essaie de prendre contact avec elle, mais elle nous jette le contenu de la bouteille à la figure, en nous disant de bien vérifier que ce n'est que de l'eau..."

 

Le métier de pompier n’attire plus à cause des agressions justement, mais aussi parce qu’en vingt ans, les tâches quotidiennes des soldats du feu ont bien changé. "Maintenant, on est plus ambulance privée que pompiers ! estime Frédéric. La base de notre domaine d'intervention c'est l'urgence, mais on a une grosse dérive de personnes qui n'ont pas de taxi pour les emmener à l'hôpital pour faire un examen ou une prise de sang. On intervient un peu sur tout et n'importe quoi" regrette-t-il.

 

 

"La prime de feu, qui est une prime de risque, n'a pas été revalorisée depuis 1990"

Les pompiers ne veulent plus jouer les ambulanciers, mais le gouvernement reste sourd. Jérôme François, secrétaire général du syndicat UNSA Pompiers, n’y croit plus : "cette manifestation intervient parce qu'il y a un échec de négociations et discussions avec le gouvernement explique-t-il à Grace Leplat. On craint une grosse désillusion à l'issue de cette manifestation. Depuis mars 2019, il n'y a rien de tangible, rien de concret.

La prime de feu, qui est une prime de risque, n'a pas été revalorisée depuis 1990 : on souhaiterait qu'elle passe de 19% à 28%, comme les autres métiers de la sécurité. On a également des inquiétudes par rapport à notre retraite. On demande également à ce que le secours d'urgence aux personnes soit revisité, de manière à ce qu'on soit recentré sur de la véritable urgence et qu'on ne soit plus des transporteurs de malades".

 

 

Le préavis de grève des sapeurs-pompiers est maintenu jusqu’à la fin du mois, y compris pour tenter d’obtenir des augmentations de salaire.

 

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