Maltraitance : "Quand les enfants parlent, c'est un cataclysme dans les familles"

Édouard Philippe lors d'une visite d'école à Marseille (©BERTRAND LANGLOIS - AFP)

Alors qu’aujourd’hui est la journée nationale de lutte contre les violences faites aux enfants, la libération de la parole de ces derniers reste très compliquée à mettre en place. Reportage Sud Radio à Marseille (Bouches-du-Rhône).

22%. C’est le pourcentage de Français qui assurent avoir été victimes de maltraitance durant leur jeunesse. Chaque jour, deux enfants meurent en France sous les coups d’un adulte. Alors que ce jeudi 1er mars est la journée nationale de lutte contre les violences faites aux enfants, ces derniers ont bien du mal à libérer leur parole. Une difficulté que l’association Parole d’enfant tente de surmonter à Marseille. Pour Sonia Arbib, membre de cette association, la prévention dans les écoles primaires est indispensable, même si les résultats ne sont pas toujours là.

"Il y a des enfants qui nous disent qu’ils ne sont pas maltraités et que si leur père les frappe avec une chaîne de vélo, c’est parce qu’il faut qu’ils apprennent à lire et à écrire. Un autre va nous dire que si on l’enferme dans le placard, c’est parce qu’il doit apprendre à respecter les règles. Ce sont des cas de maltraitance, même s’ils sont banalisés selon eux", souligne-t-elle. Pour Marie-Claude Estevenon, vice-présidente de Parole d’enfant, il y a toutefois des signes qui ne trompent pas. "Par exemple, un enfant qui change tout d’un coup d’allure ou de comportement. Quand il commence à s’agiter, à agresser, à ne plus participer aux jeux dans la cour, à se mettre en retrait...", précise-t-elle.

La prise de conscience est pourtant loin d’être effective. "Souvent, on fait taire les enfants parce qu’il faut dire que dans les familles, quand ils parlent c’est un cataclysme, surtout lorsqu’il s’agit d’abus sexuels. Il y a ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, ceux qui disent "Tais-toi, tu racontes n’importe quoi"", déplore-t-elle.

Un reportage de Lionel Maillet

Sur le même sujet
Vos réponses pour cet article

Vos réactions sur cet article

alautis
- Jeudi 1 mars 2018 à 23:47
Arrêtez de matraquer cette affirmation de 2 enfants qui meurent par jour, qui n'a aucune base crédible à part les affirmations de quelques uns et repris bêtement par tous. Il y a bien des enfants maltraités en France, mais il sont loin d'être si nombreux et heureusement. Sur une base solide celle la , il y a 20% des enfants placés à la protection de l'enfance victimes de réel maltraitance, pour les autres c'est sur de la suspicions, des carences en tout genre et même beaucoup sont placés inutilement, comme par exemple des enfants atteint d'un handicap ou les erreurs de diagnostique hospitalier sur des maladies comme les os de verres et autres, ainsi que les signalements abusifs par vengeance, etc...... La maltraitance des enfants existe, mais il ne faut pas dire n'importe quoi d'un chiffre jamais démontré est devenu une référence. Laurent Mucchielli nous explique sur quoi est fondé ce chiffre, que l’on nous rabâche comme une référence. A lire ici: https://www.laurent-mucchielli.org/public/Deux_enfants_tues_par_jour_-_Laurent_Puech_-_20_Janvier_2018.pdf
Laeti
- Dimanche 4 mars 2018 à 12:53
Super Alautis comme lien-référence... Le gars dit en substance qu'il ne peut pas y avoir 2 enfants tués par jour dans l'intra-familial, sachant qu'il n'y aurait pas même 2 homicides, tous âges confondus, par jour en France... En fait si, plus de 800 en 2017. Mais surtout, le nombre d'enfants transportés aux urgences après être "tombé", avoir "bu du destop", ou "on sait pas pourquoi il respirait plus ce matin" n'est pas compté comme homicide.

Votre argumentaire c'est comme de dire qu'il y aurait 16000 viols / an en France. Parce que 16000 plaintes déposées. Bullshit.

Je me demande d'ailleurs pour qui vous roulez...
Evelyne
- Dimanche 4 mars 2018 à 14:47
Et encore on zappe les bébés en général, à cause d'une réticence à les autopsier. Tendance à classer en accidents...
lecaut.marie-n…
- Lundi 19 mars 2018 à 15:22
Très belle article

Diana Liniado
- Lundi 19 mars 2018 à 16:54
Les enfants maltraités doivent garder leur terrible secret. Souvent ils ne savent même pas que ce qu´ils subissent n´est pas normal.
Nous travaillons pour les soutenir. Avant la justice, il y a le coeur à coeur https://youtu.be/x2VUqaBaXDg
Nini
- Mardi 20 mars 2018 à 11:44
Alautis : non seulement je ne sais pas pour qui vous roulez mais à quoi vous marchez ! Honteux à vous de dénoncer ces chiffres qui sont bel et bien réels !
serge de Marseille
- Mardi 20 mars 2018 à 16:52
bonjour,
cet article résume la situation de l'éducation nationale : il n'a pas de postes d'éducateurs spécialisés pour détecter et résoudre les violences

https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/signal-alarme-enseignants-du-lycee-petro-attiti-570279.html

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio